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La Civilisation Freelance

L’émergence des freelances bouscule les discours tout faits d’un bout à l’autre du champ politique. Il n’est ni vrai patron, ni salarié. Le mouvement échappe aux cases traditionnelles : est-il une nouvelle forme de précarisation ou un affranchissement ?

Assistons-nous à l’émergence d’une sorte de conscience de classe dans le monde des freelances ? A un sentiment commun de partager, au delà du spectre très diversifié de professions et de talents, un destin, des objectifs et des conditions de vie ? Personne ne peut y répondre et c’est d’ailleurs une bonne nouvelle. Cela signifie que l’histoire n’est pas écrite. C’est donc à nous de le faire !

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Travail numérique, travail paysan, même combat ?

Le travailleur du XXI ème siècle est-il en train de revenir, sans s’en apercevoir au mode d’organisation du travail paysan traditionnel ? Cette question peut paraitre saugrenue de prime abord tant l’image du développeur devant son ordinateur peut paraitre éloignée de celle du paysan. Mais pourtant, si l’on va au delà des outils et des supports, on s’aperçoit qu’au delà de la nature des tâches effectuées; les modes d’organisation ne sont pas si différents.

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Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour les pirates

Ce qui s’est passé à Berlin est loin d’être anodin. Pendant que nous postions un article sur la piraterie et son rôle dans les sociétés à travers les âges,  le « Piratenpartei », ou Parti Pirate, récoltait à Berlin 8,9% des suffrages. Un parti 100% issu de la culture white hat plaçant la transparence des systèmes politiques au coeur de leur programme. 15 députés pirates (sur 130 au total) entrent aujourd’hui au parlement de Berlin. L’image est surréaliste.

Des trentenaires chevelus et barbus, sac à dos et basket, qui circulent tout sourire au milieu d’hommes politiques guindés dans un décor plus que sérieux.

Au delà de l’image qui ne peut laisser indifférent, cette entrée fracassante en politique du jeune parti pirate symbolise l’entrée en politique d’une nouvelle classe, jusqu’alors non représentée par les partis traditionnels; classe que l’on désigne souvent par l’appellation « créatif culturel » (bien que ce parti pirate représente la frange bien geek de ce mouvement).  Impossible en voyant ces images de ne pas faire le lien avec Wikileaks et son rôle dans la reconstruction de l’Islande. Impossible de ne pas penser aux mouvement indignés qui traduisent une désillusion des jeunes face aux pouvoirs politiques traditionnels. Ces nouveaux visages qui bousculent les conventions sont porteurs de promesses pour tous ceux qui réfléchissent aujourd’hui sur de nouvelles façons d’appréhender la politique. Leur apport sera essentiel. Les problématiques de transparence des pratiques politiques, d’ouverture des données publiques (open data), d’implication des citoyens dans les processus décisionnels sont essentielles. Il suffit de regarder les débats de l’assemblée nationale et les mesures adoptées dans le domaine de l’internet pour se rendre compte de la méconnaissance totale de ces sujets par la classe politique.

Il est essentiel de se rendre compte que ces nouveaux élus l’ont été par la masse et à peu de frais  (40 000 euros de frais pour la campagne contre 1,7 million pour le SPD). Il ne s’agit pas comme en France d’un CNN (Conseil National du Numérique) où les sphère dirigeantes nomment des membres. Il s’agit de membres élus. A leur échelle, ils illustrent déjà leurs convictions. Les reportages les montrent, après leur élection, dialoguant via leur ordinateur avec les sympathisants du mouvement.

Une certaine vision de l’écologie

Les rapports qu’ils entretiennent avec les verts sont également emblématiques du mouvement. S’ils partagent un certain nombre de convictions avec ces derniers, ils leur reprochent leur côté propret et rangé. Encore l’une des caractéristiques de cette frange de la population, convaincue par la cause écologique, mais mal à l’aise avec ses représentants politiques. C’est au sein de cette population que se développe notamment les mouvement de consommation collaborative. Ces systèmes, se basant sur l’accès aux biens plutôt que sur leur propriété, ont un impact écologique considérable et sont aujourd’hui regardés de près par les mouvements verts pour la réponse efficace à des problématiques complexes qu’ils proposent. Pourtant les acteurs de la consommation collaborative se revendiquent rarement comme issus directement de l’écologie. Ils mettent en avant le lien social et les économies qu’ils permettent de réaliser au même titre que la réduction de l’impact écologique. Ils intègrent les problématiques écolos dans leur ADN et dans leur mode de fonctionnement sans le brandir comme un étendard castrateur ou comme un argument marketing.

Bref, cette entrée fracassante du parti pirate dans la vie politique berlinoise est bien loin d’être anecdotique. Pour sûr, elle fera des petits.

