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Le groupe Up, créateur de solidarités

Les chèques déjeuner ça vous dit quelque chose ? Et bien c’est l’un des nombreux services proposés par le groupe Up pour améliorer le quotidien au travail. Historiquement engagé auprès des salariés, cette puissante coopérative commence à s’intéresser aux travailleurs indépendants. Rencontre !

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Revivez Human After All

Depuis 5 ans que nous évoluons dans le milieu du coworking, nous avons été à la confluence des grandes mutations du travail. Nous avons partagé notre quotidien avec des centaines de travailleurs, dans tous les secteurs de cette nouvelle économie. Nous avons vu le nombre de coworkers dans le monde passer de 50 000 à 500 000 personnes, nous avons assisté de l’intérieur à l’essor de l’économie numérique et observé très concrètement son impact sur nos manières de travailler, de produire, de penser … Nous avons écrit plus de 150 articles sur ces sujets, participé à des dizaines de tables rondes, débats ou animations.

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Les lieux de travail qui ont changé l’histoire. 1/Le Monastère

Avant le coworking, l’histoire a connu d’autres expériences de lieux de vie et de travail partagés qui me font penser de près ou de plus loin à ce que nos communautés expérimentent à travers nos espaces. Ces lieux ont été capables de changer l’histoire durablement et de manière positive. Ils ont contribué à forger à catalyser et à diffuser des valeurs et des idées neuves.

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Des Espaces et des Idées

Je me suis souvent demandé pourquoi certains espaces, certaines villes ou certains territoires ont vu naitre tant d’idées nouvelles ou d’innovations en tous genres. Pourquoi certaines entreprises ont été, ou sont encore des terreaux à idées tandis que d’autres apparaissent incapables de proposer de véritables nouveautés? On pense à Athènes, cette cité si petite par sa taille mais dont la fécondité fut absolument stupéfiante à tous les niveaux (philosophiques, politiques, religieux, scientifiques …) au point qu’elle irrigue encore notre époque.

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Peut-on vraiment « vendre » de la production intellectuelle ?

Il n’y a rien de plus utile que l’eau, mais elle ne peut presque rien acheter ; à peine y a-t-il moyen de rien avoir en échange. Un diamant, au contraire, n’a presque aucune valeur quant à l’usage, mais on trouvera fréquemment à l’échanger contre une très grande quantité d’autres marchandises.

Adam Smith

Le diamant liquéfié

Au moyen âge, le livre se vend comme un diamant, c’est un objet rare, difficile à produire et à distribuer. Il s’échange à des prix très élevés et reste la propriété des classes fortunées. Il est conservé précieusement dans des bibliothèques et fait la fierté de ses possesseurs.

Au XXIème siècle, la connaissance se déverse à torrents dans les canaux numériques. Elle est devenue un flux que l’on recueille sur ses timelines Facebook ou Twitter et que l’on souhaite partager le plus largement possible. A l’heure de l’économie de la connaissance, elle est devenue une denrée aussi utile que l’eau, et comme l’eau, son prix est devenu très faible. La presse écrite par exemple, n’en finit pas de voir son chiffre d’affaires diminuer et se retrouve de plus en plus dépendante d’une assistance respiratoire publique ou privée (ce qui nuit évidemment au principe d’indépendance de la presse).

Nous vivons à une époque où la valeur d’usage de la production intellectuelle n’a jamais été aussi élevée, et dans le même temps, sa valeur d’échange n’a jamais été aussi faible.

Comment comprendre, comment interpréter ce phénomène paradoxal ? Pourquoi l’information, la connaissance, la production intellectuelle ne trouve plus actuellement de moyen viable de se vendre ? Et comment trouver d’autres modèles pour les secteurs de la production intellectuelle ?

Les idées ne s’échangent pas comme des marchandises

Qu’entend t’on par production intellectuelle ? Composer une chanson, c’est de la production intellectuelle. L’interpréter durant un concert, en revanche, n’en est pas,  c’est une prestation, un service.

Un article de presse, un roman, l’écriture et la mise en scène d’une pièce de théâtre, la composition musicale sont autant d’exemples de production intellectuelle. Une création architecturale ou la recette originale de Coca-Cola sont également des productions intellectuelles. Bref, il s’agit de toute création originale dont la valeur ajoutée réside dans l’idée plus que dans l’application directe.

Le modèle actuel d’échange de la production intellectuelle repose sur les théories classiques qui ont d’abord été élaborées pour les biens industriels. Le problème, c’est que la production intellectuelle et la production industrielle n’obéissent pas aux mêmes lois en ce qui concerne l’échange et la distribution.

Les conditions de l’échange marchand

Si l’on revient aux conditions de l’échange marchand, on s’aperçoit que pour qu’un échange soit possible il faut 3 conditions:

  • D’abord, il ne doit porter que sur des objets, des choses extérieures aux individus, des choses qui relèvent de l’avoir et non de l’être. Un état affectif par exemple ne s’échange pas ; impossible d’acheter du bonheur à un homme heureux pour soulager une dépression !
  • Ensuite, il faut, pour que l’échange ait lieu, une symétrie entre un manque et un excédent ; « c’est parce qu’il y a une égalité de tous dans le manque et parce que, en même temps, tous ne manquent pas de la même chose qu’il peut y avoir échange.» nous signale Frédéric Laupiès dans un petit bouquin intitulé Leçon philosophique sur l’échange.
  • Enfin, il faut pouvoir être en mesure de réaliser une équivalence entre les objets échangés. Cette équivalence se réalise notamment par la monnaie qui permet de « rendre les objets  égaux », de pouvoir les estimer et les comparer entre eux.

Essayons de voir si les conditions de l’échange marchand sont remplies pour les productions intellectuelles.

L’idée toute nue

Lorsqu’un auteur fait imprimer un ouvrage ou représenter une pièce, il les livre au public, qui s’en empare quand ils sont bons, qui les lit, qui les apprend, qui les répète, qui s’en pénètre et qui en fait sa propriété.
Le Chapelier

 

On dit que l’on « possède » une connaissance. Comme un objet, on peut l’acquérir, la transmettre… On pourrait croire qu’elle est donc un simple avoir immatériel mais elle est aussi un élément constitutif de l’être. On ne peut choisir de s’en séparer délibérément et, plus important encore, on ne la perd pas en la transmettant à d’autres (au contraire). Lorsque l’on vend un marteau, on perd la possession et l’usage du bien. Mais lorsque l’on transmet une connaissance, on ne s’en dépossède pas.

Jusqu’à présent, on était parvenu à vendre de la production intellectuelle parce que celle-ci devait encore passer par un support physique. Avant Internet, un essai dépendait d’un support papier, un album de musique dépendait d’une cassette, d’un CD etc.

