La Pyramide de Maslow du coworking

Vous souvenez-vous de la bonne vieille pyramide de Maslow que l’on vous a sans doute enseignée à l’école ? Vous savez, cette pyramide des besoins humains qui permet de les classer et de les hiérarchiser d’une manière dynamique … Si l’on en croit Maslow, les besoins situés à la base de la pyramide doivent être globalement satisfaits pour rendre possible la réalisation des besoins supérieurs.

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Cité Digitale, Cité Idéale ?

Demain, les chiens (en anglais City) est un roman de science-fiction culte écrit par l’auteur américain Clifford D. Simak en 1944.

Ce livre se compose d’un ensemble de « contes » qui sont en fait d’anciens textes écrit par l’espèce humaine, disparue au moment du récit et remplacée par la race des chiens, devenue intelligente. Ces contes sont pour les Chiens, une source inépuisable de discussions ; « les humains ont ils réellement existé ? » « Ne sont-ils pas une espèce de divinités mystiques inventées par les Chiens ? » « Ces textes doivent-t-ils être interprétés au sens symbolique ? »…

Mais les Chiens s’interrogent également sur l’organisation de la société humaine et mènent une réflexion particulièrement intéressante sur la cité. Dans les premiers contes, on assiste au délitement des villes humaines, conséquence de l’extrême mobilité géographique qu’ont atteint les hommes et qui leur permet de se déplacer quasiment instantanément d’un point à un autre de la planète, sans effort ni frais particulier.

Pour Simak, ce phénomène suffit à anéantir l’intérêt de la cité.

N’ayant plus matériellement besoin de vivre à proximité d’autres humains, les hommes préfèreraient vivre isolés dans de grands espaces naturels, en familles restreintes et bichonnés par des robots domestiques.

Pour Simak, si les hommes se rassemblent sous forme de villes, ce serait simplement pour être en mesure de produire de quoi satisfaire leurs existences matérielles … L’hypothèse est intéressante et nous invite à réfléchir sur la raison d’être des villes à l’heure où les technologies nous permettent de travailler d’à peu près n’importe où.

Cité Grecque vs Ville Industrielle

Quittons la science-fiction pour en revenir à l’histoire. A travers le temps et les révolutions économiques, la cité a vécu plusieurs mutations majeures dans le rôle que les hommes lui ont attribué :

Dans l’antiquité jusqu’à la renaissance, les villes ne sont pas des lieux directement productifs, les hommes estimaient généralement que la richesse provenaient de la terre. Elles sont conçues comme des « espaces de friction ». Des espaces d’échange de rencontres et de célébrations. Des terreaux fertiles pour les idées et les projets.

Dans la cité grecque, c’est la place du marché qui constitue généralement le centre-ville. Viennent ensuite le Temple, centre des célébrations religieuses et l’assemblée, centre de la vie politique.

Pour Aristote, la cité est groupe « d’animaux politiques » réunis par un choix de vie commune (Politique, 1252 – 1254). Cette vie commune est assurée et consolidée par la référence à un même passé mythique, à des héros communs, à des rites et des lois intégrées et partagées.

C’est la promesse que fait la Cité grecque à ses citoyens. « Viens t’abriter dans mon enceinte si tu veux vivre selon des lois qui te conviennent avec des gens qui te sont chers et qui pourront te permettre de progresser. »

La révolution industrielle a bouleversé l’organisation de la cité en même temps que sa raison d’être. En très peu de temps, la cité, autrefois considérée comme un espace de création culturelle, politique et spirituelle, devient un espace productif. Les villes s’agrandissent et se rationnalisent. Des artères droites et fonctionnelles sont taillés dans les anciennes routes sinueuses, des chemins de fer relient les hommes de leurs lieux de travail à leurs habitations et l’on arrête d’y construire des monuments pour bâtir des manufactures et des bureaux.

La ville, telle qu’elle s’est développée à l’époque industrielle avait donc pour vocation première de rassembler, dans un même lieu, des hommes et des infrastructures productives.

La promesse de la ville industrielle est nettement plus prosaïque que sa version antique : «Venez à moi, et vous n’aurez plus jamais faim !!!»

Cité industrielle

Pour Aristote, vivre dans la cité grecque relevait d’un choix. Mais vivre dans la ville industrielle a été une nécessité économique comme l’a montré l’exode rural qui a forcé (et force encore) des millions de paysans à quitter leurs terres afin de trouver leur pitance dans des industries urbaines toujours avides de main d’œuvres bon marché.

Dans cette cité que l’on subit, l’hypothèse de Simak ; l’abandon de la ville en cas de déconnexion entre lieu de travail et lieu de résidence, paraît logique, mais est-ce vraiment le destin qui attend nos cités ?

