Vouloir définir un nouveau mot dans le moindre détail a parfois un effet pervers ; celui d’arrêter sa course, de réduire le concept à une réalité immuable et parfois, de le tuer dans l’œuf avant qu’il n’ait pu aboutir totalement.

Pendant la conférence de Berlin qui rassemblait une bonne partie des acteurs mondiaux du coworking, nous étions nombreux à nous dire que nous ne pouvions plus nous contenter d’observer nos différences sans chercher à mettre un peu d’ordre dans le mouvement bouillonnant rassemblé sous la bannière du coworking. Mais cette mission s’est avérée franchement délicate. Nos méthodes, nos business models, nos modes opératoires sont souvent différents. Nous souhaitons tous servir nos communautés le mieux possible et nous nous y prenons chacun à notre façon.

Le mouvement du coworking est uni par des valeurs et des objectifs communs plus que par un type de service précis. Le coworking ressemble à une hydre partageant le même corps et la même âme mais ayant des gueules nombreuses et différentes.

Dans l’un de ces articles récents, Alex Hillman souligne la difficulté à définir précisément ce qu’est le coworking ;

Une définition implique qu’il ne peut y en avoir qu’une, alors que la conférence européenne du coworking a montré qu’il existait de nombreux modèles de coworking.

Par conséquent, comme dit Alex hillman, l’enjeu le plus important est de décrire le coworking plutôt que de le définir précisément.

Confronté lui aussi à la difficulté de définir le coworking, Sebastian Olma, s’est demandé si le coworking n’obéissait pas secrètement aux lois de la physique quantique, s’il ne se comportait pas comme certains objets quantiques qui changent d’apparence par le simple fait d’être observés. Mais, s’il semble délicat de l’observer directement, si nous ne pouvons aboutir à une définition satisfaisante pour le coworking, pourquoi ne pas suivre l’intuition de Sebastian Olma et nous aventurer dans les théories subtiles de la quantique ?

Quelques jours plus tôt, pris d’une fièvre de divergite aiguë, je suis tombé sur un concept quantique qui m’a beaucoup marqué et qui s’applique bien au coworking ; la dualité onde-particule.

La dualité onde-particule établi le principe selon lequel tous les objets de l’univers microscopique présentent simultanément des propriétés d’ondes et de particules. À la suite des travaux d’Albert Einstein, Louis de Broglie et bien d’autres, les théories scientifiques modernes accordent à tous les objets une nature d’onde et de particule, bien que ce phénomène ne soit perceptible qu’à des échelles microscopiques.

C’est l’absence de représentation plus adéquate de la réalité des phénomènes qui nous oblige à adopter, selon le cas, un des deux modèles; onde ou particule alors qu’ils semblent antinomiques.

Au même titre qu’un objet quantique, le coworking est fait de particules ; la réalité physique des espaces répandus sur la planète, mais il est aussi fait d’ondes ; les énergies qui sous-tendent, qui justifient l’existence du coworking et qui circulent dans ces lieux.

Je crois que l’on tend trop souvent à définir les choses par l’approche « particule». Nous tentons d’observer les différents business models, les modèles d’organisation, le profil des membres impliqués dans le mouvement en espérant trouver une définition satisfaisante avec cela.

S’il vous est arrivé d’expliquer le coworking à des non-initiés, je suis sûr que vous vous êtes retrouvé dans cette situation :

  • « Le coworking, c’est un espace de travail destiné aux travailleurs flexibles (les freelances, les entrepreneurs, les télétravailleurs…)
  • Et votre interlocuteur vous répond d’un air blazé : « Ok, alors tu es en train de créer une sorte de centre d’affaires »

Voila un exemple typique de ce qu’il peut arriver si l’on se focalise trop sur une définition du coworking sous sa forme de « particule ». Mais se focaliser uniquement sur la forme « d’onde », est tout aussi embêtant : Imaginons que le jour suivant votre pitch raté, déterminé à laver l’affront de la veille, vous vous lancez plein de fougue dans une nouvelle explication auprès d’un autre interlocuteur :

  • « Le coworking, c’est un espace destiné à partager des vibrations, des énergies, à aider les gens à grandir en savoir et en créativité. Un endroit ou les gens sont libres d’aller et venir, de travailler dans un esprit de confiance et d’amitié »
  • « Ok, alors tu es en train de lancer un camp de hippie… »

Comme tout objet quantique qui se respecte, le coworking a toujours besoin d’être expliqué en prenant à la fois l’angle « particules » et l’angle « ondes » pour être compris. C’est peut-être un peu ésotérique mais j’aime bien ça !