Elle illustre l’émergence d’une politisation dans son sens noble d’une grosse partie de la population, désabusée par les partis traditionnels, confiants dans les logiques d’intelligence collective et avide de transparence.

Je me réjouis personnellement de voir cette bien chère Berlin, encore une fois, proposer au monde une vision différente de voir et de faire les choses.  Affaire à suivre.

Pirates d’hier et d’aujourd’hui

Lorsque Alexandre le Grand entra dans la tente où l’on détenait le capitaine du vaisseau pirate tombé entre ses mains, il jeta un regard méprisant sur son captif en haillons et lui lança d’un ton sévère :

« Comment oses-tu infester la mer ? »

« Et toi, » lui rétorqua le pirate

« Comment oses-tu infester la terre ? Parce que je n’ai qu’un frêle navire, on m’appelle pirate, mais parce que tu as une grande flotte, on te nomme conquérant ».

L’Histoire ne nous dit pas ce qu’a bien pu lui répondre Alexandre et c’est bien dommage car l’empereur dût être bien incapable de réfuter clairement cette accusation. Cet exemple fameux souligne combien il est difficile de donner une définition claire au phénomène ambigu de la piraterie.  S’il est parfois compliqué de distinguer un pirate d’un empereur autrement que par la puissance, il n’est pas non plus évident de définir le pirate par son activité car dans son histoire multimillénaire, la piraterie a pris toutes les formes possibles et a embrassée un nombre incalculable de causes.

Il y’a presque autant de motifs de piraterie qu’il n’y a de pirates ; certains étaient des brigands cruels (l’Olonais), d’autres furent des mercenaires (Eustache le moine ), des explorateurs, des exilés, des rebelles (Sextus Pompée )… certains sont considérés comme des résistants (Pier Gerlofs ), des héros dans un pays et comme des criminels dans un autre (Francis Drake).

En définitive, savoir si quelqu’un ou non doit être qualifié de pirate est une question dont la réponse appartient à celui qui a le pouvoir.

Anne Pérotin-Dumont

Ce n’est donc pas tant par ses activités ni par le but recherché que l’on définirait le mieux la piraterie. Je crois plutôt qu’être pirate tient surtout à deux choses ; un environnement et une méthode.

Into the Wild; l’Environnement Pirate

Il arrive à certains moments de l’histoire, lorsque les nouvelles découvertes ou les avancées techniques rendent possibles l’exploration de nouveaux territoires, que les civilisations se retrouvent soudainement face à des espaces immenses échappant largement à leur contrôle.

Ces zones, qu’elles soient matérielles ou immatérielles, deviennent accessibles mais restent difficilement contrôlables.

Elles représentent à la fois une source de richesse inestimable, un océan d’opportunités mais aussi un lieu effrayant où les règles qui prévalaient jusqu’alors sont abolies.

C’est précisément là que se trouve le pirate, et c’est je crois, le point commun entre tous les environnements dans lesquels a pu évoluer la piraterie.

Hier, c’étaient l’océan ou les terres encore vierges du nouveau monde qui abritaient les flibustiers, les boucaniers et autres hors-la-loi débraillés. Aujourd’hui c’est sur Internet qu’ils agissent.

  • Comme l’océan au XVIIème siècle, le web est un espace immense et mal contrôlé, n’appartenant à aucune nation, régit par des lois floues, peu nombreuses et largement inapplicables.
  • Comme l’océan au XVIIème siècle, le web est un lieu d’échange où transitent des flux commerciaux colossaux.
  • Comme l’océan au XVIIème siècle, le web est un endroit où les maillages de la société se distendent, où les pressions sociales s’affaissent, entrainant un affaiblissement des dogmes existants.

Ces milieux immenses et chaotiques sont la demeure du pirate, ils sont pour lui son gagne-pain, son refuge et sa culture. Mais ce qui a changé pour le pirate numérique, c’est qu’il n’a plus besoin d’un très coûteux navire pour opérer, un simple ordinateur lui suffit.

La Méthode Pirate

Si l’on a pu qualifier de pirate des personnages ayant des intentions et des motivations très diverses, c’est qu’ils avaient au moins en commun le recours à des méthodes spécifiques. Il me semble très intéressant de se pencher davantage sur la question car ces méthodes me paraissent particulièrement efficaces à l’heure du numérique.

Fuite combative

le pirate, qui n’a qu’un « frêle navire » est généralement confronté directement à des institutions nettement plus balèzes que lui. Par conséquent, l’attaque frontale n’est pas son domaine. Je pense que l’une des méthodes les plus caractéristiques du pirate est ce que j’appellerais la fuite combative.

La mobilité, la capacité à frapper, puis à disparaître est un point commun à tous les pirates, que ce soit sur mer, sur terre, ou sur Internet.