Le business model de la production intellectuelle reposait en fait sur la confusion entre l’objet et le sens porté par cet objet. L’objet était acquis et valorisé en temps que symbole. On peut vendre un symbole car il est la matérialisation d’une idée porteuse de sens. Lorsque l’on achète des fringues de marque, on n’achète pas seulement un produit fonctionnel, mais on achète aussi le « sens » porté par la marque.

Ainsi, lorsqu’elle avait encore un contenant physique, l’idée pouvait être vendue dans son emballage symbolique mais, avec la dématérialisation totale qu’a permis le numérique, on peut désormais distribuer l’idée toute nue.

Mais peut-on vendre une idée nue lorsque l’on sait que sa diffusion ne prive personne et qu’on contraire, elle valorise socialement celui qui l’émet ?

L’impossibilité de rémunérer les contributeurs

On ne crée rien ex-nihilo. En dehors du secteur primaire, toute production s’appuie sur création antérieure mais pouvons-nous toujours identifier les sources de nos créations ? Le fabricant de voitures a payé ses fournisseurs en amont qui eux-même ont dû régler leurs partenaires. De cette manière, tous les contributeurs de la chaîne de valeur ont été rémunérés. Mais si je vendais ce billet, me faudrait-il en reverser une part à ma maitresse de CP qui m’a appris à écrire ? Aux auteurs des liens que je cite ? A tous ceux qui m’ont inspiré d’une manière ou d’une autre ? Aux inventeurs de la langue française ?

Ce sont des millions de personnes qui ont en réalité façonné cet article, et qui mériteraient rétribution. Mais il serait impossible de dénouer l’inextricable enchevêtrement d’intervenants qui sont entrés dans ce processus de création. Du reste, il serait assez déprimant de tenter de chiffrer l’apport de chacun…

Il y’a donc une injustice fondamentale à vendre à son seul profit, quelque chose qui a en réalité été produite par des communautés entières…

Est-ce cela qui fit dire à Picasso que les bons artistes copient et que les grands artistes volent ?

greatArtist

L’impossible estimation des prix

La dernière condition de l’échange marchand est la possibilité d’estimer la valeur d’une production et d’introduire une équivalence entre les produits.

Déterminer un prix et introduire une équivalence monétaire entre les produits est une tâche déjà compliquée dans le cas d’un produit industriel. Elle a souvent été la cause de clashs entre économistes. Devons-nous valoriser les produits au travail incorporé dans leur fabrication ? Le prix n’est-il que le résultat d’une offre et d’une demande ? dans quelle mesure depend-il de la rareté ?

Néanmoins, pour les produits industriels, certains critères objectifs peuvent faciliter la tâche. Un marteau par exemple est un bien standardisé et utilitaire qui ne pose pas d’insurmontables difficultés. Entre deux marteaux, nous pouvons plus ou moins estimer la qualité sur des critères objectifs (matériaux utilisés, montage plus ou moins solide), les fonctionnalités de chaque produit (taille et surface de la masse, arrache-clou ou non…) et fixer un prix minimum qui couvre les coûts de production.

Mais si je décidais de vendre cet article, sur quels critères établir son prix ? Sur le temps que j’y ai consacré ? Cela n’aurait aucun sens … Sur sa qualité ? Mais comment la mesurer ? En comparant les prix de vente d’un article similaire ? Mais sur quels critères le comparer ? A minima, si j’avais un support matériel, un magazine papier par exemple, je pourrais à la limite fixer un prix et trouver une sorte de business model. Mais ce billet n’est qu’un assemblage de pixels, un simple petit courant électrique sans réalité physique …

N’étant pas véritablement un avoir, ne fonctionnant pas sur le schéma manque/excédent et ne pouvant être estimée sur des bases suffisamment solides, on voit que la production intellectuelle ne saurait être soumise aux même lois d’échanges que celles qui prévalent sur le marché des biens et des services traditionnels.

II) Comment valoriser la production intellectuelle ?

Si vous êtes parvenu jusqu’à ces lignes et que vous aspirez à vivre du fruit de vos œuvres intellectuelles, artistiques ou culturelles, tout ceci pourrait vous paraître un peu décourageant.

Nous parvenons à un point où l’on commence à réaliser qu’il n’y a plus vraiment de rétribution matérielle solide pour les productions intellectuelles.

Mais ne désespérons point ! Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de formes de rétribution à la production intellectuelle ! Il existe d’autres manières d’être rétribué pour son travail, en voici quelques exemples :

  • retribution en visibilité
  • rétribution en réputation
  • retribution en confiance
  • retribution en connaissances
  • retribution en relations
  • retribution en amour-propre

Certes, cela ne fait directement gagner de l’argent mais ces rétributions peuvent rapidement se transformer en apports matériels. Sans vouloir nécessairement chercher un « effet de levier » systématique entre l’activité de production intellectuelle, les répercutions du travail de production intellectuelle rejailliront sur vos activités complémentaires et pourront indirectement vous permettre de vivre mieux.

Un musicien par exemple, ne peut plus se contenter de créer des chansons, il doit monter sur scène. Et l’on observe qu’avec la diffusion plus large, plus rapide et beaucoup moins couteuse que permettent les nouveaux médias, les recettes générées par les concerts à travers le monde atteignent des niveaux exceptionnels.

On remarque aussi que certains artistes amateurs ayant réussi à se faire remarquer pour leurs créations ont pu trouver grâce à leur notoriété et au soutien d’un public, de quoi vivre de leurs créations. L’humoriste Jon lajoie a commencé sa « carrière » en diffusant gratuitement des vidéos sur Youtube et remplit désormais des salles entières.

En somme, ce qui devient difficile, c’est de  vivre uniquement  de ses oeuvres intellectuelles et de les vendre pour elles-même.

Je me souviens d’un excellent article lu sur OWNI.  Guillaume Henchoz, un journaliste semi bénévole qui exerce d’autres activités rémunérées par ailleurs, comparait sa condition à celle d’un moine en défendant l’idée que « l’on peut pratiquer le journalisme comme un art monastique et bénévole, en parallèle -et non en marge- d’une activité salariée. »

Ora et Labora (prie et travaille), c’est la devise des moines bénédictins. Une devise qui pourrait bien convenir aux acteurs de la production intellectuelle à l’heure numérique. Les moines n’attendent pas de rémunération matérielle pour leurs efforts spirituels.

Ils récoltent des fruits de leur travail physique, de quoi subvenir à leurs besoins physiques et espèrent obtenir des fruits de leur travail spirituel et intellectuel de quoi nourrir les besoins de leurs esprits.

