Le travail se délite, dit-on, le lien social professionnel se défait. Les individus travaillent dans des conditions plus précaires pour des plateformes lointaines, chaque jour plus puissantes et n’ayant aucun compte à rendre à ceux qu’elles « emploient ».

Mais entre les décombres, des initiatives comme le coworking oeuvrent pour forger une nouvelle culture du travail inclusive mais libre, responsabilisante mais sécurisante.

Je suis tombé par terre, c’est la faute à Uber.

Le mouvement de l’économie numérique n’est pas à sens unique. D’un coté, il élargit le champ de la marchandisation des rapports humains, de l’autre, il facilite la transmission gratuite et libre. D’un coté, des travailleurs plus isolés, moins protégés, de l’autre, des opportunités nouvelles et un vent d’espoir pour une génération qui ne s’inclut plus naturellement dans le monde du travail.

Ce qu’on appelle l’uberisation est l’une des facettes de cette révolution, le coté obscur de la force née de l’économie collaborative.

Les barbares attaquent, on voit naitre de nouveaux métiers : des hybrides entre travailleurs indépendants et petits boulots aux ordres de puissantes plateformes numériques. Ils arpentent les rues, rendent des services à domicile et sont disponibles à tout moment au bout de son smartphone.

Les-barbares

On voit aussi s’effriter des pans de secteurs traditionnels qui eux emploient des « vrais salariés » ou produisent de « vrais indépendants ».  Ils grognent, protestent et font pression mais sans résultat probants.

L’uberisation ne répond pas correctement à la crise du travail. Certains y voient un espoir d’intégration économique des jeunes, une opportunité de casser les corporatismes et les positions établies mais le travail uberisé sera-t-il capable de reforger le travail, d’en faire un ferment d’unité, d’intégration, un outil capable de générer du collectif, de faire évoluer les carrières, de former les travailleurs ?

Renforcer l’individu et le collectif

Peu importe au fond que le travail prenne telle ou telle forme, se contractualise de telle ou telle façon, ce qui compte, c’est qu’il donne à l’individu une dignité, une voie d’épanouissement, un rôle auprès de ses semblables et à la collectivité un ciment sain qui ne laisse personne de coté.

Or, c’est là que réside la crise, et cette crise remonte bien avant l’uberisation. Elle vient d’abord d’un chômage endémique qui touche tout le monde et d’abord les jeunes, cette crise vient de cultures et de méthodes d’entreprises qui ne parviennent pas à donner du sens au travail.

Jamais la recherche de sens au travail n’a été si forte et jamais la culture du mercenaire ne s’était autant répandue …

Changer la culture du travail, redonner du sens et de l’équilibre à ses activités professionnelles, recréer du collectif et une vision de long terme, voilà précisément les objectifs d’un espace de coworking. Voilà la mission de Mutinerie depuis ses origines.

Dans un espace de coworking, chacun est libre et autonome, chacun fait face à ses responsabilités. Mais en même temps, c’est un lieu d’entraide, un lieu de discussion, de réseau, un endroit qui pousse les gens à sortir de leur isolement professionnel et social. Un endroit où l’on apprend, où l’on progresse, où l’on se projette dans l’avenir. Un lieu qui donne naissance à des collaborations et qui crée de la confiance. Un espace enfin, qui donne à beaucoup le sentiment d’appartenir à une population cohérente qui vit des choses comparables et pourra plus tard s’organiser collectivement.

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Author

William

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