Oui, les pirates sont des fuyards, mais des fuyards constructifs, courageux. Les Etats-Unis n’ont ils pas été fondés par des fuyards anglo-saxons en lutte contre le vieil ordre européen ? Et quelle société va fonder notre génération de fuyards du numérique qui a largement déserté les sphères de l’ancien monde pour les lumières blafardes des écrans d’ordinateurs ?

En prise directe avec le réel

Les pirates sont réalistes. D’emblée, ils se confrontent à la réalité et ne s’en remettent qu’à eux pour subvenir à leurs besoins. Les pirates ne souhaitent pas forcément changer le monde, ils s’en tiennent à un principe que l’on connait  lorsque l’on créé une entreprise, ne pas chercher à vendre quelque chose que l’on utiliserait pas soit-même. Contrairement aux grandes théories élaborées par des idéologues au XXème siècle, dont la mise en pratique réclamait  la création d’un homme nouveau et la prise de contrôle des structures, les pirates prennent comme point de départ ce qu’ils ont, ce qu’ils sont et tentent de faire le maximum pour vivre selon leurs règles propres. Ce n’est pas une utopie magnifique sur le papier mais inapplicable en pratique.

Le mode de vie qu’ils recherchent doit pouvoir être pérenne et durable, ils doivent être en mesure de l’assumer.

L’esprit d’expérimentation

Innover n’est pas une option pour les pirates. Vivants hors du cadre juridique, social et moral traditionnel, dans un environnement mal connu, mal régulé et mal exploité, ils sont obligés de refonder de toute pièce une micro société avec de nouvelles lois, de nouvelles valeurs, des nouveaux rites,  et des techniques inédites… Le vaisseau pirate forme une entité sociale autonome qui doit pouvoir s’auto réguler.

En mouvement perpétuel car pourchassés par des forces supérieures, ils doivent rester mobiles pour rester vivants. Cela les pousse à découvrir de nouveaux lieux, à s’aventurer là ou leurs ennemis ne pourront les atteindre, ce qui fait d’eux des explorateurs.

Mais leur rapport à l’innovation est original. Il n’obéit pas à un schéma « top-down » dans lequel des penseurs/ingénieurs conçoivent en amont un modèle qui sera mis en pratique par la suite, c’est un processus plus organique qui part du constat d’un problème.

Les pirates savent que la nécessité est la mère de la création.

Ce potentiel d’expérimentation est nettement plus puissant aujourd’hui qu’au XVIIème siècle car le gain d’expérience qui autrefois restait trop souvent cantonné à l’échelle de quelques navires isolés peut aujourd’hui être répandu et partagé rapidement sur Internet.

Pirate map

Légitimité et pertinence de la piraterie

La piraterie n’est pas un phénomène marginal correspondant à une période donnée de l’histoire. Elle accompagne les sociétés depuis toujours. Elle semble apparaitre spontanément n’importe où dans le monde dès que les conditions sont réunies.

Pour Rodolphe Durand et Jean-Philippe Vergne, auteurs de l’essai « l’Organisation Pirate« , le phénomène de piraterie est indissociable de la place de l’Etat dans les processus de territorialisation et de normalisation marchande. Si les individus choisissent volontairement de s’organiser en dehors et contre les règles produites par la puissance publique, c’est qu’ils en contestent la légitimité et qu’ils souhaitent mettre en œuvre une alternative.

Les questions soulevées par la piraterie sont aussi légitimes qu’éternelles, normal qu’elles collent aux basques des institutions de manière chronique depuis Alexandre le Grand jusqu’à nos jours;

De quel droit telle ou telle nation, telle ou telle corporation, peut-elle s’approprier un nouveau territoire, demande le pirate. Qu’est-ce qui lui donne la légitimité de contrôler les  échanges dans ces zones encore vierges ?

Les débats qui font rage autour de l’usage et du contrôle d’Internet nous rappellent tout de même étrangement ceux qui ont été soulevés lorsque les nations européennes ont pris conscience de leurs capacités nouvelles à naviguer et commercer sur toutes les mers du monde. Lisez plutôt ce passage de « Mare Liberum » le traité d’Hugo Grotius sur la liberté des mers (1609) :

« Il ne s’agit point ici de la mitoyenneté d’un mur ni du déversement des eaux sur l’héritage voisin, objets d’intérêt purement privé ; il ne s’agit même pas de ces débats fréquents entre les peuples au sujet de la propriété d’un champ sur la frontière, de la possession d’un fleuve ou d’une île ; mais il est ici question de tout l’Océan, du droit de naviguer et de la liberté du commerce. Entre nous et les espagnols, il y a controverse sur les points suivants : l’immense et vaste mer est-elle la dépendance d’un royaume seul, et qui n’est pas même le plus grand de tous ?