Naissance de la Cité numérique

Aujourd’hui, ce n’est plus tant l’agriculture, ni l’industrie qui fournissent les nouvelles sources de valeur dans les pays occidentaux. Cette valeur se transfère de plus en plus dans une toile numérique totalement dématérialisée. Pour produire, les seules conditions matérielles sont d’avoir un ordinateur et une connexion internet.

Alors à quoi bon s’entasser dans des lieux grouillants et chers, parfois moches et pollués lorsque l’on pourrait, sans perte significative de revenus, s’installer dans de vertes prairies et se balancer mollement dans une rocking chair, une pipe au bec, en contemplant les reflets du soleil couchant sur la rivière ?

Voilà une question qui redevient centrale en cette période où la révolution numérique a déconnecté mobilité et productivité. Voilà une question à laquelle la Cité devra répondre. Il en va de sa survie.

La ville aujourd’hui doit se réinventer. Et mon sentiment est qu’elle ressemblera davantage à la version grecque ou médiévale qu’à la version industrielle dont l’ossature vieillissante convient de moins en moins à nos nouvelles façons de vivre et de travailler.

La cité numérique ne sera pas un lieu purement fonctionnel, elle devra être exubérante afin de favoriser la créativité. Elle devra permette de faciliter les rencontres et les opportunités. Elle devra être une cité festive, culturelle, politique et spirituelle. Elle devra être capable de donner du relief aux relations qui naissent sur Internet et qui ne trouvent pas encore d’incarnations idéales.

Enfin, elle ne sera pas un lieu que l’on subit, mais un espace dans lequel on fait le choix de vivre. Elle doit donc pouvoir tenir et réaliser une promesse de vivre ensemble. Et pour cela, écoutons une fois de plus Aristote lorsqu’il nous dit que la vie de la cité est unie par «un passé mythique, des héros communs, des rites et ces lois intégrées et partagées… »

Cité Tron

10 outils Google pour tuner votre site

Ce weekend, Mutin Malin est allé faire un tour du côté de Mountain View et nous revient, fringuant et sympa, avec un article destiné à tous ceux qui gèrent et développent des sites web. Après les 10 astuces de Mutin Malin pour chercher sur google, après une réflexion sur la construction de notre ombre numérique, Google est de nouveau sur le pont avec ces 10 outils gratuits qui vous aideront à piloter et à améliorer vos sites web.

Avant-propos

La stratégie de Google consistant à fournir aux développeurs et aux possesseurs de sites des outils gratuits et performants a fait ses preuves. Elle a permit de rassembler une communauté de geeks talentueux autour de la marque. Le soutien que Google a gagné de la part de ces développeurs est mérité : Google a su mettre en place une série d’excellents outils gratuits permettant de construire, de maintenir et d’améliorer son site web. Pour les entrepreneurs ou les freelances, ces outils s’avèrent souvent indispensables. En voici une petite sélection divisée en deux parties : les outils pour tous, et ceux pour les mutins les plus avertis.

Les outils pour tous

1. Google Analytics

Google Analytics
L’incontournable Google Analytics vous permet de disposer de statistiques précises sur votre site web. Bien utilisé, Analytics sera votre meilleur copain pour comprendre qui sont vos utilisateurs et quelles sont leurs attentes. Je passerais brièvement sur ce must have, car beaucoup d’entre vous sont certainement déjà familiers avec la bête. Si vous souhaitez en savoir plus, vous trouverez de nombreux tutoriels sur le web, mais également une aide bien documentée par Google.

2. Webmaster tools

Google Webmaster tools
Encore un classique que les plus avertis d’entre vous s’empresseront de sauter en conspuant le classicisme de Mutin Malin. Mais il est difficile de l’éviter celui-là, notamment si vous avez quelques ambitions en terme de référencement.  Google webmaster tools vous donnera un bon aperçu de votre site sur le web. Quelles pages de votre site sont populaires ? Quels sites « pointent » vers vous ? Quels sont les mots clés définissant mon site ?

En plus de cela, Webmaster Tools vous permettra d’optimiser l’indexation de votre site web en vous donnant la possibilité de soumette à Google une sitemap. Cette sitemap permet aux robots Google de savoir ce qu’ils doivent indexer où non sur votre site et à quelle fréquence le faire. Enfin, Webmaster tools vous aide à déterminer quelles sont les problèmes de votre site web et va jusqu’à vous proposer des pistes d’amélioration… De même que tous les produits Google, la doc vous permettra d’apprendre à tirer parti de cet outil.

