CFDT indépendants

La CFDT à la rescousse des indépendants

Quand on pense aux syndicats, on n’imagine pas forcément qu’ils puissent agir pour les travailleurs indépendants. Et pourtant, la CFDT est engagée dans une reflexion de fond sur les conditions de travail des indépendants et agit concrètement pour eux. Ils sont à nos côté pour cette première Freelance Fair. Olivier Lelong, secrétaire fédéral F3C et Alexis Masse, secrétaire confédéral en charge du numérique répondent aux ultimes questions d’Antoine.

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into-the-wild

Cette année, je deviens indépendant

La rentrée est arrivée et vous vous demandez ce que vous faites encore dans un emploi dont le sens vous échappe ? La reprise est là et la perspective d’une année supplémentaire dans la routine professionnelle vous ramollit d’avance ? C’est le signe qu’il est temps de changer ! Ce n’est pas si difficile que cela ! Aujourd’hui Mutinerie vous donne quelques bonnes pratiques pour passer du salariat à l’indépendance…

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the Maze, sortir du labyrinthe du chômage grâce au coworking

Théodore Thiébaud est le fondateur de The Maze une association  qui se donne pour mission d’aider les chômeurs diplômés à retrouver du travail grâce à l’accompagnement mais aussi au moyen du coworking. Il y a quelques mois Mutinerie lançait avec The Maze un partenariat visant à faire bénéficier à des chômeurs super actifs d’un abonnement à Mutinerie pour faciliter le retour à l’emploi. On lui donne la parole !

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cerf-volant

Quand les freelances repeupleront les campagnes

Et si la campagne était le nouvel eldorado des travailleurs indépendants ? Et si les forces combinées de la désindustrialisation et de la révolution numérique allaient conduire à un repeuplement des campagnes par des freelances et des entrepreneurs ?

En fait, le mouvement a déjà commencé. Depuis le début des années 2000, la population rurale augmente à nouveau. Une hausse modeste mais qui met un terme à un déclin rural qui durait depuis 150 ans ! Une hausse qui est possible par l’essor des travailleurs indépendants.

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the land of the freelance

L’entrepreneuriat subi

Dans le futur il n y aura plus d’employés. C’est le titre d’un article récent de Techcrunch qui montre bien l’ampleur des mutations du monde du travail et les chiffres sont éloquents :

Uber c’est 2000 salariés pour 160 000 chauffeurs contractants

Microsoft aussi, qui pourtant n’est pas une plateforme, a presque autant de contractants que d’employés et cette tendance croit également dans presque toutes les entreprises classiques.

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Working on the beach

10 règles pour bien travailler n’importe où

Qui parmi les freelances, indépendants ou entrepreneurs n’a jamais rêvé de voyager dans un endroit lointain tout en continuant à travailler ? Cette possibilité, encore impensable il y a 15 ans est devenu tout à fait accessible techniquement (un ordinateur, un téléphone portable et… Internet suffisent à beaucoup). On voit donc se développer une population croissante de digital nomads ainsi que des voyages mêlant travail et tourisme, phénomène que l’on désigne parfois par le vilain terme de workation.

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Pirates d’hier et d’aujourd’hui

Lorsque Alexandre le Grand entra dans la tente où l’on détenait le capitaine du vaisseau pirate tombé entre ses mains, il jeta un regard méprisant sur son captif en haillons et lui lança d’un ton sévère :

« Comment oses-tu infester la mer ? »

« Et toi, » lui rétorqua le pirate

« Comment oses-tu infester la terre ? Parce que je n’ai qu’un frêle navire, on m’appelle pirate, mais parce que tu as une grande flotte, on te nomme conquérant ».

L’Histoire ne nous dit pas ce qu’a bien pu lui répondre Alexandre et c’est bien dommage car l’empereur dût être bien incapable de réfuter clairement cette accusation. Cet exemple fameux souligne combien il est difficile de donner une définition claire au phénomène ambigu de la piraterie.  S’il est parfois compliqué de distinguer un pirate d’un empereur autrement que par la puissance, il n’est pas non plus évident de définir le pirate par son activité car dans son histoire multimillénaire, la piraterie a pris toutes les formes possibles et a embrassée un nombre incalculable de causes.