Ora et Labora

Les valeurs du Coworking 5/5 : Coopération

Aujourd’hui nous nous penchons sur la Coopération ; suite et fin de l’exploration des valeurs centrales du coworking.

La coopération entre les coworkers, la construction de liens sociaux intra et extra professionnels est un élément fondamental de tout espace de coworking. C’est l’une des choses essentielles que recherchent les coworkers dans leur espace et c’est de la capacité des membres à créer et maintenir des relations coopératives que viendra le succès d’un espace.

Etre soi-même collaboratif

Impossible de développer un esprit coopératif autour de soi sans l’incarner soi-même pleinement. Comme l’écrit Derek dans l’un de ses posts :

On ne peut pas faire de la coopération, on doit être avant tout un coopérateur.

Il y’a quelques mois, j’avais écrit un article sur les stratégies coopératives en m’inspirant des travaux d’un chercheur en sciences politiques américain ; Robert Axelrod. Axelrod montrait que les stratégies coopératives permettaient aux agents de maximiser leurs gains dans les nombreuses situations de la vie où l’on hésite entre jouer solo ou collectif.

A partir de simulations informatiques, Axelrod a montré que le comportement coopératif le plus efficace est à la fois bienveillant, indulgent, justicier et transparent. Voila une inspiration intéressante pour essayer de comprendre comment devenir un meilleur coopérateur :

  • Bienveillant : En l’absence de précédents historiques, en cas de situation nouvelle, montrez-vous coopératif par défaut.
  • Indulgent : Sachez pardonner les comportements hostiles qui se sont produits dans le passé.
  • Justicier : Sachez aussi sanctionner dans une juste mesure les comportements hostiles, sans acharnement particulier.
  • Transparent : Soyez simples, lisibles, prévisibles pour les autres. Soyez dignes de confiance.

Un environnement favorisant la coopération

Etre soi-même collaboratif est déjà une première étape pour engendrer un environnement coopératif. Les coworkers qui viendront dans l’espace pourront y trouver des gens capables de travailler ensemble, d’apprendre des autres et d’enseigner aux autres pour le bénéfice de tout le monde.

Un espace de coworking consitue un terreau naturellement fertile à la coopération pour plusieurs raisons :

  • Contrairement à une entreprise traditionnelle, les membres de l’espace de coworking sont tous des pairs. Ils sont libres de gérer leurs projets comme ils l’entendent. Ils ne sont pas tenus entre eux par des hierarchies et sont à l’abri des enjeux de pouvoir, de politiques internes ou de rivalités entre collègues qui entrainent souvent de la rétention d’information, des formes de sabotages et autres types de comportement non-coopératifs.
  • Axelrod indique que l’une des manières d’augmenter la coopération dans un environnement donné est d’augmenter l’ombre portée de l’avenir sur le présent. Cela signifie que l’on jouera plus collectif avec les gens qu’on sera amené à côtoyer souvent à l’avenir. Or c’est ce qui se passe dans un espace de coworking. Travailler avec un partenaire coworker que l’on sera amené à croiser régulièrement, favorisera les choix coopératifs.
  • Habituellement, lorsque l’on cherche un prestataire ou un partenaire pour le projet qu’on souhaite mener, on dégotte un inconnu sur Internet ou par téléphone et on commence à bosser avec lui sans savoir d’abord qui il est et comment il travaille. Mais le coworking permet de fonctionner autrement ; on connait d’abord les capacités, les qualités et le talent des gens, avec qui on peut ensuite entrer dans une relation de coopération basée sur une plus grande confiance et une plus grande connaissance mutuelle.

Consulter les autres articles de la série :

J’espère que ce tour d’horizon des valeurs du coworking vous a plu, appris, inspiré … Ce fut pour moi, une immersion pleine d’enseignements. Je remercie Alex Hillman pour avoir inspiré cette série d’articles.

Et surtout, ne vous gênez pas pour réagir !

 

 

Les valeurs du Coworking 3/5 : Ouverture

Aujourd’hui, Mutinerie continue à farfouiller dans les valeurs fondamentales du coworking. Après avoir passé en revue les valeurs de durabilité et le communauté, nous vous proposons un petit zoom sur l’ouverture suivant la piste tracée par Alex Hillman.

Qu’est-ce que l’ouverture dans le contexte du coworking ? Je crois que cela recouvre 3 choses essentielles ; d’abord, c’est une relation entre des flux entrants et des flux sortants nécessaires à faire vivre et grandir un système ouvert. C’est un mode de fonctionnement basé sur des données ouvertes et c’est un état d’esprit, une attitude par rapport au hazard et aux autres.

Donner-Recevoir

« Quand je pense à l’ouverture, je pense au corps humain »explique Chris Messena dans une interview. « Il ne peut subsister et se développer que grâce à son ouverture ». Le corps humain est un système ouvert: il a besoin d’oxygène, et de nutriments. Il absorbe et il rejette. Il a besoin de partenaires pour se reproduire. Dans un système ouvert, fait d’éléments entrants et d’éléments sortants, il est fondamental que les échanges soient équilibrés. Si les flux sont déséquilibrés, la cohérence et la pérennité de l’ensemble s’en trouveront menacées.

Ceux qui créent des espaces se nourrissent en permanence des apports de ceux qui les ont précédés sur cette voie et qui leur ont livré leurs connaissances précieuses, mais ils ne doivent pas oublier de rendre à la communauté ce qu’ils ont eux-mêmes appris.

Chacun doit être également disposé à recevoir et à donner aux autres.

C’est par ce moyen que nous pourrons tous continuer à progresser ensemble, à s’enrichir mutuellement et à conserver la cohérence du mouvement. Pour garantir cette réciprocité, la communauté doit veiller à reconnaître et à valoriser ceux qui contribuent à la collectivité. Elle doit être composée de membres dotés du sens de l’honneur en étant capable de tenir les « passagers clandestins » hors de ses murs.

Open source

Lorsque l’on parle de software, l’open source désigne la capacité d’utiliser des éléments du code du logiciel pour en fabriquer un nouveau ou améliorer l’ancien. Si l’on applique cette logique au coworking, comme aux autres projets qui ne peuvent se programmer en lignes de codes, la source, ce sont les expériences accumulées, les idées mises en pratique et les valeurs qui ont motivées les actions.
Si le coworking a pu devenir un phénomène mondial, c’est grâce au fait que, dès le début, les premiers créateurs d’espace ont eu à cœur de partager leurs expériences, leurs idées, leurs valeurs et ont laissés d’autres personnes utiliser ce capital pour fabriquer leurs propres versions.

Quand on créé un espace, l’accès au « code-source » du coworking permet à chacun de partir de n’importe quel niveau du code et d’y rajouter ses propres spécificités en fonction de ses valeurs, de ses expériences et de ses idées.