3. Browser Size

Google Browser Size
Tout web designer qui se respecte se retrouve confronté au problème des différentes configurations d’écran des internautes. Cet outil d’une simplicité déconcertante vous permet de savoir quelle partie de votre site sera visible sans avoir à « scroller ». Bien utile quand vous souhaitez mettre en avant un « call to action« .

4. Google sites

Google sites
Comme son nom l’indique, Google site est un outil permettant de… Créer des sites. En toute simplicité, sans connaissance de code préalable. Sa bonne intégration avec l’ensemble des outils Google permet une insertion facile de vidéos Youtube, de diaporamas, de calendriers Gmail, de widgets, de documents Google Docs etc… Ce ne sera pas le site de l’année mais vous pouvez créer un site privé qui vous servira par exemple de documentation interne. Malin Mutin Malin !

5. Google Chart tools

Google Chart Tools
Si comme Mutin Malin, vous êtes plutôt visuel, vous conviendrez qu’un austère tableau excel ne permet pas une bonne vue d’ensemble lorsque les informations sont nombreuses. Google Chart Tools vous aidera à construire des graphiques, des camemberts, des cartes… que vous pourrez facilement intégrer à votre site web. En plus de ça, ces outils vous permettent d’augmenter l’interactivité  de vos utilisateurs avec vos graphiques en prenant en compte les survols de souris, les clics etc… Bien pratique.

6. Google website optimizer

Google Website optimizer
La « usability » est une problématique centrale des web designers et des développeurs. Google Website Optimizer vous permet d’optimiser vos pages web en vous permettant de « tester » plusieurs designs et de les comparer. En clair, cela vous permet de faire un split test sur vos différentes idées et de retenir la plus efficace. Très efficace pour des magasins en ligne…

Pour ceux qui lisent dans les entrailles

7. Google Code Search

Code search
Vous êtes bloqué dans votre avancement sur une fonction que vous n’arrivez pas à mettre en place ? Vous voulez savoir comment d’autres développeurs s’y sont pris pour faire fonctionner tout ça ? Lorsque vous êtes designer, vous trouverez de l’inspiration grâce aux nombreux sites regroupant des designs sympas. Pour les développeurs, c’est plus difficile, bien que la partie créative soit très présente et que par conséquent les modèles soient importants.

Google Code Search parcourt et indexe les fragments de code que les développeurs et programmeurs ont semé ça et là. Vous pourrez trouvez votre bonheur grâce à cet outil facilitant la recherche.

8. Google Chrome Developer tools

Google Chrome Developer tools
La plupart des développeurs s’accorderont sur l’importance de pouvoir tester et débugger son site directement sur un navigateur. C’est d’ailleurs ce qui a conduit à la diffusion massive du (génial) plugin Firebug et de la Developer Toolbar.

Google Chrome, le navigateur de Google vous permet de retrouver la plupart des fonctionnalités de firebug directement dans votre navigateur. Vous retrouverez l’inspecteur, le debugger, le testeur de scripts etc… Bien utile.

9. Speed Tracer

Speed Tracer
Un but simple et noble : vous permettre d’optimiser vos temps de chargement en vous en donnant une représentation visuelle. Google prend en compte la vitesse de chargement de votre site web pour le référencement, et les études montrent l’importance d’avoir une page web qui se charge rapidement pour vos utilisateurs. Pa conséquent, cet outil s’avère fort utile pour optimiser votre site. Page speed, add-on pour Firebug peut également vous aider sur ce coup là.

10. Google web Toolkit

Google Web Toolkit
Cet outil donne au développeurs un bon framework pour développer des applications solides et propres.toolkit

conclusion

Merci Google ! Il existe encore de nombreuses applications Google (Google Ajax Libraries, Project Hosting, App Engine…) Cette liste n’est pas exhaustive. N’hésitez pas à rajouter en commentaire vos favorites pour vous aider dans le développement de sites web.

références:

Six revisions

Le dilemme du crevard

Un cas de conscience

Il y a un mois, suite à une rencontre au salon des entrepreneurs, Mutinerie décide de prendre part au concours MoovJee qui vise à soutenir des projets de création d’entreprise de jeunes entrepreneurs. C’est dans le cadre de ce concours que nous décidons de participer au prix du public. Il s’agit de produire un court spot où l’on présente son projet au public qui vote ensuite pour celui qu’il préfère. La vidéo qui aura obtenu le plus de like recevra un prix de 5000 euros. L’idée nous séduit car le concours est simple, sans lourdeurs administratives excessives et s’adresse aux jeunes. Quelques jours après, notre vidéo est en ligne sur la fanpage de MoovJee. La vidéo a été agrémentée d’une bonne trentaine de secondes de publicité MooveJee. Ok, c’est de bonne guerre… Notre nom de famille n’est pas orthographié correctement mais ne nous formalisons pas; nous sommes habitués et magnanimes…

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Ivres Ensemble ! (passé)

Avis à tous les mutins, les aspirants mutins, les lecteurs mutins et autres mutins-friendly : nous nous réunirons ce lundi 21 mars pour fêter le printemps (mais aussi l’anniversaire de Mutin Pèlerin) en buvant quelques verres de tipunch ou quelques godets de bière pour les moins téméraires.