Il y’a presque autant de motifs de piraterie qu’il n’y a de pirates ; certains étaient des brigands cruels (l’Olonais), d’autres furent des mercenaires (Eustache le moine ), des explorateurs, des exilés, des rebelles (Sextus Pompée )… certains sont considérés comme des résistants (Pier Gerlofs ), des héros dans un pays et comme des criminels dans un autre (Francis Drake).

En définitive, savoir si quelqu’un ou non doit être qualifié de pirate est une question dont la réponse appartient à celui qui a le pouvoir.

Anne Pérotin-Dumont

Ce n’est donc pas tant par ses activités ni par le but recherché que l’on définirait le mieux la piraterie. Je crois plutôt qu’être pirate tient surtout à deux choses ; un environnement et une méthode.

Into the Wild; l’Environnement Pirate

Il arrive à certains moments de l’histoire, lorsque les nouvelles découvertes ou les avancées techniques rendent possibles l’exploration de nouveaux territoires, que les civilisations se retrouvent soudainement face à des espaces immenses échappant largement à leur contrôle.

Ces zones, qu’elles soient matérielles ou immatérielles, deviennent accessibles mais restent difficilement contrôlables.

Elles représentent à la fois une source de richesse inestimable, un océan d’opportunités mais aussi un lieu effrayant où les règles qui prévalaient jusqu’alors sont abolies.

C’est précisément là que se trouve le pirate, et c’est je crois, le point commun entre tous les environnements dans lesquels a pu évoluer la piraterie.

Hier, c’étaient l’océan ou les terres encore vierges du nouveau monde qui abritaient les flibustiers, les boucaniers et autres hors-la-loi débraillés. Aujourd’hui c’est sur Internet qu’ils agissent.

  • Comme l’océan au XVIIème siècle, le web est un espace immense et mal contrôlé, n’appartenant à aucune nation, régit par des lois floues, peu nombreuses et largement inapplicables.
  • Comme l’océan au XVIIème siècle, le web est un lieu d’échange où transitent des flux commerciaux colossaux.
  • Comme l’océan au XVIIème siècle, le web est un endroit où les maillages de la société se distendent, où les pressions sociales s’affaissent, entrainant un affaiblissement des dogmes existants.

Ces milieux immenses et chaotiques sont la demeure du pirate, ils sont pour lui son gagne-pain, son refuge et sa culture. Mais ce qui a changé pour le pirate numérique, c’est qu’il n’a plus besoin d’un très coûteux navire pour opérer, un simple ordinateur lui suffit.

La Méthode Pirate

Si l’on a pu qualifier de pirate des personnages ayant des intentions et des motivations très diverses, c’est qu’ils avaient au moins en commun le recours à des méthodes spécifiques. Il me semble très intéressant de se pencher davantage sur la question car ces méthodes me paraissent particulièrement efficaces à l’heure du numérique.

Fuite combative

le pirate, qui n’a qu’un « frêle navire » est généralement confronté directement à des institutions nettement plus balèzes que lui. Par conséquent, l’attaque frontale n’est pas son domaine. Je pense que l’une des méthodes les plus caractéristiques du pirate est ce que j’appellerais la fuite combative.

La mobilité, la capacité à frapper, puis à disparaître est un point commun à tous les pirates, que ce soit sur mer, sur terre, ou sur Internet.

Oui, les pirates sont des fuyards, mais des fuyards constructifs, courageux. Les Etats-Unis n’ont ils pas été fondés par des fuyards anglo-saxons en lutte contre le vieil ordre européen ? Et quelle société va fonder notre génération de fuyards du numérique qui a largement déserté les sphères de l’ancien monde pour les lumières blafardes des écrans d’ordinateurs ?