Les données et les spécificités de l’offre sont eux aussi des éléments du « code-source ». C’est pourquoi il est important pour un espace de coworking d’avoir une offre claire, simple et lisible. Son mode de fonctionnement doit être accessible et compréhensible par tous.

Sérendipité

L’ouverture, n’est pas seulement une ouverture des données ou un partage d’expérience, c’est aussi une attitude envers les autres et les événements, une disposition d’esprit favorisant la sérendipité. La sérendipité est le fait de réaliser une découverte inattendue grâce au hasard et à l’intelligence, au cours d’une recherche dirigée initialement vers un objet différent de cette découverte.

On peut avoir des idées précises sur la façon dont on imagine son espace mais cela ne doit pas empêcher de rester ouvert aux idées nouvelles et de s’adapter en conséquence, quitte à évoluer considérablement.

Christophe Colomb a découvert l’Amérique en cherchant les Indes. Peut-on en conclure qu’il s’est complétement planté et que son expédition a été un échec ?

Certains coworkers finiront peut-être par réaliser un projet très différent de celui qu’ils avaient prévus en venant la première fois. Cela est très positif tant que les valeurs sous-jacentes trouvent un moyen d’expression ! Comme disait Alfred de Musset : « qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ! »

Consulter les autres articles de la série :


Les valeurs du Coworking 1/5 : Durabilité

Au fur et à mesure des discussions et des débats qui animent la communauté du coworking à travers le monde, un certain consensus s’est peu à peu dessiné autour des valeurs spécifiques au coworking. Les réflexions ont été menées par des acteurs tels que Citizen SpaceIndy Hall, ainsi que par les membres de la communauté du Coworking Group.

Ces échanges ont abouti à la définition de valeurs centrales du coworking qui peuvent être résumées en 5 piliers :

L’objectif des billets qui suivent sera de détailler, de préciser ce que recouvrent ces valeurs, ce qu’elles signifient vraiment pour les acteurs du coworking et ce qu’elles impliquent à tous les niveaux de l’organisation et de la gestion de ces espaces collaboratifs.

Car il ne suffit pas d’affirmer des valeurs comme des déclarations de bonnes intentions ; celles-ci doivent être inscrites dans l’ADN du mouvement du coworking.

Je me suis inspiré d’une série d’articles très intéressants d’Alex Hillman que je vous remets ici :

1/ Durabilité

Super Green ?

Lorsque l’on parle de durabilité, de pérennité, on pense immédiatement aux effets écolos du coworking. Mutualiser les ressources et limiter les déplacements professionnels, c’est forcément écologique mais il me semble que là n’est pas le point central.  Plus exactement, l’aspect écologique semble tellement aller de soit qu’il ne peut pas véritablement être considéré comme une valeur en tant que telle. Etre un « acteur écologiquement responsable » aujourd’hui, c’est un peu comme dire qu’une entreprise place « l’efficacité » dans ses valeurs… C’est un bon objectif, mais pas une valeur pour elle-même.

L’indépendance est le meilleur gage de pérennité

A mon sens, être promoteur de la valeur pérennité, c’est avant tout s’assurer que ce que l’on fait doit pouvoir être fait aussi longtemps que nécessaire, c’est construire sur la durée. En d’autres termes, il s’agit de faire en sorte de ne pas dépendre de ressources extérieures pour se maintenir, grandir et prospérer.

Une communauté qui peut se nourrir elle-même est libre. Si elle n’y parvient pas, elle ne l’est pas. Tout simplement.

@JoelSalatin

Si l’espace de coworking n’est plus utile à ses membres, il s’éteindra ou évoluera naturellement et cela sera somme toute assez logique, mais une communauté qui est exposée au  risque de disparaître parce que son modèle dépend de facteurs externes n’est non seulement pas libre, mais elle n’est pas durable.

Lors de la création d’Indy Hall, Alex Hillman et Geoff DiMasi ont cherché à s’assurer de l’autonomie de l’espace. « Il faudra être en mesure de pouvoir couvrir nos charges et de se laisser une marge de croissance, grâce aux seules contributions des membres » se sont-ils dit.  « Ainsi ce sont les membres seuls qui auront en main leur destin et l’espace vivra tant qu’ils voudront qu’il vive ».

Relations Durables

Les relations qui naissent dans les espaces de coworking ont elles aussi vocation à être durables. A l’inverse des séances de Networking ou les speed dating entrepreneurials qui se terminent souvent par des discussions formatées et des distributions de cartes frénétiques, les relations entre coworkers se développent sur la durée, et se tissent au fur et à mesure,  sans obligations particulières.

Les espaces de coworking cherchent donc à se construire sur des bases solides. Ils privilégient la recherche d’autonomie à travers un business model viable et les relations vraies aux rencontres précipitées…

Je continuerai l’exploration des autres valeurs dans mes prochains billets. D’ici là, n’hésitez pas à réagir !

 

Pirates d’hier et d’aujourd’hui

Lorsque Alexandre le Grand entra dans la tente où l’on détenait le capitaine du vaisseau pirate tombé entre ses mains, il jeta un regard méprisant sur son captif en haillons et lui lança d’un ton sévère :

« Comment oses-tu infester la mer ? »

« Et toi, » lui rétorqua le pirate

« Comment oses-tu infester la terre ? Parce que je n’ai qu’un frêle navire, on m’appelle pirate, mais parce que tu as une grande flotte, on te nomme conquérant ».

L’Histoire ne nous dit pas ce qu’a bien pu lui répondre Alexandre et c’est bien dommage car l’empereur dût être bien incapable de réfuter clairement cette accusation. Cet exemple fameux souligne combien il est difficile de donner une définition claire au phénomène ambigu de la piraterie.  S’il est parfois compliqué de distinguer un pirate d’un empereur autrement que par la puissance, il n’est pas non plus évident de définir le pirate par son activité car dans son histoire multimillénaire, la piraterie a pris toutes les formes possibles et a embrassée un nombre incalculable de causes.

Il y’a presque autant de motifs de piraterie qu’il n’y a de pirates ; certains étaient des brigands cruels (l’Olonais), d’autres furent des mercenaires (Eustache le moine ), des explorateurs, des exilés, des rebelles (Sextus Pompée )… certains sont considérés comme des résistants (Pier Gerlofs ), des héros dans un pays et comme des criminels dans un autre (Francis Drake).

En définitive, savoir si quelqu’un ou non doit être qualifié de pirate est une question dont la réponse appartient à celui qui a le pouvoir.