Nous serons ravi de vous voir lundi prochain à partir de 19h00 à l’Entrée des Artistes (8 Rue Crussol , 75011 Paris)  métro fille du calvaire ou Oberkampf (tout proche de Mutinerie Coworking Beta). Voici l’adresse de l’évènement facebook. Nous espérons vous y voir !

Qu’est-ce qu’une femme?

Le 8 mars s’est tenue la journée internationale des droits des femmes. Le féminisme a revêtu des formes diverses dans l’histoire et reste aujourd’hui un concept protéiforme sujet à controverses. A mes yeux, être féministe, c’est surtout abandonner toute idée pré-conçue de ce qu’est une femme et plus encore de ce que ce doit être une femme. Petit éclairage back to basics sur le sujet…

Mâles, Femelles, Trav, Trans…

Qu’est-ce qu’une femme? Cette question paraît stupide. Mais est-ce parce que la réponse est évidente et sans appel ou plutôt parce ce que justement, à y réfléchir, la réponse est loin d’être simple ?

Quelques rappels de génétique

La 23ème paire de chromosomes humains est composée des célèbres chromosomes sexuels X et Y. C’est cette paire qui détermine le sexe d’un individu. Le sexe d’un être humain est déterminé génétiquement: les femmes sont XX, alors que les hommes sont XY. Enfin, ce n’est pas toujours aussi simple que ça. Il y a en effet parmi nous des individus qui se trouvent dotés tout à la fois des organes génitaux masculins et féminins. Génétiquement, ils peuvent avoir un troisième chromosome et être XXY, ou bien être simplement XX ou encore XY! Bref, même si ça marche quand même assez bien, on ne peut donc pas définir une femme du seul point de vue de la génétique..

Regard du côté du monde animal

Darwin nous a appris à regarder du côté de nos cousins du monde animal pour mieux comprendre ce que nous sommes. Nous pouvons alors nous rendre compte qu’il n’est pas plus facile de définir génétiquement ce qu’est une femelle. Ou plutôt, on observe que la différence entre mâle et femelle est parfois ténue, quand déjà on peut encore parler de mâles et de femelles…

  • Les escargots sont hermaphrodites: ils sont à la fois mâles et femelles, et peuvent d’ailleurs s’auto-féconder.
  • Les Mérous et les grenouilles seraient aussi hermaphrodites: il leur arriverait de changer de sexe, tout comme les dinosaures, rappelez-vous Jurassic Park…
  • Chez les tortues, si les gènes jouent un rôle dans la détermination sexuelle, le sexe d’un individu dépendrait surtout de la température à un moment donné de l’incubation
  • Certaines espèces de mammifères (ex: souris d’Amérique latine), une fraction des femelles sont XY au lieu d’être XX. Les femelles XY sont par dessus le marché plus fécondes que leurs congénères.
  • Chez d’autres espèces (rat-taupe d’Arménie), il n’y a qu’un seul chromosome sexuel, X. Ils sont pourtant bien mâles ou femelles, et jouissent d’une sexualité normale.
  • De nombreux vertébrés à sang froid (ex: reptiles) n’ont tout simplement pas de chromosomes sexuels.

Un étrange monsieur Y

Sans rentrer dans le détail des différents systèmes de détermination sexuelle, le chromosome Y est au cœur de la différenciation sexuelle dans l’espèce humaine: un Y t’es un homme, pas de Y t’es une femme (aux exceptions près qui confirment la règle…). Ce chromosome Y, commun à de nombreuses espèces, n’a néanmoins pas aujourd’hui un rôle toujours aussi tranché. Le chromosome Y a-t-il toujours été celui que nous connaissons ?

L’origine du chromosome Y

Dans une paire de chromosomes classiques, les deux chromosomes sont homologues (jumeaux), or la paire de chromosomes sexuels a cette particularité de ne pas être homologue: X et Y sont très différents, du moins aujourd’hui. Nous savions aussi déjà depuis longtemps que X et Y avaient des points communs. Si cela constitue un premier symptôme de parenté, la réalité est encore plus croustillante que ça !

