Grand classique de l’économie, vous connaissez peut-être la parabole de la main invisible; cette main qui pousse chacun vers l’intérêt général en motivant l’intérêt personnel, cette main qui se fait fist lorsque le réveil sonne et qu’il faut aller travailler.

Bâton ou carotte, ça finit toujours par rentrer.

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Jeux de mains jeux de vilains

Adam Smith donne une portée universelle à cette main : elle pousse chacun à l’intérêt général en s’adressant à son intérêt particulier. En réalité cette main pousse l’individu à l’intérêt de son groupe puisque c’est celui ci qui vous récompensera ou vous punira.

Le groupe dans lequel nous passons le plus de temps c’est l’entreprise dans laquelle nous travaillons. En entreprise la main invisible, c’est celle du supérieur (qui vous fera peut être vendre du Mediator). Pour le PDG c’est celle de l’actionnaire, pour l’actionnaire celle du marché où se joue le bras de fer.

Si vous êtes tout en bas, il ne vous reste qu’un doigt, celui de l’honneur.

Les mains sales

Des lois existent et claquent à l’occasion les doigts des mains baladeuses. Mais ces lois sont celles des États et ne représentent que l’intérêt commun d’un peuple (c’est en tout cas l’hypothèse de la démocratie).

Naturellement l’intérêt général devient celui de la nation la plus puissante, à l’intérieur de celle ci l’intérêt de la classe dominante, au sein de celle là l’intérêt des acteurs installés (pour plus d’inertie).

Les conflits diplomatiques, sociaux et générationnels sont les moments d’ajustements.
Et l’intérêt général dans tout ça ? Il n’est finalement que le résultat d’un rapport de force. Pour que la main invisible pousse réellement l’entité considérée (individus, entreprises, états) à l’intérêt commun il faudrait que cette entité rende des comptes à l’humanité tout entière et que la main soit ensuite en mesure de récompenser et de punir. En clair il faut de la transparence et de la liberté d’expression.

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La main de Dieu ?

En permettant à chacun d’interagir avec n’importe qui le web offre justement cette opportunité. Le monde vous regarde, prend des notes, agit et se souvient. Les entreprises et les états doivent maintenant assumer leurs actes devant un public qui en sait de plus en plus (Wikileaks), qui est capable de relayer intelligemment l’information (parodie du logo BP) et de s’organiser pour changer les choses (Tunisie).

Ce qui est intéressant c’est que de plus en plus, ce qui est fait est su. Cela permet la naissance d’une nouvelle main invisible, plus intelligente que sa crasseuse de mère.

Une main qui comme Dieu, voit, sait, caresse et claque.

Author

Antoine van den Broek

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