En prise directe avec le réel

Les pirates sont réalistes. D’emblée, ils se confrontent à la réalité et ne s’en remettent qu’à eux pour subvenir à leurs besoins. Les pirates ne souhaitent pas forcément changer le monde, ils s’en tiennent à un principe que l’on connait  lorsque l’on créé une entreprise, ne pas chercher à vendre quelque chose que l’on utiliserait pas soit-même. Contrairement aux grandes théories élaborées par des idéologues au XXème siècle, dont la mise en pratique réclamait  la création d’un homme nouveau et la prise de contrôle des structures, les pirates prennent comme point de départ ce qu’ils ont, ce qu’ils sont et tentent de faire le maximum pour vivre selon leurs règles propres. Ce n’est pas une utopie magnifique sur le papier mais inapplicable en pratique.

Le mode de vie qu’ils recherchent doit pouvoir être pérenne et durable, ils doivent être en mesure de l’assumer.

L’esprit d’expérimentation

Innover n’est pas une option pour les pirates. Vivants hors du cadre juridique, social et moral traditionnel, dans un environnement mal connu, mal régulé et mal exploité, ils sont obligés de refonder de toute pièce une micro société avec de nouvelles lois, de nouvelles valeurs, des nouveaux rites,  et des techniques inédites… Le vaisseau pirate forme une entité sociale autonome qui doit pouvoir s’auto réguler.

En mouvement perpétuel car pourchassés par des forces supérieures, ils doivent rester mobiles pour rester vivants. Cela les pousse à découvrir de nouveaux lieux, à s’aventurer là ou leurs ennemis ne pourront les atteindre, ce qui fait d’eux des explorateurs.

Mais leur rapport à l’innovation est original. Il n’obéit pas à un schéma « top-down » dans lequel des penseurs/ingénieurs conçoivent en amont un modèle qui sera mis en pratique par la suite, c’est un processus plus organique qui part du constat d’un problème.

Les pirates savent que la nécessité est la mère de la création.

Ce potentiel d’expérimentation est nettement plus puissant aujourd’hui qu’au XVIIème siècle car le gain d’expérience qui autrefois restait trop souvent cantonné à l’échelle de quelques navires isolés peut aujourd’hui être répandu et partagé rapidement sur Internet.

Pirate map

Légitimité et pertinence de la piraterie

La piraterie n’est pas un phénomène marginal correspondant à une période donnée de l’histoire. Elle accompagne les sociétés depuis toujours. Elle semble apparaitre spontanément n’importe où dans le monde dès que les conditions sont réunies.

Pour Rodolphe Durand et Jean-Philippe Vergne, auteurs de l’essai « l’Organisation Pirate« , le phénomène de piraterie est indissociable de la place de l’Etat dans les processus de territorialisation et de normalisation marchande. Si les individus choisissent volontairement de s’organiser en dehors et contre les règles produites par la puissance publique, c’est qu’ils en contestent la légitimité et qu’ils souhaitent mettre en œuvre une alternative.

Les questions soulevées par la piraterie sont aussi légitimes qu’éternelles, normal qu’elles collent aux basques des institutions de manière chronique depuis Alexandre le Grand jusqu’à nos jours;

De quel droit telle ou telle nation, telle ou telle corporation, peut-elle s’approprier un nouveau territoire, demande le pirate. Qu’est-ce qui lui donne la légitimité de contrôler les  échanges dans ces zones encore vierges ?

Les débats qui font rage autour de l’usage et du contrôle d’Internet nous rappellent tout de même étrangement ceux qui ont été soulevés lorsque les nations européennes ont pris conscience de leurs capacités nouvelles à naviguer et commercer sur toutes les mers du monde. Lisez plutôt ce passage de « Mare Liberum » le traité d’Hugo Grotius sur la liberté des mers (1609) :

« Il ne s’agit point ici de la mitoyenneté d’un mur ni du déversement des eaux sur l’héritage voisin, objets d’intérêt purement privé ; il ne s’agit même pas de ces débats fréquents entre les peuples au sujet de la propriété d’un champ sur la frontière, de la possession d’un fleuve ou d’une île ; mais il est ici question de tout l’Océan, du droit de naviguer et de la liberté du commerce. Entre nous et les espagnols, il y a controverse sur les points suivants : l’immense et vaste mer est-elle la dépendance d’un royaume seul, et qui n’est pas même le plus grand de tous ?

