Quand en 2012, nous avons lancé Mutinerie, nous avions la conviction que le coworking allait être un fer de lance de la révolution du monde du travail. Avec la communauté de Mutinerie, nous avons mis en pratique de nouvelles façons de travailler, plus libres, plus souples bien sûr, mais également plus ouvertes et plus conviviales. Nous voyons au quotidien les fruits de cette nouvelle forme d’organisation et souhaitons la partager à tous car elle n’est pas réservée aux travailleurs indépendants.

Voici 5 façons de travailler que nous avons expérimentées dans nos espaces de coworking mais qui après tout, peuvent tout aussi bien s’appliquer en entreprise : 

1. Mobilité

Pour les travailleurs indépendants, les entrepreneurs et un nombre croissant de jeunes entreprises, la mobilité professionnelle est désormais une évidence.

C’est dans les espaces de coworking que beaucoup de ces nouveaux travailleurs se retrouvent régulièrement pour échanger, se connecter, apprendre et retrouver de l’énergie. Ils peuvent désormais naviguer d’un espace à l’autre en utilisant des solutions comme Copass, qui offre un abonnement dans des espaces partagés partout dans le monde, ils peuvent passer quelques jours de travail au vert, pour rompre avec leur environnement habituel, trouver le calme et l’inspiration dont ils ont besoin. Ils peuvent choisir de travailler chez eux, dans un café, chez le client… Bref, le travail n’est plus un lieu et le monde des indépendants commence à en tirer clairement parti.

Le bureau pour autant reste utile voire indispensable mais il change de fonction, on ne vient plus au bureau pour avoir accès aux machines indispensables à la production, on y vient pour trouver un cadre propice au travail, à l’échange, à l’apprentissage, à la motivation et en définitive, à la productivité.

De nombreuses études ont prouvé l’efficacité du télétravail pour les salariés et les outils numériques permettent à la fois : de structurer le travail d’équipes éclatées géographiquement et, de contrôler correctement le travail de chacun.

En outre, offrir quelques jours de mobilité aux salariés tous les mois est un atout pour votre recrutement qui permettra de dénicher et de garder ses meilleurs éléments… Alors pourquoi s’en priver ?

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2. Convivialité

Puisque vie professionnelle et vie personnelle débordent de plus en plus les unes sur les autres, les salariés sont en demande d’une expérience globale de l’entreprise qui inclue travail, formation, rencontres, expression de soi, implication dans un collectif etc.

Quand on accède à ses mails pros à minuit en pyjama et qu’on passe du temps sur Facebook au boulot, on ne peut plus clairement distinguer travail et vie privée, on veut une vie qui ait du sens dans sa globalité.

Ce sentiment est déjà presque unanime chez les jeunes travailleurs, qui ont grandi avec le numérique et prend de l’ampleur chez toutes les générations.

L’entreprise doit désormais se soucier de proposer une expérience globale et répondre du mieux possible aux besoins de la pyramide de Maslow du travailleur ! La structure froide et fonctionnelle doit changer. Cela ne veut pas dire abaisser ses exigences professionnelles ou tenter d’être « cool » cela signifie que l’entreprise doit pleinement assumer de nouvelles fonctions sociales et placer l’humain au centre.

L’une des clés de la réussite dans le nouveau paradigme professionel c’est la qualité des relations qui se développeront au sein de l’entreprise. Pour apporter cette qualité, il faut créer les conditions d’authenticité, de confiance, de sincérité, seuls moyens de générer des interactions vraiment fécondes. Exit les masques professionnels et les attitudes toutes faites, venez comme vous êtes !

3. Souplesse

L’entreprise, dans son organisation porte l’héritage direct de la Révolution Industrielle et de la spécialisation des tâches née et théorisée dans les usines du XIXème siècle. Les bureaux se sont progressivement substitués à l’usine mais l’esprit est resté proche; l’entreprise génère des « hommes-fonctions » spécialisés dans certaines tâches ou horaires précis et bien délimités.

Aujourd’hui, avec la révolution numérique, l’homme-projet remplace l’homme-fonction. Plus besoin de pointeuse, il suffit que le projet demandé soit mené à bien dans les délais.

L’entreprise doit se préoccuper davantage de favoriser les conditions de la productivité et de l’aboutissement des projets plutôt que d’insister sur les horaires, les méthodes ou les protocoles.

L’organisation de l’entreprise devra s’assouplir dans ses formes tout en relevant son exigence dans le fond. 

L’homme-projet a des besoins très différents de son ancêtre, il a besoin de croiser les métiers et les compétences, il a besoin d’articuler des métiers différents; de la technique à la communication en passant par la stratégie ou la gestion. Il a besoin d’articuler davantage de paramètres, de développer une vision plus globale et d’acquérir de l’autonomie. Il engage dans son action des ressorts personnels; on ne lui demande plus seulement des compétences, mais des qualités. C’est à dire ce qui relève de l’être et plus seulement de l’avoir.