Est-ce le droit d’un peuple quelconque d’empêcher les peuples qui le veulent de vendre, d’échanger, en un mot de communiquer entre eux ?

Par les questions qu’elle soulève, la piraterie génère du droit nouveau. Elle invite les institutions à se regarder dans un miroir. Elle questionne les fondements même des règles établies, propose une alternative et pose des limites aux systèmes existants.

Les pirates furent parmi les premiers à établir des règles démocratiques à bord, à récompenser les hommes au mérite (les capitaines et les contremaitres étaient désignés selon leurs capacités et pouvaient être révoqués) et même à établir des systèmes de pensions d’invalidité pour les blessés. Par certains aspects, l’organisation de la « société » pirate, était très proche des aspirations des intellectuels et des réformateurs qui viendront après eux.

Coworking : 5 atouts français

Individualisme, conservatisme, aversion au risque, culte du secret professionnel, voilà quelques-uns des traits de caractère pas très sympathiques souvent attribués aux français quand il s’agit de business… Des caractéristiques pas franchement compatibles avec le coworking, d’autant plus que notre mère patrie est encore à la traine dans ce domaine si nous la comparons à ses voisins européens. Pourtant, la France dispose de plusieurs atouts précieux qui nous laissent penser qu’elle pourrait elle aussi devenir une terre d’accueil pour les espaces de coworking. En voici quelques-uns.

1) Des précédents historiques

Avant même que le concept de coworking n’émerge véritablement, la France fut un temps un pays pionnier pour les communautés créatives.

De puissantes communautés ont commencé à se former en France pendant le siècle des lumières dans les cafés et les salons de certaines personnalités ( comme le café Procope ou l’hôtel de madame de Lambert). Des esprits éclairés s’y rassemblaient fréquemment pour échanger et débattre autour des idées progressistes de l’époque. A la veille des révolutions de 1848, les cercles de libres penseurs apparaissent en France et se fédèrent progressivement jusqu’à la veille de la Commune de Paris. Ces communautés intellectuelles, philosophiques et politiques se rassemblaient régulièrement pour échanger des idées et pour faire évoluer la société. Dans le même temps, on voit se multiplier les ateliers d’artistes où se recréent des espaces communautaires proche de l’esprit de la bohême. Pour tous ces artistes, l’atelier représentait l’espace de la gestation des œuvres. Lieu réel, il est aussi celui dans lequel se construit l’identité fantasmée de l’artiste, philanthrope et prométhéen. Enfin, l’atelier est l’espace de la sociabilité artistique. Ces ancêtres du coworking, nés sur nos bonnes terres de Gaule ne sont-ils pas des exemples encourageants pour les prochaines générations ?

Atelier d'artistes

2) Une protection sociale qui permet de tester ses projets en limitant les risques

Le très haut niveau de protection sociale dont nous pouvons bénéficier est un atout pour le coworking français ; il offre une sécurité financière à ceux qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure risquée de la création d’entreprise ou travailler à leur compte.

En d’autres termes, notre protection sociale nous permet de tester un projet sans prendre des risques financiers excessifs.

Assedics, RSA, prêts d’honneur et aides diverses permettent de tenir financièrement pendant la période de vaches maigres que traversent bien souvent les freelances et les entrepreneurs au début de leur parcours. Si vous tombez malade, vous n’aurez pas à revendre votre ordi ou mettre votre appart en hypothèque pour vous payer des soins, vous serez soignés quasi gratuitement ce qui est loin d’être le cas partout. Relativisez donc votre risque. Les espaces de coworking sont les endroits parfaits pour tester un concept dans les meilleures conditions sans prendre de risque financier excessif.

3) Un tissu urbain favorable

La plupart des agglomérations françaises ont un tissu urbain très dense, organisé en étoile autour d’un centre-ville agréable et stratégique car bien relié par les transports en commun et autres vélib’, bien équipé et offrant une visibilité importante aux entreprises. Malheureusement, ces centres sont coûteux ce qui oblige bien souvent les petites structures à s’installer dans la périphérie lointaine et ce qui force parfois les indépendants à travailler à domicile.

Le coworking s’avère idéal, pour bénéficier des avantages d’une implantation centrale sans en subir les contraintes budgetaires.

4) Un tissu de TPE dense et dynamique mais éclaté

On compte en France 1,25 millions d’entreprises unipersonnelles ce qui représente près de 50% du total des entreprises françaises !