Est-ce le droit d’un peuple quelconque d’empêcher les peuples qui le veulent de vendre, d’échanger, en un mot de communiquer entre eux ?

Par les questions qu’elle soulève, la piraterie génère du droit nouveau. Elle invite les institutions à se regarder dans un miroir. Elle questionne les fondements même des règles établies, propose une alternative et pose des limites aux systèmes existants.

Les pirates furent parmi les premiers à établir des règles démocratiques à bord, à récompenser les hommes au mérite (les capitaines et les contremaitres étaient désignés selon leurs capacités et pouvaient être révoqués) et même à établir des systèmes de pensions d’invalidité pour les blessés. Par certains aspects, l’organisation de la « société » pirate, était très proche des aspirations des intellectuels et des réformateurs qui viendront après eux.

Coworking : 5 atouts français

Individualisme, conservatisme, aversion au risque, culte du secret professionnel, voilà quelques-uns des traits de caractère pas très sympathiques souvent attribués aux français quand il s’agit de business… Des caractéristiques pas franchement compatibles avec le coworking, d’autant plus que notre mère patrie est encore à la traine dans ce domaine si nous la comparons à ses voisins européens. Pourtant, la France dispose de plusieurs atouts précieux qui nous laissent penser qu’elle pourrait elle aussi devenir une terre d’accueil pour les espaces de coworking. En voici quelques-uns.

1) Des précédents historiques

Avant même que le concept de coworking n’émerge véritablement, la France fut un temps un pays pionnier pour les communautés créatives.

De puissantes communautés ont commencé à se former en France pendant le siècle des lumières dans les cafés et les salons de certaines personnalités ( comme le café Procope ou l’hôtel de madame de Lambert). Des esprits éclairés s’y rassemblaient fréquemment pour échanger et débattre autour des idées progressistes de l’époque. A la veille des révolutions de 1848, les cercles de libres penseurs apparaissent en France et se fédèrent progressivement jusqu’à la veille de la Commune de Paris. Ces communautés intellectuelles, philosophiques et politiques se rassemblaient régulièrement pour échanger des idées et pour faire évoluer la société. Dans le même temps, on voit se multiplier les ateliers d’artistes où se recréent des espaces communautaires proche de l’esprit de la bohême. Pour tous ces artistes, l’atelier représentait l’espace de la gestation des œuvres. Lieu réel, il est aussi celui dans lequel se construit l’identité fantasmée de l’artiste, philanthrope et prométhéen. Enfin, l’atelier est l’espace de la sociabilité artistique. Ces ancêtres du coworking, nés sur nos bonnes terres de Gaule ne sont-ils pas des exemples encourageants pour les prochaines générations ?

Atelier d'artistes

2) Une protection sociale qui permet de tester ses projets en limitant les risques

Le très haut niveau de protection sociale dont nous pouvons bénéficier est un atout pour le coworking français ; il offre une sécurité financière à ceux qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure risquée de la création d’entreprise ou travailler à leur compte.

En d’autres termes, notre protection sociale nous permet de tester un projet sans prendre des risques financiers excessifs.

Assedics, RSA, prêts d’honneur et aides diverses permettent de tenir financièrement pendant la période de vaches maigres que traversent bien souvent les freelances et les entrepreneurs au début de leur parcours. Si vous tombez malade, vous n’aurez pas à revendre votre ordi ou mettre votre appart en hypothèque pour vous payer des soins, vous serez soignés quasi gratuitement ce qui est loin d’être le cas partout. Relativisez donc votre risque. Les espaces de coworking sont les endroits parfaits pour tester un concept dans les meilleures conditions sans prendre de risque financier excessif.