Anne Pérotin-Dumont

Ce n’est donc pas tant par ses activités ni par le but recherché que l’on définirait le mieux la piraterie. Je crois plutôt qu’être pirate tient surtout à deux choses ; un environnement et une méthode.

Into the Wild; l’Environnement Pirate

Il arrive à certains moments de l’histoire, lorsque les nouvelles découvertes ou les avancées techniques rendent possibles l’exploration de nouveaux territoires, que les civilisations se retrouvent soudainement face à des espaces immenses échappant largement à leur contrôle.

Ces zones, qu’elles soient matérielles ou immatérielles, deviennent accessibles mais restent difficilement contrôlables.

Elles représentent à la fois une source de richesse inestimable, un océan d’opportunités mais aussi un lieu effrayant où les règles qui prévalaient jusqu’alors sont abolies.

C’est précisément là que se trouve le pirate, et c’est je crois, le point commun entre tous les environnements dans lesquels a pu évoluer la piraterie.

Hier, c’étaient l’océan ou les terres encore vierges du nouveau monde qui abritaient les flibustiers, les boucaniers et autres hors-la-loi débraillés. Aujourd’hui c’est sur Internet qu’ils agissent.

  • Comme l’océan au XVIIème siècle, le web est un espace immense et mal contrôlé, n’appartenant à aucune nation, régit par des lois floues, peu nombreuses et largement inapplicables.
  • Comme l’océan au XVIIème siècle, le web est un lieu d’échange où transitent des flux commerciaux colossaux.
  • Comme l’océan au XVIIème siècle, le web est un endroit où les maillages de la société se distendent, où les pressions sociales s’affaissent, entrainant un affaiblissement des dogmes existants.

Ces milieux immenses et chaotiques sont la demeure du pirate, ils sont pour lui son gagne-pain, son refuge et sa culture. Mais ce qui a changé pour le pirate numérique, c’est qu’il n’a plus besoin d’un très coûteux navire pour opérer, un simple ordinateur lui suffit.

La Méthode Pirate

Si l’on a pu qualifier de pirate des personnages ayant des intentions et des motivations très diverses, c’est qu’ils avaient au moins en commun le recours à des méthodes spécifiques. Il me semble très intéressant de se pencher davantage sur la question car ces méthodes me paraissent particulièrement efficaces à l’heure du numérique.

Fuite combative

le pirate, qui n’a qu’un « frêle navire » est généralement confronté directement à des institutions nettement plus balèzes que lui. Par conséquent, l’attaque frontale n’est pas son domaine. Je pense que l’une des méthodes les plus caractéristiques du pirate est ce que j’appellerais la fuite combative.

La mobilité, la capacité à frapper, puis à disparaître est un point commun à tous les pirates, que ce soit sur mer, sur terre, ou sur Internet.

Oui, les pirates sont des fuyards, mais des fuyards constructifs, courageux. Les Etats-Unis n’ont ils pas été fondés par des fuyards anglo-saxons en lutte contre le vieil ordre européen ? Et quelle société va fonder notre génération de fuyards du numérique qui a largement déserté les sphères de l’ancien monde pour les lumières blafardes des écrans d’ordinateurs ?

En prise directe avec le réel

Les pirates sont réalistes. D’emblée, ils se confrontent à la réalité et ne s’en remettent qu’à eux pour subvenir à leurs besoins. Les pirates ne souhaitent pas forcément changer le monde, ils s’en tiennent à un principe que l’on connait  lorsque l’on créé une entreprise, ne pas chercher à vendre quelque chose que l’on utiliserait pas soit-même. Contrairement aux grandes théories élaborées par des idéologues au XXème siècle, dont la mise en pratique réclamait  la création d’un homme nouveau et la prise de contrôle des structures, les pirates prennent comme point de départ ce qu’ils ont, ce qu’ils sont et tentent de faire le maximum pour vivre selon leurs règles propres. Ce n’est pas une utopie magnifique sur le papier mais inapplicable en pratique.

Le mode de vie qu’ils recherchent doit pouvoir être pérenne et durable, ils doivent être en mesure de l’assumer.

L’esprit d’expérimentation

Innover n’est pas une option pour les pirates. Vivants hors du cadre juridique, social et moral traditionnel, dans un environnement mal connu, mal régulé et mal exploité, ils sont obligés de refonder de toute pièce une micro société avec de nouvelles lois, de nouvelles valeurs, des nouveaux rites,  et des techniques inédites… Le vaisseau pirate forme une entité sociale autonome qui doit pouvoir s’auto réguler.

En mouvement perpétuel car pourchassés par des forces supérieures, ils doivent rester mobiles pour rester vivants. Cela les pousse à découvrir de nouveaux lieux, à s’aventurer là ou leurs ennemis ne pourront les atteindre, ce qui fait d’eux des explorateurs.

Mais leur rapport à l’innovation est original. Il n’obéit pas à un schéma « top-down » dans lequel des penseurs/ingénieurs conçoivent en amont un modèle qui sera mis en pratique par la suite, c’est un processus plus organique qui part du constat d’un problème.

Les pirates savent que la nécessité est la mère de la création.

Ce potentiel d’expérimentation est nettement plus puissant aujourd’hui qu’au XVIIème siècle car le gain d’expérience qui autrefois restait trop souvent cantonné à l’échelle de quelques navires isolés peut aujourd’hui être répandu et partagé rapidement sur Internet.

Pirate map

Légitimité et pertinence de la piraterie

La piraterie n’est pas un phénomène marginal correspondant à une période donnée de l’histoire. Elle accompagne les sociétés depuis toujours. Elle semble apparaitre spontanément n’importe où dans le monde dès que les conditions sont réunies.

Pour Rodolphe Durand et Jean-Philippe Vergne, auteurs de l’essai « l’Organisation Pirate« , le phénomène de piraterie est indissociable de la place de l’Etat dans les processus de territorialisation et de normalisation marchande. Si les individus choisissent volontairement de s’organiser en dehors et contre les règles produites par la puissance publique, c’est qu’ils en contestent la légitimité et qu’ils souhaitent mettre en œuvre une alternative.

Les questions soulevées par la piraterie sont aussi légitimes qu’éternelles, normal qu’elles collent aux basques des institutions de manière chronique depuis Alexandre le Grand jusqu’à nos jours;

De quel droit telle ou telle nation, telle ou telle corporation, peut-elle s’approprier un nouveau territoire, demande le pirate. Qu’est-ce qui lui donne la légitimité de contrôler les  échanges dans ces zones encore vierges ?