Poussé par la crise économique et boosté par la création du statut d’auto entrepreneur, le niveau de création d’entreprise atteint des records. Pourtant, ces entrepreneurs et ces nouveaux freelances (qui partagent de nombreuses problématiques communes) ne parviennent pas à s’unir ou se fédérer. Les centres d’affaires et les pépinières ne sont pas toujours des solutions adaptées puisqu’ils demandent des investissements plus important, qu’ils sont moins flexibles qu’ils ne résolvent pas totalement le manque d’interaction qui affecte souvent les indépendants.

La création du statut d’auto entrepreneurs est en train de modifier progressivement le paysage français du monde du travail. De nombreuses personnes, anciennement rattachées à une structure d’entreprise ont pu (ou ont dû) prendre leur indépendance et ont quitté les structures d’entreprise traditionnelles. Où sont ces travailleurs aujourd’hui ? Chez eux probablement, et sans doute en train de réaliser qu’il n’est pas forcément évident de bosser en freelance… Dans ce contexte, le coworking serait une solution adaptée pour cette population croissante d’indépendants.

5) Un lien social à reconstruire.

La France est à la recherche d’un nouveau lien social. Nos structures sociales sont sorties salement amochées du XXème siècle. Résultat; un civisme qui laisse souvent à désirer, un individualisme encore dominant et une défiance importante entre les citoyens. Le contrat qui liait l’entreprise aux salariés a lui aussi du plomb dans l’aile. Utiliser les jeunes comme variable d’ajustement et outil de diminution de coûts (et non plus en vue d’embaucher) est devenu monnaie courante pour beaucoup de grandes entreprises françaises. La crise économique renforce le besoin d’entraide et de solidarité entre les citoyens.

Si le coworking parvient à montrer sa capacité à recréer du lien social, il est fort probable qu’il soit plébiscité par les français.

Liberté, égalité, fraternité ou la mort

 

willingness-and-motivation

Coworking : dope ta motiv

Rester motivé, c’est une question de volonté bien sûr, mais c’est aussi, et dans une large mesure, une question d’environnement. Afin de mieux comprendre comment le coworking peut stimuler la productivité des indépendants, revenons sur les déterminants de la motivation que nous avions mentionné dans notre infographie du vendredi.

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Le syndrome du forum

S’il y’a bien une chose que j’ai apprise avec l’internet, c’est que si vous avez un problème, vous n’êtes jamais le seul à l’avoir. Mieux encore, si vous avez un problème, il y a des chances pour qu’un héros du quotidien ait pris sur son temps pour vous donner la solution sur la toile. C’est ce que j’appelle le syndrome du forum.

Ma plus belle expérience du syndrome du forum, je l’ai eu le jour ou la porte de mon lave-vaisselle s’est bloquée. Jusque là, les forums m’avaient sorti de la panade plus d’une fois, mais la plupart du temps sur des soucis informatiques. Après être resté prostré dans la position du sage indien en méditation devant l’objet de mes tourments, vaincu par la machine, je renonce et m’enfonce dans mon canapé en songeant à ma pauvre vaisselle prisonnière de ce bloc de métal. Triste destin.

Mon vieux réflexe de Mutin Trouvetout me titille. Mécaniquement je tente la solution qui m’a si souvent sorti des situations les plus désespérées. Je tape sur google ces quelques mots que je lance aux internautes comme un naufragé lancerait sa bouteille à la mer. « porte lave-vaisselle bloquée ». La bouteille est lancée, la réponse immédiate. Je clique sur le lien; la page dépannage de la section « forums de la maison » du « forum futurs science ». Devant mes yeux, une conversation d’internautes souffrant du même mal que moi, et décidés à trouver la solution. Au milieu, le noble pthomas78 me redonne espoir (preuve ci dessous).

Pthomas78 a la réponse

Je me dirige, fier et armé d’un tournevis, vers la bête qui me nargue mais ne s’en sortira pas à si bon compte. Je pousse la poignée, introduis avec conviction le tournevis. Un clic. La porte s’ouvre. J’ai dans les yeux une étincelle. La même que l’on peut lire dans les yeux du joueur de starcraft remportant une « epic win » et dépassé par la grandeur de son action. J’ai vaincu. J’ai vaincu grâce aux autres, et mon rêve secret est d’offrir à ce cher pthomas78 une bière de récompense.

La morale de cette histoire

Où veut-il en venir me direz vous ? Au delà de la démonstration de la puissance du web et du miracle du partage d’information, cette histoire est une fable moderne que j’adresse à tous ceux qui créent leur entreprise, mais plus encore à ceux qui sentent en eux le désir de créer mais ne pensent pas avoir d’idée. Vous avez certainement, à un moment où un autre, identifié un problème. Vous n’êtes pas le seul à en souffrir. Vous avez peut être devant les yeux une idée d’entreprise.