3) Un tissu urbain favorable

La plupart des agglomérations françaises ont un tissu urbain très dense, organisé en étoile autour d’un centre-ville agréable et stratégique car bien relié par les transports en commun et autres vélib’, bien équipé et offrant une visibilité importante aux entreprises. Malheureusement, ces centres sont coûteux ce qui oblige bien souvent les petites structures à s’installer dans la périphérie lointaine et ce qui force parfois les indépendants à travailler à domicile.

Le coworking s’avère idéal, pour bénéficier des avantages d’une implantation centrale sans en subir les contraintes budgetaires.

4) Un tissu de TPE dense et dynamique mais éclaté

On compte en France 1,25 millions d’entreprises unipersonnelles ce qui représente près de 50% du total des entreprises françaises !

Poussé par la crise économique et boosté par la création du statut d’auto entrepreneur, le niveau de création d’entreprise atteint des records. Pourtant, ces entrepreneurs et ces nouveaux freelances (qui partagent de nombreuses problématiques communes) ne parviennent pas à s’unir ou se fédérer. Les centres d’affaires et les pépinières ne sont pas toujours des solutions adaptées puisqu’ils demandent des investissements plus important, qu’ils sont moins flexibles qu’ils ne résolvent pas totalement le manque d’interaction qui affecte souvent les indépendants.

La création du statut d’auto entrepreneurs est en train de modifier progressivement le paysage français du monde du travail. De nombreuses personnes, anciennement rattachées à une structure d’entreprise ont pu (ou ont dû) prendre leur indépendance et ont quitté les structures d’entreprise traditionnelles. Où sont ces travailleurs aujourd’hui ? Chez eux probablement, et sans doute en train de réaliser qu’il n’est pas forcément évident de bosser en freelance… Dans ce contexte, le coworking serait une solution adaptée pour cette population croissante d’indépendants.

5) Un lien social à reconstruire.

La France est à la recherche d’un nouveau lien social. Nos structures sociales sont sorties salement amochées du XXème siècle. Résultat; un civisme qui laisse souvent à désirer, un individualisme encore dominant et une défiance importante entre les citoyens. Le contrat qui liait l’entreprise aux salariés a lui aussi du plomb dans l’aile. Utiliser les jeunes comme variable d’ajustement et outil de diminution de coûts (et non plus en vue d’embaucher) est devenu monnaie courante pour beaucoup de grandes entreprises françaises. La crise économique renforce le besoin d’entraide et de solidarité entre les citoyens.

Si le coworking parvient à montrer sa capacité à recréer du lien social, il est fort probable qu’il soit plébiscité par les français.

Liberté, égalité, fraternité ou la mort

 

Hippies et Geeks, Même Combat ?

« In loyalty to their kind they cannot tolerate our minds ~ In loyalty to our kind we cannot tolerate their obstruction »

Jefferson Airplane Crown of Creation

Ce cri de guerre est plus que jamais d’actualité et pourrait figurer sur le fronton de Mutinerie, mais ne nous méprenons pas : un espace de coworking n’est pas une communauté hippie. La confusion est commune chez les profanes. Liberté, partage, communauté… ça nous rappelle quelque chose tout ça… et on voit comment ça a fini… Voici donc une petite mise au point.

Le rapport au progrès

Le mouvement hippie est largement dominé par une défiance vis-à vis-de la modernité et des avancées technologiques. Les nouvelles technologies sont surtout appréhendées comme une menace à notre bien-être.

Après les ravages de la seconde guerre mondiale, en pleine guerre du Vietnam, il est forcément difficile de louer un progrès technique qui sert surtout à tuer plus de gens plus facilement.