Les débats qui font rage autour de l’usage et du contrôle d’Internet nous rappellent tout de même étrangement ceux qui ont été soulevés lorsque les nations européennes ont pris conscience de leurs capacités nouvelles à naviguer et commercer sur toutes les mers du monde. Lisez plutôt ce passage de « Mare Liberum » le traité d’Hugo Grotius sur la liberté des mers (1609) :

« Il ne s’agit point ici de la mitoyenneté d’un mur ni du déversement des eaux sur l’héritage voisin, objets d’intérêt purement privé ; il ne s’agit même pas de ces débats fréquents entre les peuples au sujet de la propriété d’un champ sur la frontière, de la possession d’un fleuve ou d’une île ; mais il est ici question de tout l’Océan, du droit de naviguer et de la liberté du commerce. Entre nous et les espagnols, il y a controverse sur les points suivants : l’immense et vaste mer est-elle la dépendance d’un royaume seul, et qui n’est pas même le plus grand de tous ?

Est-ce le droit d’un peuple quelconque d’empêcher les peuples qui le veulent de vendre, d’échanger, en un mot de communiquer entre eux ?

Par les questions qu’elle soulève, la piraterie génère du droit nouveau. Elle invite les institutions à se regarder dans un miroir. Elle questionne les fondements même des règles établies, propose une alternative et pose des limites aux systèmes existants.

Les pirates furent parmi les premiers à établir des règles démocratiques à bord, à récompenser les hommes au mérite (les capitaines et les contremaitres étaient désignés selon leurs capacités et pouvaient être révoqués) et même à établir des systèmes de pensions d’invalidité pour les blessés. Par certains aspects, l’organisation de la « société » pirate, était très proche des aspirations des intellectuels et des réformateurs qui viendront après eux.

Coworking : 5 atouts français

Individualisme, conservatisme, aversion au risque, culte du secret professionnel, voilà quelques-uns des traits de caractère pas très sympathiques souvent attribués aux français quand il s’agit de business… Des caractéristiques pas franchement compatibles avec le coworking, d’autant plus que notre mère patrie est encore à la traine dans ce domaine si nous la comparons à ses voisins européens. Pourtant, la France dispose de plusieurs atouts précieux qui nous laissent penser qu’elle pourrait elle aussi devenir une terre d’accueil pour les espaces de coworking. En voici quelques-uns.

1) Des précédents historiques

Avant même que le concept de coworking n’émerge véritablement, la France fut un temps un pays pionnier pour les communautés créatives.

De puissantes communautés ont commencé à se former en France pendant le siècle des lumières dans les cafés et les salons de certaines personnalités ( comme le café Procope ou l’hôtel de madame de Lambert). Des esprits éclairés s’y rassemblaient fréquemment pour échanger et débattre autour des idées progressistes de l’époque. A la veille des révolutions de 1848, les cercles de libres penseurs apparaissent en France et se fédèrent progressivement jusqu’à la veille de la Commune de Paris. Ces communautés intellectuelles, philosophiques et politiques se rassemblaient régulièrement pour échanger des idées et pour faire évoluer la société. Dans le même temps, on voit se multiplier les ateliers d’artistes où se recréent des espaces communautaires proche de l’esprit de la bohême. Pour tous ces artistes, l’atelier représentait l’espace de la gestation des œuvres. Lieu réel, il est aussi celui dans lequel se construit l’identité fantasmée de l’artiste, philanthrope et prométhéen. Enfin, l’atelier est l’espace de la sociabilité artistique. Ces ancêtres du coworking, nés sur nos bonnes terres de Gaule ne sont-ils pas des exemples encourageants pour les prochaines générations ?

Atelier d'artistes

2) Une protection sociale qui permet de tester ses projets en limitant les risques

Le très haut niveau de protection sociale dont nous pouvons bénéficier est un atout pour le coworking français ; il offre une sécurité financière à ceux qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure risquée de la création d’entreprise ou travailler à leur compte.

En d’autres termes, notre protection sociale nous permet de tester un projet sans prendre des risques financiers excessifs.

Assedics, RSA, prêts d’honneur et aides diverses permettent de tenir financièrement pendant la période de vaches maigres que traversent bien souvent les freelances et les entrepreneurs au début de leur parcours. Si vous tombez malade, vous n’aurez pas à revendre votre ordi ou mettre votre appart en hypothèque pour vous payer des soins, vous serez soignés quasi gratuitement ce qui est loin d’être le cas partout. Relativisez donc votre risque. Les espaces de coworking sont les endroits parfaits pour tester un concept dans les meilleures conditions sans prendre de risque financier excessif.

3) Un tissu urbain favorable

La plupart des agglomérations françaises ont un tissu urbain très dense, organisé en étoile autour d’un centre-ville agréable et stratégique car bien relié par les transports en commun et autres vélib’, bien équipé et offrant une visibilité importante aux entreprises. Malheureusement, ces centres sont coûteux ce qui oblige bien souvent les petites structures à s’installer dans la périphérie lointaine et ce qui force parfois les indépendants à travailler à domicile.

Le coworking s’avère idéal, pour bénéficier des avantages d’une implantation centrale sans en subir les contraintes budgetaires.

4) Un tissu de TPE dense et dynamique mais éclaté

On compte en France 1,25 millions d’entreprises unipersonnelles ce qui représente près de 50% du total des entreprises françaises !

Poussé par la crise économique et boosté par la création du statut d’auto entrepreneur, le niveau de création d’entreprise atteint des records. Pourtant, ces entrepreneurs et ces nouveaux freelances (qui partagent de nombreuses problématiques communes) ne parviennent pas à s’unir ou se fédérer. Les centres d’affaires et les pépinières ne sont pas toujours des solutions adaptées puisqu’ils demandent des investissements plus important, qu’ils sont moins flexibles qu’ils ne résolvent pas totalement le manque d’interaction qui affecte souvent les indépendants.

La création du statut d’auto entrepreneurs est en train de modifier progressivement le paysage français du monde du travail. De nombreuses personnes, anciennement rattachées à une structure d’entreprise ont pu (ou ont dû) prendre leur indépendance et ont quitté les structures d’entreprise traditionnelles. Où sont ces travailleurs aujourd’hui ? Chez eux probablement, et sans doute en train de réaliser qu’il n’est pas forcément évident de bosser en freelance… Dans ce contexte, le coworking serait une solution adaptée pour cette population croissante d’indépendants.

5) Un lien social à reconstruire.

La France est à la recherche d’un nouveau lien social. Nos structures sociales sont sorties salement amochées du XXème siècle. Résultat; un civisme qui laisse souvent à désirer, un individualisme encore dominant et une défiance importante entre les citoyens. Le contrat qui liait l’entreprise aux salariés a lui aussi du plomb dans l’aile. Utiliser les jeunes comme variable d’ajustement et outil de diminution de coûts (et non plus en vue d’embaucher) est devenu monnaie courante pour beaucoup de grandes entreprises françaises. La crise économique renforce le besoin d’entraide et de solidarité entre les citoyens.