A l’origine, ces chromosomes, qui ne méritaient pas encore le qualificatif « sexuels », formaient une paire homologue. Le chromosome Y est en fait un X dégénéré

Pourtant, avant que Y ne fasse en effet apparition il y a environ 200 millions d’années, les deux genres existaient déjà (la reproduction sexuée est apparue il y a près de 1 milliard d’année). La détermination sexuelle de nos ancêtres de l’époque nous rappelle naturellement le fameux rat-taupe d’Arménie ou tout simplement les reptiles. A savoir, nous n’avions pas de chromosomes sexuels, et le sexe d’un individu n’était pas déterminé génétiquement, mais surtout par des conditions environnementales (ex: température) au cours de l’incubation.

La nature étant créative, on pourrait imaginer des scénarios plus insolites.. Les intrépides pourront découvrir avec plaisir d’autres mécanismes de détermination sexuelle exotiques.

La malédiction d’Adam

Quand on regarde l’évolution génétique du chromosome Y, il s’avère qu’il évolue beaucoup plus rapidement que ses frères et sœurs. Une étude du MIT publiée dans la revue Nature de janvier 2010 mettait notamment en évidence que si le chimpanzé et l’homme était génétiquement identiques à 99% sur l’ensemble de leurs génomes respectifs, ce niveau chutait à 70% à l’échelle de leurs seuls chromosomes Y. Cela s’explique par le fait que le Y ne se présente jamais en paire homologue YY. Là où tout autre chromosome peut réparer un incident de réplication génétique en dupliquant la séquence perdue depuis son chromosome homologue, le Y accuse de plein fouet toute mutation sans possibilité de backup.

Le chromosome Y est voué à disparaître… d’ici 10 millions d’années

Cette volatilité du Y est mécanique: monsieur Y est en effet coincé dans une spirale de dégénérescence qui l’a déjà rendu plus petit et pauvre que le chromosome X. Aussi des experts prédisent que le chromosome Y est voué à disparaître… d’ici 10 millions d’années selon certains d’entre eux. Ce qui serait d’ailleurs déjà le cas pour notre vénéré rat-taupe d’Arménie, et de sombres poissons vivant dans des lacs russes.

Rat-Taupe

Cela signifie-t-il pour autant que la femme est l’avenir de l’homme ? Voir l’article de Olivier Postel-Vinay sur ce sujet.

Le célèbre australopithèque Lucy était une femme… avec ou sans balloches ?

Lucy est ce célèbre australopithèque fossilisé datant de 3,2 millions d’années qui a été découvert en 1974. Oui, bon, en général, on se souvient surtout de l’excellente chanson des Beatles « Lucy in the Sky with Diamonds » qui a donné son nom à cet hominidé de 1m10. With diamonds… hum and maybe with balls too (genre Cristiano Ronaldo). La question se pose réellement et fait encore l’objet de débats: Lucy est-elle Lucien ?

Lucy, la première femme ?

La raison en est que déterminer le sexe d’un australopithèque fossilisé et incomplet (Lucy était complet à 40%) n’est pas chose si évidente: le manque de mesures (sur d’autres squelettes d’australopithèques de la même époque) ne permet pas de caractériser suffisamment l’espèce de Lucy donc les propriétés morphologiques propres aux femelles de cette espèce. En d’autres termes, notre connaissance de cette espèce ne permet pas d’affirmer définitivement que Lucy était bien une femelle. Codécouvreur de Lucy, Yves Coppens ouvre lui-même la porte au doute.

«Un chercheur de Zurich a défendu la thèse que Lucy était un homme. Pour des raisons anatomiques, avec les personnes de mon équipe, nous sommes presque sûrs que le bassin de Lucy ne peut être masculin. Mais nous ne disposons, parmi tous les restes d’australopithèques retrouvés, que de deux bassins totalement reconstituables: l’un est celui de Lucy, l’autre a été trouvé en Afrique du Sud. Ces deux bassins se ressemblent beaucoup et ça peut vouloir dire qu’il s’agit deux bassins féminins. Mais nous ne connaissons pas le bassin masculin.»

Yves Coppens, codécouvreur de Lucy, interviewé par Libération en 1999

Par ailleurs, utiliser la taille du bassin comme critère discriminant mâles et femelles australopithèques de l’époque de Lucy signifie déjà poser l’hypothèse d’un tel dimorphisme sexuel (différences morphologiques entre mâles et femelles): il n’est finalement pas certain que mâles et femelles aient eu une taille de bassin significativement différente. Ce critère est peut-être une extrapolation abusive du dimorphisme sexuel chez l’espèce humaine d’aujourd’hui.