Quand on y pense, notre projet de coworking s’est avant tout un « pourquoi devrais-je sacrifier ma liberté pour une entreprise dans laquelle je me sens mal, entouré de collègues que je n’ai pas choisi et qui se tirent dans les pattes, à l’heure où les nouvelles technologies me permettent de faire mon travail de partout et librement? Pourquoi devrais-je travailler seul de chez moi si je fais ce choix alors que beaucoup d’autres ont fait le même? La réponse est qu’il n’y a pas de raison. Il est aujourd’hui possible de travailler libres ensembles, et nous sommes bien décidés à le prouver.

Gagne la foule et tu gagneras ta liberté

Vous êtes dans l’arène. Lions affamés, taureaux furieux et autres gladiateurs vous menacent… comment faire ? « Gagne la foule et tu gagneras ta liberté » conseille l’ancien gladiateur à Maximus Decimus Meridius. Il a bien raison. Faites comme Maximus, écoutez-le et battez-vous avec panache.

La boule au ventre

En tant qu’entrepreneur ou freelance vous êtes souvent confronté aux regards inquiets de votre entourage. Il faut bien avouer que votre situation a quelque chose d’instable. Pas de revenus initiaux, une prise de risque financière, une liberté pouvant sombrer dans les ténèbres de la procrastination, une déstructuration de votre environnement social (autant de bonnes raisons de faire du coworking…). En tant qu’indépendant, vous vous jetez dans l’arène, épée au poing, votre survie dépend de vous et de vous seul.

La peur de l’instabilité et l’incertitude quant à l’avenir freine la plupart des gens dans leur désir d’autonomie et de création.  Et pour cause, l’indépendance et l’entrepreneuriat sont des combats dont l’issue est incertaine. Qui aurait parié, lorsque Steve Jobs collectait des capsules pour toucher la consigne que cet homme finirait à la tête du géant que nous connaissons tous ?

Pourtant l’entrepreneuriat a tout pour vous rendre heureux. Les facteurs de la motivation intrinsèque, une fois les besoins de base de la pyramide de maslow assurés, sont définis par Daniel Pink, auteur du livre « drive » comme étant :

  • L’autonomie qui corespond au degré de liberté dont vous jouissez dans votre travail
  • La maitrise (mastery ), qui correspond  au développement continu de ses compétences
  • Le sens

Comment faire pour jouir pleinement de cette situation ?

The man on the wire

Gagnez la foule

Comment gagner la foule? Idéalement, en restant vous-même, sans peur et sans reproche. Le soutien d’une tribu, pour reprendre le terme employé par Seth Godin, ne se gagne pas de manière calculée et planifiée. Il se gagne lorsque la tribu reconnaît l’authenticité de votre démarche. Il se gagne lorsque vous vous intéressez en toute sincérité à chaque personne que vous rencontrez. Il se gagne en aidant votre entourage, en ouvrant des portes à vos proches. Il se gagne en mettant toute votre énergie au service de la satisfaction des besoins de votre tribu.

  • Soyez authentiques et généreux. L’internet tend à valoriser ces qualités. Il facilite les regroupements de communautés autour de valeurs et de centres d’intérêt. Pas seulement en ligne, mais aussi hors ligne. Il vous permet de vous construire une réputation auprès d’une audience large.
  • Soyez confiants. Oubliez les petites voix qui vous découragent. Vous avez grandi dans un système où la peur est omniprésente et la pression sociale forte. La France est championne dans ces disciplines. La compétition, la stigmatisation de l’erreur, la dévalorisation de la créativité sont constitutives du système éducatif français.
  • Soyez exigeants. Il ne suffit pas d’être un inconscient persuadé de l’utilité de son réseau social pour hamster pour réussir. Maintenez un très fort niveau d’exigence dans tout ce que vous entreprenez. Ne vous contentez pas de l’à-peu-près. Tentez beaucoup, écoutez tout le monde, ajustez le tir. Ne vous reposez jamais sur vos lauriers.

Les campagnes de marketing froides et massives, les achats de like détournés ne vous feront jamais gagner le soutien sincère d’une tribu. Une tribu réunie par l’argent est un colosse aux pieds d’argile. Coupez l’argent et votre tribu meure. Comprendre les médias sociaux et maitriser divers outils de communication est cependant essentiel, mais ce n’est pas le sujet de ce billet.

Gagnez votre liberté

La caractéristique commune des entrepreneurs à succès et des grands leaders, c’est cette capacité à s’investir corps et âmes dans leurs projets, avec la conviction profonde que malgré les épreuves ils y arriveront.

Cette confiance lucide et inébranlable leur donne la capacité d’inspirer leurs semblables, la force d’entrainer dans leur sillage une tribu, les moyens de gagner la foule.