Si le coworking parvient à montrer sa capacité à recréer du lien social, il est fort probable qu’il soit plébiscité par les français.

Liberté, égalité, fraternité ou la mort

 

Le Yin et le Yang du travailleur indépendant

Quand Internet vous emporte

Mais comment vous qui cherchiez, pour des raisons toutes professionnelles, la définition du terme sérendipité, avez-vous pu échouer de liens en liens sur cet antique blog spécialisé dans l’étude des mœurs des corvidés ? Vous regardez votre montre ; deux heures se sont écoulées. Vous cliquez frénétiquement sur vos précédents pour comprendre quels nœuds sémantiques ont pu vous amener jusqu’aux corvidés… Et les pages défilent sous votre œil effaré : Wikipédia article « chameau de Bactriane », fichier PDF de comportement animalier, émouvants témoignages doctissimo, détour par Youtube pour regarder des combats épiques entre ours et caribou géant … Et merde … Si ces phénomènes vous disent quelque chose, c’est que vous êtes, comme moi, victime de divergite chronique.

Car internet peut très vite devenir une arme de dispersion massive. Il y’a tant de choses passionnantes à voir en seulement quelques clics ! Tant d’amis qui viennent toquer à votre mur, tant de gens qui viennent vous gazouiller dans l’oreille, tant d’images, de flux RSS, de billets passionnants…

Mais si internet nous emporte parfois vers des lieux de perdition, il permet surtout d’élargir vos perspectives, de vous informer des moindres nouveautés et de vous nourrir de nouvelles sources d’inspiration. Il corrige une tendance presque culturelle que nous avons trop souvent dans le travail, celle de se focaliser à l’excès sur ses objectifs en préparant savamment ses plans de bataille dans son coin sans réellement tenir compte des contraintes nouvelles et des variations de l’environnement. C’est par exemple le cas de nombreux créateurs d’entreprise qui considèrent la rédaction d’un joli business plan comme la première étape de la création. C’est ce que Guilhem Berthollet appelle le syndrome de la business planque.

Activités divergentes, activités convergentes

On peut distinguer deux grandes énergies distinctes mais complémentaires dans les différentes activités que nous menons ; les activités divergentes et les activités convergentes.

Les activités divergentes comprennent par exemple les activités de veille, ou de documentation, les études de marché, les discussions stratégiques et autres échanges para-professionnels ainsi que les twitteries et facebookeries traditionnelles. Elles guident l’action, indiquent la marche à suivre, permettent de garder contact avec la réalité et d’inspirer de nouvelles initiatives.

Les activités convergentes sont plus opérationnelles. Elles comprennent les actions permettant d’aller d’un point A à un point B. Vendre, produire, bouffer du code, remplir des formulaires, écrire un article pour votre blog, produire un business plan sont autant d’exemples d’activités convergentes.

Le taureau et la pieuvre

On pourrait comparer l’extrémiste de la convergence à un taureau dans une arène. Il est puissant, balèze, rapide et endurant mais il a une sale tendance à foncer droit devant. Il suffit que sa cible se décale de quelques centimètres pour qu’il la loupe et parte dans le décor plus énervé que jamais. Le « convergator » abat du boulot comme personne, sa puissance de travail est exceptionnelle mais, faute d’observer son environnement et d’être capable d’adapter sa trajectoire, il tend à viser au mauvais endroit et à faire de mauvais choix.

Taureau corrida

A l’inverse, le divergeur fou est semblable à une pieuvre. Dotée de huit bras pour tripoter tout ce qui pourrait passer à portée de ventouse, et d’un système nerveux hors norme, cette brave bête est d’une curiosité extrême, capable d’apprendre et de s’adapter avec agilité à son environnement. Mais tout admiratif que l’on puisse être envers cet animal, n’oublions pas qu’il reste avant tout un mollusque bien mollasson… Alors, comme Paul le poulpe, le divergeur développera peut-être des talents d’oracle, mais il est plus probable qu’il ne puisse jamais s’extraire de sa condition de créature flasque, condamnée à fuir ses prédateurs en fabricant de jolis nuages d’encre !

Pieuvre curieuse

Les activités divergentes permettent de stimuler la créativité, de repérer les opportunités et d’éviter un grand nombre d’erreurs mais elles ne font pas directement avancer les choses. A l’inverse, les activités convergentes permettent d’avancer, d’éliminer les obstacles entre vous et votre objectif.

Le Yin et le Yang du travailleur indépendant

L’énergie convergente et l’énergie divergente forment en quelque sorte le Yin et le Yang du travailleur indépendant. Il vous faudra trouver le dosage idéal pour atteindre votre pleine efficacité. Si vous avez une sensibilité divergente, il vous faudra vous discipliner pour développer votre capacité d’exécution. Si vous avez une sensibilité convergente, sortez la tête du guidon et cherchez à en savoir plus sur votre environnement.

Pensez à organiser vos journées en respectant un équilibre entre travaux convergents et travaux divergents. Par exemple, donnez-vous une heure le matin (quand votre cerveau est encore tout frais) pour faire de la veille, une heure à midi pour échanger avec toute sorte de personnes qui vous paraissent intéressantes ou mener des réflexions stratégiques avec vos associés, et une heure le soir (tard) pour approfondir vos connaissances dans n’importe quel domaine. Le reste du temps, vous pourrez le consacrer à faire avancer plus concrètement vos activités.

Pensez aussi, si vous cherchez un associé, à respecter un équilibre entre ces deux sensibilités au sein de l’équipe. Le résultat sera détonnant pourvu, bien entendu, qu’un dialogue sain soit possible.

Sérendipité : Tout est hasard… ou rien

Pourquoi en êtes-vous là où vous en êtes ? La question mérite d’être posée. Elle peut même être décomposée. Pourquoi, par exemple, êtes-vous en train de lire cet article ? Si vous faites l’exercice de répondre à cette question, vous vous rendrez compte que la réponse est bien loin d’être évidente. Parce que vous avez cliqué sur un lien envoyé par un contact. Oui mais comment connaissez-vous ce contact ? Parce que vous montez une entreprise et que vous suivez des gens influents dans des secteurs connexes au vôtre. Oui mais pourquoi montez-vous votre boite ? Parce que vous sentiez en vous le besoin d’être libre et l’envie de créer. Oui Mais pourquoi aviez-vous ces aspirations ?