Face à une telle incertitude, une autre thèse a été proposée, beaucoup plus insolite… Les ossements de Lucy auraient été découverts dans une grotte. Non loin de là, les paléontologues ont relevé un cumul d’os de petits animaux variés qu’ils ont identifié comme restes de repas, c’est-à-dire une poubelle. Compte-tenu de la configuration de la grotte et des autres éléments qui y ont été découverts, ils auraient conclu que le lieu où se trouvait Lucy était la zone de préparation de la nourriture.

Lucy aurait été trouvée dans une cuisine: l’analyse de l’environnement indiquait clairement aux scientifiques masculins qu’il s’agissait d’une femelle

Bon, je n’ai entendu cette thèse qu’une seule fois, au cours d’une conférence sur le féminisme il y a plusieurs années. Je n’ai pas réussi à rassembler d’infos qui puissent l’étayer, mais je l’aime bien. Cette hypothèse constitue à mes yeux une éloquente illustration de ce que peut être le sexisme et une base intéressante de réflexion.

Sources

– L’Etrange Monsieur Y, article d’Agathe Chaigne paru dans Le Monde du 30 janvier 2010

Le chromosome Y Humain, portraits croisés de Françoise Ibarrondo et Gilles Camus

Lucy, Australopithèque sur Dinosoria.com

L’obsolescence programmée : la face cachée de la société de consommation

  • Pourquoi n’ai-je jamais réussi à faire réparer une imprimante en panne ?
  • Pourquoi la bicyclette de mes grands-parents a-t-elle enterrée trois générations de vélos plus récents ?
  • Pourquoi n’ai-je jamais pu remplacer le chargeur cassé de mon ancien téléphone portable pourtant en parfait état de marche ?
  • Pourquoi mon garagiste m’offre-t-il 2000€ pour reprendre ma vieille voiture en échange d’une neuve ?

Si vous ignorez la réponse à ces questions, c’est que vous ne connaissez pas l’obsolescence programmée et que vous n’avez pas encore vu l’excellent documentaire de Cosima Dannoritzer qu’ARTE vient de mettre en ligne.

Pratiquer l’obsolescence programmée signifie tout simplement raccourcir délibérément la durée de vie d’un produit afin d’inciter le consommateur à renouveler son acte d’achat. Il s’agit d’une stratégie couramment utilisée dans certains secteurs. Elle peut être pratiquée à tous les niveaux de l’entreprise ; de la conception au marketing en passant par les services après-vente, les services juridiques ou informatiques.

Le mot d’ordre est simple : Un produit usé est un produit vendu

Le terme d’obsolescence programmée est inventé pendant la Grande dépression des années 1930 par Bernard London, un riche philanthrope américain dans un pamphlet intitulé « Ending the depression throuh planned obsolecence ». Ce texte est particulièrement riche d’enseignements dans la période de crise que traversent les économies occidentales. L’analyse de London est la suivante :

« Les économistes classiques avaient développés leurs théories sur la base d’une nature avare et sur l’hypothèse que l’espèce humaine serait constamment confrontée au manque. (…)

Mais aujourd’hui, la technologie moderne et ses applications dans l’économie ont permis d’augmenter la productivité à un niveau tel que l’enjeu économique principal n’est plus de stimuler la production mais d’organiser le comportement des consommateurs.

La principale et l’amère ironie de la crise actuelle réside dans le fait que des millions de gens sont privés des standards de vie essentiels alors que les usines, les entrepôts et les magasins débordent de marchandises en surplus à des prix si bas qu’ils freinent la production de biens nouveaux. »

La réponse de London sera simple : limiter légalement la durée de vie des produits en créant un organisme d’Etat qui rachètera les produits « périmés » afin de stimuler la demande d’une manière plus soutenue et plus régulière et de mettre ainsi fin à la crise.

Sa proposition ne sera finalement pas retenue mais son analyse sera assimilée rapidement à tous les niveaux de la société. Stimuler la consommation grâce à l’obsolescence programmée est devenu une préoccupation majeure pour de nombreuses entreprises. Les gouvernements encouragent parfois cette logique comme le montre « la prime à la casse » instaurée dans plusieurs économies occidentales pour lutter contre la baisse de la consommation de voiture fin 2008…

L’obsolescence fonctionnelle

London et la Grande Dépression font comprendre aux acteurs économiques que le monde occidental commence à basculer d’une société de la rareté dans laquelle il faut stimuler la production à une société d’abondance nécessitant une demande très soutenue.