L’idéologie hippie dominante prône un retour à la nature, elle est emprunte d’une certaine nostalgie romantique. Comme chez Rousseau l’état sauvage est associé à une innocence heureuse. Le progrès en revanche, est dangereux. Nous sommes loin du geek overplugué insatiable de nouvelles découvertes technologiques. Le geek croit au progrès ; il y croit car il en bénéficie directement. Alors que la technologie était vue comme une arme à disposition des puissants, elle peut apparaitre aujourd’hui comme un instrument d’émancipation. Les révolutions arabes (dont nous ne connaissons pas encore les conséquences) ont pu avoir lieu en partie grâce à des objets technologiques très récents. De jeunes informaticiens y sont devenus des héros.

L’organisation de la communauté

Communauté ; un mot fortement associé à la culture hippie qui revient en force aujourd’hui. D’où quelques malentendus… Les communautés hippies se veulent être des sociétés idéales. Malheureusement, les expériences communautaires hippies ont souvent échouées sur le long terme car elles ne permettaient pas le renouvellement nécessaire du contrat social – et avec lui, c’est fatal, des membres constituant la communauté. Les communautés se sont souvent fossilisées autour d’idéaux trop éloignés de la réalité du terrain. Elle ont souffert d’une trop forte consanguinité.

Les désirs des humains évoluant sans cesse, la communauté doit être capable de s’adapter en permanence. Ex Fan des sixties, petite baby doll, sèche tes larmes. Exit la communauté idéale – bonjour la communauté optimale. Nous pouvons définir très simplement la communauté optimale comme celle qui articule au mieux liberté individuelle et intérêt commun.

La communauté optimale n’existe en fait qu’à un instant donné. Elle est constituée par des individus qui à un moment bien précis décident d’unir leurs efforts pour aller ensemble dans une direction commune selon un plan établi.

La communauté geek existe de fait. Alors que la communauté hippie se définit autour d’une sorte de profession de foi idéologique, la communauté geek prend d’abord son sens dans l’action.

La révolution digitale a considérablement fluidifié les rapports humains. Elle permet de trouver plus facilement les gens susceptibles de former une communauté réussie puisque n’importe qui peut potentiellement interagir avec le monde entier. D’où ce paradoxe d’une société individualiste où l’on ne cesse de parler de nouvelles communautés.

Ces nouvelles communautés sont incroyablement dynamiques. Leur niveau d’intelligence collective (crowdsourcing, cloud, open source) est infiniment supérieur aux anciennes. Les Anonymous ne vivent pas tous ensemble dans une ferme et ne se connaissent pas entre eux mais ils forment néanmoins une communauté efficace, unie ponctuellement autour d’objectifs concrets, rassemblée sous le même étendard.

Le mode opératoire

Les communautés hippies se sont constituées comme un rejet de la société de l’époque. Elles se définissent d’abord par opposition. Les hippies s’inscrivent en marge de la société dominante. À l’inverse, le geek va généralement chercher à agir au sein même du système.

Le hippie rejette le système, le geek hack le système.

Le mouvement hippie est fortement influencé par des artistes (musiciens, écrivains, peintres, poètes). Ils poussent un cri d’indignation face à un nouveau monde mercantile déshumanisé. Plus qu’une réelle alternative sociale, le mouvement hippie est surtout une salutaire prise de distance, un coup de pied dans la fourmilière.

Le cyber activiste (hacktiviste) cherche lui à construire un nouvel habitat viable. Il est plus concrètement tourné vers l’action. Il y a souvent chez les hippies un rejet de toute forme d’organisation. Or, une communauté doit être organisée pour être efficace. Les geeks à l’inverse sont obsédés par les nouveaux modes d’organisation.

Le geek n’est pas dans une logique de repli mais plutôt dans une dynamique d’infiltration.

Le mouvement hippie fait partie de notre patrimoine et les leçons ont été tirées. Cet élan a eu un impact global et définitif sur les mentalités. Certaines portes ont été ouvertes. D’autres seront bientôt crochetées.

 

Le syndrome du forum

S’il y’a bien une chose que j’ai apprise avec l’internet, c’est que si vous avez un problème, vous n’êtes jamais le seul à l’avoir. Mieux encore, si vous avez un problème, il y a des chances pour qu’un héros du quotidien ait pris sur son temps pour vous donner la solution sur la toile. C’est ce que j’appelle le syndrome du forum.