A Mutinerie, il y a les coworkers du matin, ceux du soir, ceux qui ont besoin de travailler en partie à domicile et ceux qui veulent clairement séparer géographiquement leur lieu de travail et leur logement. Il y a ceux qui ont besoin de discuter de leur métiers et ceux qui préfèrent parler d’autre chose, ceux qui fonctionnent en courant alternatifs; phases de repos suivie de frénésie productive… Et tout cela donne des résultats époustouflants ! Bref, si l’on demande aux travailleurs d’apporter leur être au travail, on ne peut pas lui demander de le malmener en l’étouffant dans des procédures inadaptées. Cela ne donne rien de bon ni sur le plan personnel ni en terme de productivité. L’être précède la fonction …

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4. Ouverture

Dans la nouvelle économie, les entreprises vont continuer d’exister mais elles verront se développer autour d’elles un ensemble d’indépendants, de contractants, souvent talentueux et susceptibles d’apporter énormément aux entreprises. Les entreprises classiques externalisent de plus en plus et vont continuer à le faire. On parle déjà dans les entreprises numériques « d’environnement Apple , Google » ou autre; ces entreprises qui deviennent des plateformes mettant en mouvement une multitude d’acteurs indépendants. Mais le risque de toute externalisation, et de toute plateformisation,  c’est la dilution des volontés et de la cohérence d’ensemble. Ainsi, l’une des clés de la réussite d’une entreprise sera de savoir attirer et mettre en synergie une multitude d’indépendants, de freelances et de partenaires externe.

Composer sa propre galaxie d’indépendants et créer un ferment d’unité entre des travailleurs aux compétences très différentes est dans l’ADN du coworking mais devient également vital pour beaucoup d’entreprises.

Les frontières de l’entreprise deviendront poreuses; au lieu d’avoir un dehors et un dedans clairement identifiés, il y aura des cercles concentriques de niveaux d’implication, des salariés aux prestataires en passant par les clients partenaires. Dans sa communication comme dans sa stratégie, l’entreprise doit donc prendre en compte non seulement les salariés direct mais également toute la galaxie qu’elle met en mouvement.

5. Culture

C’est le plus difficile à changer et c’est aussi ce qui conditionne tous les points précédents. Les méthodes peuvent s’importer, se modifier, se décréter, mais sans un changement de culture elles resteront sans réelle portée et ne produiront pas leurs fruits.

La culture, en entreprise, comme ailleurs, c’est un ensemble d’implicites partagés qui fluidifient les relations et aplanissent les travers hiérarchiques, une identité commune qui donne du sens et harmonise naturellement les actions des salariés.

Puisque les liens hiérarchiques et les méthodes de travail devront s’assouplir, puisque les travailleurs seront devenus plus mobiles, le ciment d’unité, indispensable pour donner de la cohérence aux actions de l’entreprise devra se transférer dans un sentiment d’unité et une volonté réelle des salariés de servir les objectifs de l’entreprise.

Une culture vivante, forte et affirmée, ce n’est pas de la propagande déversée du haut jusqu’en bas de la pyramide hiérarchique, c’est même exactement l’inverse, ça englobe, traverse et surplombe tout le monde. Une culture saine n’écrase pas l’individu; elle lui donne un sens dans le collectif et lui met à l’esprit la préoccupation collective.

Dans un billet précédent, nous parlions justement du rôle de la culture et des traditions dans les espaces de coworking et nous donnions quelques principes pour les susciter et les développer. Ce sujet est aussi valable pour une entreprise alors si le thème vous intéresse, cliquez ici !

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William

4 thoughts on “L’expérience du coworking peut-elle changer l’entreprise ?

  1. Joël on 6 novembre 2015 at 13 h 10 min Répondre

    Excellent article ! Le coworking et le télétravail permettent de structurer une nouvelle façon de travailler : nous devenons des « hommes-projets ».
    Au-delà, c’est l’organisation même de l’entreprise qui va évoluer dans le sens de la transformation digitale. William évoque l’entreprise plateforme : je partage tout à fait cette vision qui permettra demain d’organiser un travail distribué à des sous-traitants (ex-salariés…) dans un environnement plus motivant avec moins de déperditions administratives en reporting et contrôles divers…

  2. Marzin on 9 novembre 2015 at 12 h 23 min Répondre

    Très intéressant votre approche du transfert vers les entreprises des bons côtés du Coworking, plutôt que le discours suspect trop souvent entendu de la fin du salariat.
    J’apprécie particulièrement le rôle défendu pour la mobilité « pour échanger, se connecter, apprendre et retrouver de l’énergie. »
    Tout comme la façon de poser la place du travail dans la vie en soulignant la « difficile distinction travail et vie privée, on veut une vie qui ait du sens dans sa globalité » qui relève d’un choix philosophique

    1. William on 10 novembre 2015 at 12 h 11 min Répondre

      Merci pour vos commentaire Marzin. La fin du salariat, je ne pense pas en effet qu’elle sera totale. On aura au moins pour un bon moment, encore besoin de ce type d’organisation et il est illusoire de croire que tout le monde peut être entrepreneur ou freelance. Ce qui changera à mon avis, c’est que le salariat deviendra un modèle parmi d’autres et ne sera plus l’élément central du monde du travail sur les plans culturels, économiques, sociaux …

  3. Melissa on 1 février 2016 at 17 h 48 min Répondre

    Pour la création de mon Entreprise l’aspect réunion dans des salles de coworking a été une super expérience. Les idées fusent et il existe de nombreux espaces sur Montpellier. Aujourd’hui je loue régulièrement des bureaux et espaces de coworking pour des rencontres avec des potentiels clients ou pour tout simplement réunir mon équipe. Le soucis : trouver des salles pas trop cher et bien équipés partout en France car j’effectue de nombreux déplacement. Après plusieurs recherche je trouve ce nouveau site BUROSTATION http://www.burostation.fr et là je ne suis pas déçu simple d’utilisation je le conseil à toute les petites entreprises qui comme moi plutôt de se rejoindre dans le café du coin peuvent avoir acces a des salles proche de chez vous et pas cher.

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