L’obsolescence programmée devient alors un moyen de stimuler artificiellement cette demande. Progressivement, les producteurs mettent en place différentes stratégies d’obsolescence programmée :

Certains produits peuvent être conçus pour avoir une durée de vie limitée et devenir inutilisables après un certain nombre d’utilisations. Le premier cas référencé est celui des ampoules à filament. En 1925, leur durée de vie moyenne d‘une ampoule étaient de 2500 heures mais le cartel de Phoebus (réunissant les principaux producteurs de lampes à incandescence) est parvenu à limiter à 1000 heures la durée de vie de leurs produits afin d’augmenter leurs ventes.

Un autre exemple classique évoqué dans le reportage d’ARTE concerne les imprimantes. Certaines intègrent une puce capable d’enregistrer le nombre de copies produites et de désactiver l’appareil au bout d’un certain nombre d’impressions. Ce type de stratégie s’appelle obsolescence par défaut fonctionnel. C’est historiquement la première forme d’obsolescence programmée mise en place.

Plus astucieux, il est possible d’utiliser des produits associés (téléphones portables/ chargeurs, imprimantes/cartouches d’encres, casques ou écouteurs audio et prises jack …) pour pratiquer l’obsolescence indirecte. Il suffit en effet qu’un chargeur de téléphone tombe en panne pour rendre le téléphone lui-même inutilisable. Lorsque vous irez voir les services après-vente pour remplacer votre chargeur, ceux-ci vous répondront invariablement que pour le même prix ou presque, vous pourriez racheter un téléphone tout neuf…

Mais pourquoi n’existe-il pas un chargeur universel qui fonctionnerait pour tous les téléphones portables ? Tout simplement parce qu’une trop grande compatibilité entre les produits associés permettrait de prolonger leur durée de vie.

On retrouve des stratégies similaires dans l’informatique (Windows 7 par exemple est incompatible avec de nombreux logiciels plus « anciens »). On appelle cela l’obsolescence par incompatibilité.

incompatible

Enfin, certains produits, généralement pour des raisons sanitaires ont une durée de conservation au delà de laquelle ils deviennent obsolètes par péremption. Cela concerne la plupart des produits alimentaires, pharmaceutiques et cosmétiques. Il est possible de raccourcir artificiellement la durée de stockage de ces produits en indiquant comme périmés des produits encore tout à fait consommables. C’est le cas des étiquettes indiquant « à consommer de préférence avant le … ». Consommer le produit après cette date ne signifie pas qu’il est dangereux mais qu’il a simplement dépassé sa date limite d’utilisation optimale à ne pas confondre avec la date limite de consommation.

l’obsolescence marketing

Ces stratégies, aussi ingénieuses soit-elles, sont bien loin d’être parfaites. Elles nuisent à l’image de la marque et génèrent inévitablement de la frustration chez le consommateur. Car c’est bien le consommateur qui fait les frais de l’obsolescence programmée. C’est lui qui doit passer des heures à racheter des produits défectueux, à lutter avec des services après-ventes désireux de lui refourguer de nouveaux produits encore plus périssables. C’est encore lui qui se retrouve perdant financièrement. Et il finit par en prendre conscience …

Si la frustration devient trop grande, les producteurs risquent alors de perdre l’un de leur actif le plus précieux ; la fidélité du client.

C’est pourquoi ces stratégies ne peuvent fonctionner que dans un contexte de faible concurrence dans lequel les consommateurs n’ont pas d’autres choix que de choisir entre Charybde et Scylla ! Elles supposent également un manque d’information des clients sur les produits qu’ils achètent.

L’idéal pour les marques serait que les consommateurs désirent eux-mêmes se débarrasser de leurs produits le plus rapidement possible. Qu’ils rejettent ce qu’ils avaient acheté auparavant se précipitent sur les produits nouveaux. Ainsi, non seulement ils n’en voudraient plus aux marques pratiquant l’obsolescence programmée mais leur seraient reconnaissant de proposer de nouveaux produits…

En 1954, le designer Brooks Stevens, souvent considéré comme le père de l’obsolescence esthétique annonçait :

«Il faut instiller chez le consommateur, l’envie de posséder chose d’un peu plus neuf et d’un peu mieux, un peu plus tôt que nécessaire. »

Pour cela, Stevens a commencé à concevoir des produits destinés à être rapidement démodés. Cela demande une maitrise parfaite des outils de marketing et de communication car le consommateur doit pouvoir être attiré dans un premier temps par le produit et doit s’en lasser par la suite. Il faut être un virtuose de l’ambigüité ; savoir faire des produits beaux sans être attachants, attirants mais incapables de vieillir dignement. Il faut à la fois pouvoir vanter les mérites du nouveau modèle proposé sur le marché et pouvoir le renier quelques années plus tard… (C’est le syndrome de la lessive qui lave plus blanc que blanc).

