Petit rappel de l’article précédent :
La naissance d’une économie numérique aboutissant à la dématérialisation des infrastructures remet en cause l’analyse classique du marché du travail. Inversion ironique de l’histoire et bonne nouvelle pour les  cro-magnons qui peuvent à nouveau s’approprier leurs outils pour partir à la chasse en groupe ou en solo.

Vers une économie de réseaux

Si de plus en plus de travailleurs sont capables d’accéder aux infrastructures numériques et donc de se lancer à leur compte, le salariat devient une simple modalité d’association coexistant avec la cogérance, les partenariats d’autoentrepreneurs ou les réseaux d’entreprises partenaires.

« L’organisation du monde professionnel quitte l’économie de marché pour entrer dans une économie de réseaux et d’écosystèmes de clusters. » humainaucoeurdunumérique

Cela remet en cause beaucoup de choses dans la façon dont on aborde le « monde du travail ». Les processus de recrutement devront changer. Les méthodes de formation aussi.
Il n’est plus question de vendre une simple force de travail dont la valeur est représentée par un diplôme ou un CV, il s’agit désormais de faire valoir ses compétences réelles à travers des réalisations.

Il faut un enseignement capable de former des gens directement compétents, indépendants et entreprenants. Des gens capables de communiquer et de travailler en réseau. Trop souvent, les écoles françaises forment des exécutants de luxe, des jeunes ayant prouvés qu’ils pouvaient rentrer dans n’importe quel moule, se transformer en pâte à modeler et vendre indistinctement des poires de douche ou des SSII…

Quatre techniques de Mutin Malin pour avoir un bon boulot dans ce nouveau contexte

 

N’oubliez pas que vous ne « cherchez » pas du travail. Vous possédez déjà les outils nécessaires pour travailler et pour communiquer alors n’attendez pas qu’un travail vous tombe dans le bec et mettez-vous à l’ouvrage !

Vous ne « cherchez » pas du travail, vous cherchez à vous insérer dans un environnement.

Par conséquent, vos principales préoccupations seront de faire connaitre vos compétences et de les améliorer.

De plus en plus, les gens se font un avis de vous par vos réalisations et non par vos promesses, votre statut social ou votre diplôme. C’est pourquoi, si vous cherchez une activité, il faut penser à se constituer un « book » à la manière des graphistes et ce, quel que soit votre domaine d’activité.

Toujours à l’affût, Mutin Malin nous a signalé quelques techniques possibles s’insérer dans l’écosystème économique par vos réalisations :

Lancez un blog

Lancez un blog ne coûte rien. En revanche, il s’agit d’une activité très vorace en temps. Ca tombe bien, du temps, vous en avez. Un blog riche, pertinent et bien alimenté en dira beaucoup plus sur vous que n’importe quel CV. Il permettra au lecteur/recruteur de connaître vos valeurs et surtout, de voir vos compétences en action. Tenir un blog régulièrement ne serait-ce que 6 mois demande un effort considérable. Il démontrera un réel enthousiasme pour les thèmes traités et une véritable force de volonté. C’est tout bon pour trouver de futurs partenaires ou d’éventuels recruteurs.
Il sera également l’endroit idéal pour affuter vos compétences littéraires ou SEO et vos connaissances relatives au secteur convoité. Veillez toutefois à respecter quelques règles d’or pour un blog réussi.

Utilisez intelligemment votre mémoire

Si vous êtes étudiant, pensez à utiliser votre mémoire (ou votre thèse) comme outil de recrutement. Prenez un sujet qui vous intéresse vraiment et qui touche à un domaine dans lequel vous voudriez travailler par la suite. Votre travail de mémoire sera une excellente occasion d’interroger les gros bonnets du secteur sur lequel vous vous êtes penché. Ceux-ci seront heureux de partager leur expérience, d’avoir l’opportunité d’aborder des questions de fond et de lire votre œuvre une fois celle-ci achevée. Vous nouerez avec eux une relation saine, basée sur des centres d’intérêt communs et un dialogue désintéressé. Si vous gérez bien l’entrevue, vos interlocuteurs ressortiront de l’échange en se disant « voilà une personne fort sympathique qui connaît bien le secteur et qui pose les bonnes questions ». Il est probable qu’ils penseront à vous lorsqu’ils chercheront quelqu’un pour une mission prochaine .

Osez sortir du lot

Pour trouver le job qui leur plait, certains n’hésitent pas à créer un CV vidéo sur Youtube. Le CV vidéo peut être une bonne idée mais c’est un exercice très casse-gueule. Certains s’en tirent bien, d’autres moins ….
Certains choisissent de montrer ce qu’ils savent faire en parlant d’eux d’une manière différente. C’est ainsi que Jon Lajoie a su se faire connaitre. Le web est une vitrine formidable capable d’offrir une audience phénoménale à des gens n’ayant pas investi un kopek dans un budget com, il récompense l’audace et la créativité. Vous pouvez potentiellement exposer vos réalisations à un grand nombre d’individus et intéresser de futurs partenaires/employés/clients …

Créez votre autoentreprise

Il est tout à fait possible et même de plus en plus fréquent de créer une autoentreprise en vue d’obtenir un poste plus important par la suite. l’autoentreprise, malgré ses défauts, reste un bon outil pour tester une idée, générer de l’activité et rencontrer des gens. Une expérience réussie est une excellente porte ouverte pour évoluer vers une activité de plus grande envergure.