Bref, je pense que vous avez compris le principe. La vie est bien moins linéaire que la façon dont nous la percevons. Tout est hasard. Ou plutôt rien n’est hasard. Tout est organique. Pas seulement à l’échelle de nos misérables existences, mais aussi à l’échelle de l’humanité et de la galaxie. Le hasard d’une météorite, fragment d’on ne sait quelle planète morte, frappa un jour la terre et mit fin au règne des dinosaures. Et l’humanité est pleine d’histoires de fesses qui changèrent le cours de notre histoire comme le montraient déjà les chants homériques.

Qu’est ce que la sérendipité ?

Ce mot n’est en effet pas des plus courant. Regardons la définition que nous en donne wikipedia :

« La sérendipité est le fait de réaliser une découverte inattendue grâce au hasard et à l’intelligence, au cours d’une recherche dirigée initialement vers un objet différent de cette découverte. Pour Robert King Merton, la sérendipité est l’observation surprenante suivie d’une induction correcte. Ce concept discuté est utilisé en particulier en recherche scientifique.

Le mot fut créé par Walpole, le 28 janvier 1754, dans une lettre à son ami Horace Mann, envoyé du roi George II à Florence. Walpole y fait mention de ce conte persan, Les Trois Princes de Serendip, publié en italien en 1557 par l’éditeur vénitien Michele Tramezzino et traduit dès 1610 en français. Serendib ou Serendip était l’ancien nom donné au Sri Lanka en vieux persan. L’histoire raconte que le roi de Serendip envoie ses trois fils à l’étranger parfaire leur éducation. En chemin, ils ont de nombreuses aventures au cours desquelles, ils utilisent des indices souvent très ténus grâce auxquels ils remontent logiquement à des faits dont ils ne pouvaient avoir aucune connaissance par ailleurs. Ils sont ainsi capables de décrire précisément un chameau qu’ils n’ont pas vu : « J’ai cru, seigneur, que le chameau était borgne, en ce que j’ai remarqué d’un côté que l’herbe était toute rongée, et beaucoup plus mauvaise que celle de l’autre, où il n’avait pas touché ; ce qui m’a fait croire qu’il n’avait qu’un œil, parce que, sans cela, il n’aurait jamais laissé la bonne pour manger la mauvaise ». Walpole précise dans sa lettre que les jeunes princes font simplement preuve de sagacité, et que leurs découvertes sont purement fortuites.

De bien beaux antécédents pour ce mot et ce concept plus que jamais valides et occupant une place de plus en plus grande dans un monde d’informations et d’opportunités…

La sérendipité aujourd’hui

Si le concept est vieux, il n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui. Des informations, il nous en passe sous le nez tous les jours. Des rencontres, il n’a jamais été aussi facile d’en faire. Tout comme il n’a jamais été aussi facile de communiquer et de tenter sa chance. En d’autres termes, il n’a jamais été aussi facile d’ouvrir des portes qui vous mèneront on ne sait trop où.

Face à cet univers rempli d’inconnues, deux attitudes possibles. L’une est de s’en réjouir en constatant l’étendue des possibilités qui s’offrent à vous, l’autre est de paniquer devant l’incertitude et le hasard de sa destinée.

La seconde option est d’ailleurs trop souvent celle des français. « J’connais pas, j’aime pas ». Dommage pour une nation qui s’est pourtant construite sur une capacité certaine à innover et à chambouler les idées reçues… Mais ce n’est pas le propos. Ce qui m’intéresse, c’est bien la première option, car il me semble que nous devons nous réjouir de l’inconnu. Encore faut il savoir en tirer parti.

dés

Tirer parti du hasard

Cela peut paraitre étrange. Dans l’imaginaire collectif il y a ceux qui ont de la chance et ceux qui n’en ont pas. Mais de nombreuses études scientifiques ont été menées, et prouvent que la chance est en vérité loin d’être due seulement au hasard. Winston Churchill disait d’ailleurs fort justement

La chance n’existe pas; ce que vous appelez chance, c’est l’attention aux détails.

Ceux qui ont de la chance ont la plupart du temps une attitude qui provoque la chance. Citons quelques traits de caractère qui augmentent votre propension à avoir de la chance :

  • Voir le monde comme comme un océan d’opportunités plutôt que comme un océan de menaces.
  • Aimer rencontrer de nouvelles personnes. Et par dessus tout, aider et donner spontanément aux personnes que vous croisez. Nous avons récemment posté un article sur le fait que vous avez tout intérêt à avoir une attitude coopérative même dans un monde égoïste.
  • Tenter. 100% des des gagnants ont tenté leur chance comme disait l’autre. Aujourd’hui tenter ne vous coûte souvent pas grand-chose. Faire un blog, s’exprimer, rencontrer des gens, expliquer votre concept, écouter les retours, adapter votre concept.
  • Être curieux. Les théories de l’innovation ouvertes reposent sur le fait que l’innovation est un assemblage d’idées venant d’univers différents. Si vous ne restez qu’entre experts dans le domaine que vous maitrisez, vous manquerez certainement de créativité. Le regard extérieur est non seulement rafraichissant mais en plus vecteur d’innovation. On ne crée rien ex-nihilo. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous choisissons d’être un espace de coworking pluridisciplinaire.

Vers l’Inconnu et au-delà

Certains peut-être, trouveront cette vision quelque peu angoissante. Chaque acte est calculé, chaque parole est prononcée avec une idée derrière la tête, chaque personne est une opportunité. En vérité rien n’est calculé, si ce n’est le choix de faire confiance au fait qu’en étant ouvert, sincère et aidant, vous retomberez sur vos pattes. Au contraire, à vouloir calculer trop à l’avance, vous vous fermerez aux opportunités émanant de l’inconnu et vous aurez l’impression qu’il sera un grain de sable dans les rouages complexes que vous aviez mis au point. J’ai déjà parlé dans l’article « gagne la foule et tu gagneras ta liberté » de la puissance d’un réseau de proches qui vous apprécient pour ce que vous êtes. Faites-lui confiance.

Steve jobs, dans son discours pour la remise de diplôme de Stanford, prodiguait d’ailleurs ces mêmes conseils. Suivez votre instinct et vos passions, même si cela vous entraine parfois hors des sentiers battus. Selon lui, les différentes choses que l’on fait dans sa vie forment un ensemble de points que l’on ne peut relier les uns aux autres qu’à posteriori.

Dans le monde actuel, adopter une attitude ouverte est vital pour pouvoir gérer l’inconnu et rester agile.

Nous voyons notre espace de coworking comme un catalyseur de sérendipité, car permettant de rencontrer en toute sincérité des personnes d’horizons variés, partageant avec vous la conviction que, de l’échange et de la collaboration naitra la richesse.

Sources Photos :

« les dés » Wiros http://www.flickr.com/photos/wiros/1713975026/