 

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William

9 thoughts on “Un peu de Quantique pour Comprendre le Coworking

  1. Pascale on 1 février 2012 at 10 h 18 min Répondre

    excellent ! je crois qu’effectivement on se prend un peu trop la tête sur cette histoire de définition 😀
    L’un de mes collègues coworker m’a dit un jour en souriant « le coworking, c’est la vie ! ». Ca m’a fait rire sur le moment mais c’est ainsi que j’aime présenter les choses dorénavant aux non-initiés. Le coworking c’est aussi un style de vie qu’il ne faut pas observer ou chercher à définir, mais tout simplement vivre 😉 (bon, là, ça fait un peu religieux, mais bon, on fait ce qu’on peut LOL)

    1. Petit Fayot on 1 février 2012 at 15 h 58 min Répondre

      Amen !

  2. tosimphal on 1 février 2012 at 12 h 00 min Répondre

    Une nouvelle façon d’envisager le coworking ! J’aime beaucoup !
    #vibrations #énergies #créativité

  3. Bruno MARTIN on 1 février 2012 at 19 h 19 min Répondre

    « Le coworking, c’est un esprit et un espace qui se trouve quelque part entre votre apart’ et un bureau classique ». Voilà comment je présente les choses aux gens qui posent des questions ^^

    Très bon article : on va bientôt en rédigé un autre ensemble, c’est dans les tiroirs…

    -BM

  4. nicolas_m on 1 février 2012 at 19 h 41 min Répondre

    dans le meme ordre , voir la methode MRC (Method of Relativized Conceptualisation) pour la charaterisation du chomage utilisant des concepts quantiques
    http://philoscience.over-blog.com/article-1542920.html

    1. William on 2 février 2012 at 16 h 57 min Répondre

      Très intéressante cette méthode MRC ! je pense que ce genre de méthode de pensée « quantique » qui accepte la diversité des observations sans sombrer dans un relativisme résigné est celle qu’il nous faut pour aborder ce XXIème siècle !

  5. Veille Antic on 2 février 2012 at 11 h 32 min Répondre

    […] Un peu de Quantique pour Comprendre le Coworking […]

  6. GALLEN JP on 18 février 2012 at 18 h 06 min Répondre

    En tant que coach professionnel, j’utilise moi aussi la dualité onde/corpuscule pour aider mes clients à « faire avec » la complexité. J’apprécie donc la comparaison qui me semble assez pertinente pour le co working.
    On peut aussi penser à la trilogie SENS/PROCESSUS/CONTENU.
    Le Contenu pourra décrire les locaux, leur mode d’emploi, les offres d’utilisation…
    Le Processus s’intéresse aux relations entre les acteurs (à ne pas confondre avec les « processus Qualité » qui sont plutôt des procédures): entre les promoteurs d’un lieu de co working et les utilisateurs, entre les utilisateurs eux-mêmes, éventuellement entre les utilisateurs et leurs clients, etc… Le co working cherche particulièrement à construire et partager de la valeur (pas seulement business) entre les acteurs concernés grâce à des processus élaborés.
    Quant au Sens: « Pourquoi tout ça? ». Les citations précédentes montrent assez précisément les aspirations des créateurs et des utilisateurs d’espaces de co working.
    L’expérience venant, on pourra préciser la déclinaison de ces 3 niveaux de réalité complexe.

  7. […] Voir l’article complet sur mutinerie.org […]

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