Author

William

4 thoughts on “Comment s’insérer dans l’écosystème aujourd’hui

  1. Pascale on 18 février 2011 at 8 h 24 min Répondre

    Pour les formations, je comprends ce que vous dites, cependant tout le monde n’est pas dans cet état de conscience là pour l’instant, il est nécessaire d’être en fin de conscience individuelle et en début de conscience d’ensemble et seules les formations ne suffiront pas.
    C’est le niveau de conscience de chacun qui doit se transformer et cela ne se fait pas sur les bancs de l’école seulement, mais bien aussi et surtout à l’école de la vie et progressivement sur des générations et cela me parait primordial et évident. Et les interactions sont multiples.
    Ne pas oublier que nous faisons partie d’un tout. Et que seul le numérique ne changera pas le tout et que notre métier n’est qu’une part de notre vie.
    Les réseaux de toutes formes physiques, numériques, éthériques… et de toutes sortes sont effectivement, bien nécessaires et permettent d’autres modes de fonctionnement, des ouvertures au monde autrement.

    Et le tout est très très subtil et se joue à bien des niveaux…. que l’on en ait conscience ou non.

    « Aucun problème ne peut être résolu, sans changer le niveau de conscience qui l’a engendré » Einstein

    Cependant « Rien n’arrête une idée dont le temps est venu » Victor Hugo.

    Et on le voit bien avec tout ce qui se passe actuellement sur la planète à titre individuel et collectif.

    1. Eric on 18 février 2011 at 12 h 15 min Répondre

      Pascale, j’aime beaucoup votre réflexion sur les états de conscience qui doivent évoluer et les deux citations que vous utiliser sont extrêmement bienvenues. Complètement d’accord sur cette nécessité d’une prise de conscience progressive d’un nouveau paradigme. Vous signalez que cela va prendre du temps et c’est juste ! L’enthousiasme est cependant nécessaire pour raccourcir au maximum ce temps.

      En ce qui concerne le côté exclusivement numérique du phénomène de conscience d’ensemble, c’est une vraie question. Il existe deja des projets de type open source pour la production d’objets physiques par exemple. Je pense que cette tendance va déteindre sur l’ensemble de la société. Il existera bien sur toujours des domaines échappant à ce cadre, mais la frontière ne sera pas nécessairement celle physique/numérique. A voir, avec impatience 🙂

  2. William on 18 février 2011 at 11 h 51 min Répondre

    Merci Pascale pour votre commentaire.

    Je ne sais pas si l’on peut parler de fin de conscience individuelle, je dirais plutôt une ré-immersion de la conscience individuelle dans la conscience collective. Cette immersion qui existait auparavant au sein de classes sociales ou de nations avait été mise à mal par l’affaiblissement des institutions traditionnelles (Etat-nation, religions, famille, classes sociales…). Aujourd’hui, une nouvelle forme de conscience collective semble se dessiner avec un lien social fondé sur des objectifs communs. On en voit quelques réalisations avec les évènements dans le monde arabe, avec Wikileaks, les Anonymous et leur canon LOIC, les réalisations open-source etc…

    En revanche, vous avez raison de dire que la formation reçue est loin d’être le vecteur unique de ce changement culturel. L’enseignement traditionnel est même plutôt à la traine. Il va devoir évoluer rapidement …

  3. Pascale on 18 février 2011 at 18 h 00 min Répondre

    Merci William et Eric pour vos réponses.

    Quand je dis fin de conscience individuelle, c’est que je me réfère à la courbe d’involution/évolution qui est une sinusoïde : En haut à gauche conscience de masse, en bas de la courbe, conscience individuelle et en haut à droite conscience d’ensemble, donc c’est une évolution progressive de l’humanité depuis de tout temps, sachant que tout à chacun, chaque pays, nation… en est à des stades différents. Donc une fois qu’on est un individu, une individualité à part entière on le reste, mais on passe à une autre forme du collectif, qui n’a rien à voir avec la masse…. Et c’est progressif. Ce n’est pas un retour, mais une nouvelle étape et donc dans un état de conscience bien différent.

    Oui au niveau de l’enseignement il y a du boulot. Et pas que là d’ailleurs, ce sont tous les systèmes en cours qui sont à revoir et cela va se faire en son temps de façon progressive ou plus rapidement selon les cas. Apprendre à vivre la communauté autrement à tous les niveaux…

    C’est une façon de voir les choses et il y en a bien d’autres…

    Oui et l’enthousiasme est de rigueur… Et la patience ou l’impatience les 2 sont bons mon capitaine. J’aimerais parfois que les choses aillent plus vite, et en même temps la maturation est nécessaire, pour justement qu’une masse critique suffisante soit prête, pour faire basculer le tout. Ce qui est en train d’arriver progressivement d’ailleurs…

    Les idées mettant entre 3 ans et 50 ans pour prendre forme selon leur taille… Il faut bien des pionniers et des penseurs regroupés objectivement ou subjectivement pour faire descendre tout ça. Cependant après nécessité que les autres suivent, sinon on se retrouve tout seul ou toute seule en tête ou presque…. Et là le coworking n’est pas évident… Et la mise en oeuvre non plus…

    Alors en route… Continuons !

Leave a Comment Cancel Comment

Your email address will not be published. Marked fields are required.