L’obsolescence esthétique prônée par Stevens est d’un genre inédit ; elle sort du registre uniquement matériel pour rentrer dans le champ culturel. Il s’agit de faire changer les mentalités et les relations qu’entretiennent les hommes avec leur environnement matériel. Il s’agit, comme l’écrira l’économiste Victor Lebow en 1955 de « Transformer l’acte d’achat et l’usage des biens en rituels. » Il faut que nous cherchions « notre satisfaction spirituelle et la satisfaction de notre égo dans la consommation ».

Le programme de Victor Lebow n’est rien de moins qu’une révolution culturelle et même une révolution spirituelle qui amènera à l’émergence d’une nouvelle société ; la société de consommation.

Cet extrait du documentaire « the story of stuff » propose une description intéressante de la mise en place et du fonctionnement de la société de consommation : The story of stuff (partie 5)

Quand la consommation devient un Rituel

Il y a ceux qui peuvent entretenir un flux de consommation soutenu en achetant les dernières nouveautés, en étant capables d’anticiper ou de suivre les tendances et il y a les autres…

Il y a d’un coté ceux qui peuvent surfer sur la crête des vagues, et de l’autre, ceux qui se font balloter par la houle et les courants entretenus par le système consumériste…

Dans un univers en accélération permanente, le timing devient crucial. Serez-vous un « early adopter » ou un « follower » ?

Ce n’est pas la qualité intrinsèque du produit acquis qui vous détermine – ce produit sera de toute façon devenu vieux, démodé et sous-performant d’ici peu – c’est le moment et la façon de le consommer qui envoie le message le plus fort et qui vous différencie le plus :

« J’ai acheté un Ipad avant qu’il sorte en France»

« Je vais en vacances en Slovénie parce que cette destination sera bientôt la nouvelle tendance (comme l’a été la Croatie il y a 5 ans) »

« Je suis prêt a payer ce pull Abercrombie 3 fois plus cher qu’un produit de qualité équivalente pour pouvoir envoyer à mon entourage un message particulier. »

L’acte d’achat devient un prétexte pour faire passer un message. On n’achète pas seulement des produits, on achète des vecteurs d’identité. Mais lorsque nous aurons tous un Ipad, que nous irons tous en Slovénie et que nous porterons tous un pull Abercrombie, il faudra consommer d’autres produits pour nous différencier…

Dans une économie où les choses deviennent rapidement obsolètes, la signification de l’acte d’achat n’est pas du tout la même à l’instant t qu’à l’instant t+1.

La différenciation ne se fait plus par les objets portant en eux un message stable, elle se réalise désormais par un acte d’achat réalisé à un instant donné, un acte rituel qui doit être constamment renouvelé.

Ce système boulimique, toujours avide de marchandises fraîches, parait intenable sur le long terme aussi bien sur le plan écologique que social et économique. Pourtant nous continuons à nous y plier de peur que notre monde ne s’écroule. Nous sommes à ce titre dans une situation assez comparable aux Aztèques qui offraient tous les jours leur lot de vies humaines aux divinités croyant que s’ils mettaient un terme à leurs sinistres offrandes, le Dieu Soleil cesserait d’éclairer l’univers…

Sacrifice

Suite de l’article : les NTIC contre l’obsolescence programmée

En Pleine Tempete

Mutinerie en pleine tempête

Il y a l’avenir qui se fait et l’avenir qu’on fait. L’avenir réel se compose des deux.

Propos sur le bonheur (1928)

Citations de Emile-Auguste Chartier, dit Alain

Chers mutins, aspirants mutins, amis des mutins et mutins friendly,

Vendredi 25 février, une nouvelle journée commence pour Mutinerie. Alors que je m’apprête à aller à l’hôpital chercher Xavier qui sort d’une opération de l’épaule, Eric m’appelle pour m’annoncer qu’un huissier accompagné de la police bloquent l’accès du 16 Oberkampf…  Pas moyen d’avoir accès à notre espace de coworking. C’est chaud…

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dragon ball z fusion

Sortez de votre cave et prenez dix longueurs d’avance

Appartenir à un espace de coworking c’est acquérir un avantage compétitif.

Si vous hésitez encore à rejoindre un espace de coworking à cause du coût des abonnements, lisez la suite et vous verrez qu’il n’y a pas matière à hésiter: vous rembourserez bien vite votre abonnement. Les espaces de coworking  génèrent une énergie collective qui pousse chacun à aller de l’avant dans le développement de son projet et qui vous donnera la confiance nécessaire pour prendre les décisions audacieuses qui vous feront sortir du lot.

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