Ma plus belle expérience du syndrome du forum, je l’ai eu le jour ou la porte de mon lave-vaisselle s’est bloquée. Jusque là, les forums m’avaient sorti de la panade plus d’une fois, mais la plupart du temps sur des soucis informatiques. Après être resté prostré dans la position du sage indien en méditation devant l’objet de mes tourments, vaincu par la machine, je renonce et m’enfonce dans mon canapé en songeant à ma pauvre vaisselle prisonnière de ce bloc de métal. Triste destin.

Mon vieux réflexe de Mutin Trouvetout me titille. Mécaniquement je tente la solution qui m’a si souvent sorti des situations les plus désespérées. Je tape sur google ces quelques mots que je lance aux internautes comme un naufragé lancerait sa bouteille à la mer. « porte lave-vaisselle bloquée ». La bouteille est lancée, la réponse immédiate. Je clique sur le lien; la page dépannage de la section « forums de la maison » du « forum futurs science ». Devant mes yeux, une conversation d’internautes souffrant du même mal que moi, et décidés à trouver la solution. Au milieu, le noble pthomas78 me redonne espoir (preuve ci dessous).

Pthomas78 a la réponse

Je me dirige, fier et armé d’un tournevis, vers la bête qui me nargue mais ne s’en sortira pas à si bon compte. Je pousse la poignée, introduis avec conviction le tournevis. Un clic. La porte s’ouvre. J’ai dans les yeux une étincelle. La même que l’on peut lire dans les yeux du joueur de starcraft remportant une « epic win » et dépassé par la grandeur de son action. J’ai vaincu. J’ai vaincu grâce aux autres, et mon rêve secret est d’offrir à ce cher pthomas78 une bière de récompense.

La morale de cette histoire

Où veut-il en venir me direz vous ? Au delà de la démonstration de la puissance du web et du miracle du partage d’information, cette histoire est une fable moderne que j’adresse à tous ceux qui créent leur entreprise, mais plus encore à ceux qui sentent en eux le désir de créer mais ne pensent pas avoir d’idée. Vous avez certainement, à un moment où un autre, identifié un problème. Vous n’êtes pas le seul à en souffrir. Vous avez peut être devant les yeux une idée d’entreprise.

Quand on y pense, notre projet de coworking s’est avant tout un « pourquoi devrais-je sacrifier ma liberté pour une entreprise dans laquelle je me sens mal, entouré de collègues que je n’ai pas choisi et qui se tirent dans les pattes, à l’heure où les nouvelles technologies me permettent de faire mon travail de partout et librement? Pourquoi devrais-je travailler seul de chez moi si je fais ce choix alors que beaucoup d’autres ont fait le même? La réponse est qu’il n’y a pas de raison. Il est aujourd’hui possible de travailler libres ensembles, et nous sommes bien décidés à le prouver.

Gagne la foule et tu gagneras ta liberté

Vous êtes dans l’arène. Lions affamés, taureaux furieux et autres gladiateurs vous menacent… comment faire ? « Gagne la foule et tu gagneras ta liberté » conseille l’ancien gladiateur à Maximus Decimus Meridius. Il a bien raison. Faites comme Maximus, écoutez-le et battez-vous avec panache.

La boule au ventre

En tant qu’entrepreneur ou freelance vous êtes souvent confronté aux regards inquiets de votre entourage. Il faut bien avouer que votre situation a quelque chose d’instable. Pas de revenus initiaux, une prise de risque financière, une liberté pouvant sombrer dans les ténèbres de la procrastination, une déstructuration de votre environnement social (autant de bonnes raisons de faire du coworking…). En tant qu’indépendant, vous vous jetez dans l’arène, épée au poing, votre survie dépend de vous et de vous seul.

