Nous avons récemment posté le brillant exposé donné dans le cadre des TED Talk par Nigel Marsh sur le thème de l’équilibre vie privée/vie professionnelle. Je ne saurais que trop vous recommander cette vidéo qui en dix minutes aborde les principaux enjeux de ce difficile arbitrage. Cet exposé amène Nigel Marsh à définir les contours d’une vraie réussite, dont la mesure ne se réduit pas exclusivement à l’argent amassé.  Il propose une compréhension plus vaste de l’idée de succès autour de la notion d’équilibre. Celui qui réussit, c’est celui qui parvient à concilier harmonieusement les différentes dimensions de la vie d’un être humain : matérielle, sociale, sexuelle, intellectuelle, émotionnelle et spirituelle.

Dans le plus pur esprit TED – ideas worth spreading – cet ancien corporate warrior analyse l’impact de cette nouvelle définition du succès sur la société dans son ensemble.

Nigel Marsh: I think it can transform society because, if enough people do it, we can change society’s définition of success away from the simplistic notion that the person with the more money when he dies wins to a more thoughfull and balanced définition to what a life well lived looks like.

La question que je me pose aujourd’hui est : En quoi les NTIC tendent à favoriser cette nouvelle définition du succès ?

Car elles rendent techniquement possible un mode de vie plus équilibré

D’abord car nous avons les outils technologiques permettant une meilleure articulation de nos vies professionnelles et personnelles. On peut travailler de n’importe où avec n’importe qui tout en évoluant dans un univers ultra stimulant, dans un environnement en création permanente. Des métiers passionnants peuvent être exercés dans des conditions de liberté exceptionnelles si on les compare avec  le cadre strict d’une vie professionnelle de salarié dans une grosse entreprise.

Ce mode de vie attire de plus en plus de hauts potentiels sentant bien là la possibilité de libérer l’énergie créatrice qu’ils ne peuvent exprimer pleinement dans une grosse structure fortement hiérarchisée (et pour certains de faire fortune ainsi faisant). La crise extraordinaire que traversent les économies occidentales agit comme un catalyseur. La remise en question a lieu aussi bien au niveau des individus que des sociétés. Les gens sortent ébouriffés de cinquante ans de capitalisme triomphant tournant autour du modèle des grandes entreprises. Aujourd’hui je crois que l’on peut dire que ce consensus est brisé mettant ainsi chacun face à soi-même.

Car elles permettent de valoriser la réussite autrement que par l’argent

Tout le monde veut être successful mais que cela signifie il vraiment ? Hélas, bien souvent, le succès est associé à un certain nombre de critères objectifs visibles par tous au lieu d’être le fruit d’une réflexion personnelle profonde. Ne sachant pas bien nous même ce que nous voulons sincèrement, nous voulons ce que les autres veulent. Si l’on ne voit pas votre réussite vous n’avez pas réussi ; c’est pour cela que les Ferraris sont rouges. Lorsque beaucoup vous envient, vous savez alors  que vous avez réussi. Rares sont ceux capables de s’extraire de cette représentation sociale du succès et il est peu probable de voir la nature humaine changer sur ce point. Ce qui change aujourd’hui, c’est que les critères objectifs du succès sont de plus en plus nombreux. On ne peut envier que ce que l’on voit et de plus en plus on voit tout.

Il a beau afficher des photos de lui avec son Jéroboam et deux trois biatchs deux petites semaines par an ; à la neige et au soleil, à Megève ou à Vegas ; il ne trompe plus grand monde. Même bien marketé ça sent pas bon… Toute la journée il courbe le dos et serre les dents; ils sont de moins en moins nombreux à admirer ses cicatrices. Aujourd’hui nos vies sont visibles, la bulle est transparente. La servitude professionnelle est de plus en plus médiatisée. Chacun dispose de nombreux éléments lui permettant d’évaluer le degré de réussite de l’autre. L’argent n’est plus le maître étalon… il y a maintenant le nombre de friends… sic (& sick).

Author

Antoine van den Broek

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