Cette conviction qu’il ne leur arrivera rien s’avère être bien souvent une prophétie auto-réalisatrice. Cette passion et cet engagement les amèneront à côtoyer beaucoup de monde et à gagner leur sympathie et leur soutien. Lorsque quelqu’un bénéficie du soutien d’un grand nombre de personnes, sa survie et sa sécurité matérielle est assurée. La plupart du temps, votre projet, grâce à ces personnes, sera couronné de succès. Mais quand bien même votre projet initial échouerait, Jean Louis vous proposera de donner des cours dans telle université, Jean Michel vous poposera de gérer ce projet, Jean Philippe vous demandera de l’assister dans sa communication et Marie Jeanne vous proposera peut être l’asile. Bref vous pourrez manger et avoir un toit.

Gagnez la foule, et vous gagnerez votre liberté !!!

La Pyramide de Maslow du coworking

Vous souvenez-vous de la bonne vieille pyramide de Maslow que l’on vous a sans doute enseignée à l’école ? Vous savez, cette pyramide des besoins humains qui permet de les classer et de les hiérarchiser d’une manière dynamique … Si l’on en croit Maslow, les besoins situés à la base de la pyramide doivent être globalement satisfaits pour rendre possible la réalisation des besoins supérieurs.

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10 outils Google pour tuner votre site

Ce weekend, Mutin Malin est allé faire un tour du côté de Mountain View et nous revient, fringuant et sympa, avec un article destiné à tous ceux qui gèrent et développent des sites web. Après les 10 astuces de Mutin Malin pour chercher sur google, après une réflexion sur la construction de notre ombre numérique, Google est de nouveau sur le pont avec ces 10 outils gratuits qui vous aideront à piloter et à améliorer vos sites web.

Avant-propos

La stratégie de Google consistant à fournir aux développeurs et aux possesseurs de sites des outils gratuits et performants a fait ses preuves. Elle a permit de rassembler une communauté de geeks talentueux autour de la marque. Le soutien que Google a gagné de la part de ces développeurs est mérité : Google a su mettre en place une série d’excellents outils gratuits permettant de construire, de maintenir et d’améliorer son site web. Pour les entrepreneurs ou les freelances, ces outils s’avèrent souvent indispensables. En voici une petite sélection divisée en deux parties : les outils pour tous, et ceux pour les mutins les plus avertis.

Les outils pour tous

1. Google Analytics

Google Analytics
L’incontournable Google Analytics vous permet de disposer de statistiques précises sur votre site web. Bien utilisé, Analytics sera votre meilleur copain pour comprendre qui sont vos utilisateurs et quelles sont leurs attentes. Je passerais brièvement sur ce must have, car beaucoup d’entre vous sont certainement déjà familiers avec la bête. Si vous souhaitez en savoir plus, vous trouverez de nombreux tutoriels sur le web, mais également une aide bien documentée par Google.

2. Webmaster tools

Google Webmaster tools
Encore un classique que les plus avertis d’entre vous s’empresseront de sauter en conspuant le classicisme de Mutin Malin. Mais il est difficile de l’éviter celui-là, notamment si vous avez quelques ambitions en terme de référencement.  Google webmaster tools vous donnera un bon aperçu de votre site sur le web. Quelles pages de votre site sont populaires ? Quels sites « pointent » vers vous ? Quels sont les mots clés définissant mon site ?

En plus de cela, Webmaster Tools vous permettra d’optimiser l’indexation de votre site web en vous donnant la possibilité de soumette à Google une sitemap. Cette sitemap permet aux robots Google de savoir ce qu’ils doivent indexer où non sur votre site et à quelle fréquence le faire. Enfin, Webmaster tools vous aide à déterminer quelles sont les problèmes de votre site web et va jusqu’à vous proposer des pistes d’amélioration… De même que tous les produits Google, la doc vous permettra d’apprendre à tirer parti de cet outil.

3. Browser Size

Google Browser Size
Tout web designer qui se respecte se retrouve confronté au problème des différentes configurations d’écran des internautes. Cet outil d’une simplicité déconcertante vous permet de savoir quelle partie de votre site sera visible sans avoir à « scroller ». Bien utile quand vous souhaitez mettre en avant un « call to action« .

4. Google sites

Google sites
Comme son nom l’indique, Google site est un outil permettant de… Créer des sites. En toute simplicité, sans connaissance de code préalable. Sa bonne intégration avec l’ensemble des outils Google permet une insertion facile de vidéos Youtube, de diaporamas, de calendriers Gmail, de widgets, de documents Google Docs etc… Ce ne sera pas le site de l’année mais vous pouvez créer un site privé qui vous servira par exemple de documentation interne. Malin Mutin Malin !