La peur de l’instabilité et l’incertitude quant à l’avenir freine la plupart des gens dans leur désir d’autonomie et de création.  Et pour cause, l’indépendance et l’entrepreneuriat sont des combats dont l’issue est incertaine. Qui aurait parié, lorsque Steve Jobs collectait des capsules pour toucher la consigne que cet homme finirait à la tête du géant que nous connaissons tous ?

Pourtant l’entrepreneuriat a tout pour vous rendre heureux. Les facteurs de la motivation intrinsèque, une fois les besoins de base de la pyramide de maslow assurés, sont définis par Daniel Pink, auteur du livre « drive » comme étant :

  • L’autonomie qui corespond au degré de liberté dont vous jouissez dans votre travail
  • La maitrise (mastery ), qui correspond  au développement continu de ses compétences
  • Le sens

Comment faire pour jouir pleinement de cette situation ?

The man on the wire

Gagnez la foule

Comment gagner la foule? Idéalement, en restant vous-même, sans peur et sans reproche. Le soutien d’une tribu, pour reprendre le terme employé par Seth Godin, ne se gagne pas de manière calculée et planifiée. Il se gagne lorsque la tribu reconnaît l’authenticité de votre démarche. Il se gagne lorsque vous vous intéressez en toute sincérité à chaque personne que vous rencontrez. Il se gagne en aidant votre entourage, en ouvrant des portes à vos proches. Il se gagne en mettant toute votre énergie au service de la satisfaction des besoins de votre tribu.

  • Soyez authentiques et généreux. L’internet tend à valoriser ces qualités. Il facilite les regroupements de communautés autour de valeurs et de centres d’intérêt. Pas seulement en ligne, mais aussi hors ligne. Il vous permet de vous construire une réputation auprès d’une audience large.
  • Soyez confiants. Oubliez les petites voix qui vous découragent. Vous avez grandi dans un système où la peur est omniprésente et la pression sociale forte. La France est championne dans ces disciplines. La compétition, la stigmatisation de l’erreur, la dévalorisation de la créativité sont constitutives du système éducatif français.
  • Soyez exigeants. Il ne suffit pas d’être un inconscient persuadé de l’utilité de son réseau social pour hamster pour réussir. Maintenez un très fort niveau d’exigence dans tout ce que vous entreprenez. Ne vous contentez pas de l’à-peu-près. Tentez beaucoup, écoutez tout le monde, ajustez le tir. Ne vous reposez jamais sur vos lauriers.

Les campagnes de marketing froides et massives, les achats de like détournés ne vous feront jamais gagner le soutien sincère d’une tribu. Une tribu réunie par l’argent est un colosse aux pieds d’argile. Coupez l’argent et votre tribu meure. Comprendre les médias sociaux et maitriser divers outils de communication est cependant essentiel, mais ce n’est pas le sujet de ce billet.

Gagnez votre liberté

La caractéristique commune des entrepreneurs à succès et des grands leaders, c’est cette capacité à s’investir corps et âmes dans leurs projets, avec la conviction profonde que malgré les épreuves ils y arriveront.

Cette confiance lucide et inébranlable leur donne la capacité d’inspirer leurs semblables, la force d’entrainer dans leur sillage une tribu, les moyens de gagner la foule.

Cette conviction qu’il ne leur arrivera rien s’avère être bien souvent une prophétie auto-réalisatrice. Cette passion et cet engagement les amèneront à côtoyer beaucoup de monde et à gagner leur sympathie et leur soutien. Lorsque quelqu’un bénéficie du soutien d’un grand nombre de personnes, sa survie et sa sécurité matérielle est assurée. La plupart du temps, votre projet, grâce à ces personnes, sera couronné de succès. Mais quand bien même votre projet initial échouerait, Jean Louis vous proposera de donner des cours dans telle université, Jean Michel vous poposera de gérer ce projet, Jean Philippe vous demandera de l’assister dans sa communication et Marie Jeanne vous proposera peut être l’asile. Bref vous pourrez manger et avoir un toit.

Gagnez la foule, et vous gagnerez votre liberté !!!