5. Google Chart tools

Google Chart Tools
Si comme Mutin Malin, vous êtes plutôt visuel, vous conviendrez qu’un austère tableau excel ne permet pas une bonne vue d’ensemble lorsque les informations sont nombreuses. Google Chart Tools vous aidera à construire des graphiques, des camemberts, des cartes… que vous pourrez facilement intégrer à votre site web. En plus de ça, ces outils vous permettent d’augmenter l’interactivité  de vos utilisateurs avec vos graphiques en prenant en compte les survols de souris, les clics etc… Bien pratique.

6. Google website optimizer

Google Website optimizer
La « usability » est une problématique centrale des web designers et des développeurs. Google Website Optimizer vous permet d’optimiser vos pages web en vous permettant de « tester » plusieurs designs et de les comparer. En clair, cela vous permet de faire un split test sur vos différentes idées et de retenir la plus efficace. Très efficace pour des magasins en ligne…

Pour ceux qui lisent dans les entrailles

7. Google Code Search

Code search
Vous êtes bloqué dans votre avancement sur une fonction que vous n’arrivez pas à mettre en place ? Vous voulez savoir comment d’autres développeurs s’y sont pris pour faire fonctionner tout ça ? Lorsque vous êtes designer, vous trouverez de l’inspiration grâce aux nombreux sites regroupant des designs sympas. Pour les développeurs, c’est plus difficile, bien que la partie créative soit très présente et que par conséquent les modèles soient importants.

Google Code Search parcourt et indexe les fragments de code que les développeurs et programmeurs ont semé ça et là. Vous pourrez trouvez votre bonheur grâce à cet outil facilitant la recherche.

8. Google Chrome Developer tools

Google Chrome Developer tools
La plupart des développeurs s’accorderont sur l’importance de pouvoir tester et débugger son site directement sur un navigateur. C’est d’ailleurs ce qui a conduit à la diffusion massive du (génial) plugin Firebug et de la Developer Toolbar.

Google Chrome, le navigateur de Google vous permet de retrouver la plupart des fonctionnalités de firebug directement dans votre navigateur. Vous retrouverez l’inspecteur, le debugger, le testeur de scripts etc… Bien utile.

9. Speed Tracer

Speed Tracer
Un but simple et noble : vous permettre d’optimiser vos temps de chargement en vous en donnant une représentation visuelle. Google prend en compte la vitesse de chargement de votre site web pour le référencement, et les études montrent l’importance d’avoir une page web qui se charge rapidement pour vos utilisateurs. Pa conséquent, cet outil s’avère fort utile pour optimiser votre site. Page speed, add-on pour Firebug peut également vous aider sur ce coup là.

10. Google web Toolkit

Google Web Toolkit
Cet outil donne au développeurs un bon framework pour développer des applications solides et propres.toolkit

conclusion

Merci Google ! Il existe encore de nombreuses applications Google (Google Ajax Libraries, Project Hosting, App Engine…) Cette liste n’est pas exhaustive. N’hésitez pas à rajouter en commentaire vos favorites pour vous aider dans le développement de sites web.

références:

Six revisions

Le dilemme du crevard

Un cas de conscience

Il y a un mois, suite à une rencontre au salon des entrepreneurs, Mutinerie décide de prendre part au concours MoovJee qui vise à soutenir des projets de création d’entreprise de jeunes entrepreneurs. C’est dans le cadre de ce concours que nous décidons de participer au prix du public. Il s’agit de produire un court spot où l’on présente son projet au public qui vote ensuite pour celui qu’il préfère. La vidéo qui aura obtenu le plus de like recevra un prix de 5000 euros. L’idée nous séduit car le concours est simple, sans lourdeurs administratives excessives et s’adresse aux jeunes. Quelques jours après, notre vidéo est en ligne sur la fanpage de MoovJee. La vidéo a été agrémentée d’une bonne trentaine de secondes de publicité MooveJee. Ok, c’est de bonne guerre… Notre nom de famille n’est pas orthographié correctement mais ne nous formalisons pas; nous sommes habitués et magnanimes…

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En Pleine Tempete

Mutinerie en pleine tempête

Il y a l’avenir qui se fait et l’avenir qu’on fait. L’avenir réel se compose des deux.

Propos sur le bonheur (1928)

Citations de Emile-Auguste Chartier, dit Alain

Chers mutins, aspirants mutins, amis des mutins et mutins friendly,

Vendredi 25 février, une nouvelle journée commence pour Mutinerie. Alors que je m’apprête à aller à l’hôpital chercher Xavier qui sort d’une opération de l’épaule, Eric m’appelle pour m’annoncer qu’un huissier accompagné de la police bloquent l’accès du 16 Oberkampf…  Pas moyen d’avoir accès à notre espace de coworking. C’est chaud…

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