“J’appelle un ami” La mobilisation du réseau chez les entrepreneurs

Pour cet article, nous inaugurons un projet que nous avions en tête depuis longtemps; faire participer des coworkers à la rédaction et à la publication d’articles de notre blog. Merci à Thérèse de s’être prêtée la première à cet exercice. Thérèse est arrivée début 2013 à Mutinerie, elle est diplômée en conseil et gestion du changement. Son parcours d’étudiante est tourné vers la sociologie et la science politique, connaissances sur lesquelles elle s’appuie pour écrire ses articles et nous apporter des clés de compréhension du monde des startups et de l’entrepreneuriat. Monde qu’elle pratique elle-même puisqu’elle travaille actuellement pour Jogabo, plateforme de mise en relations et d’organisation de matchs de football amateurs; une start-up rencontrée il y’a plus d’un an et demi, alors que Mutinerie occupait précairement ses premiers locaux rue Oberkampf…

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Start-up Weekend à Mutinerie

No Talk, all Action ! Tel est la devise.

« 54 heures pour créer une entreprise » : c’est en quelques mots le principe des Startup Weekend. Les entrepreneurs, développeurs, graphistes se retrouvent le temps d’un week end dans un même lieu et partent à partir d’une idée, pour la transformer en projet de société. Les participants ne se connaissent pas. Ils doivent construire une équipe complète pour ensuite le dernier jour, présenter à un jury professionnel un projet aboutit.

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Evoluer en Terre Inconnue

Rares sont les moments où l’histoire suit un déroulement linéaire et prévisible. Rares sont les business plans qui se réalisent fidèlement. La plupart du temps, l’incertitude règne ou des évènements perturbateurs viennent déjouer les stratagèmes les plus subtils… La période que nous traversons a toutes les chances d’être particulièrement agitée et imprévisible, rares sont ceux qui savent à quoi ressemblera le monde dans cinq ans …

Dans cet environnement, comment se positionner et comment se projeter dans l’avenir efficacement ?

Comment agir efficacement lorsque l’on se retrouve « without model » ?

Une bonne question à se poser dans les environnements imprévisibles est « que nous reste-il lorsque l’on s’aventure dans des zones vierges et que les schémas, les repères et les conventions qui prévalaient jusqu’à lors ne s’appliquent plus ? Sur quoi peut-on encore s’appuyer dans ces environnements incertains ? »

Pour y répondre, prenons le cas d’Ernest Shackelton, un explorateur britannique qui a réussi l’exploit de survivre un an et demi au milieu de l’antarctique sans perdre aucun de ses hommes.  Son plan justement était de traverser l’Antartique en passant par le pôle sud. Malheureusement, l’Endurance  son bateau qui devait débarquer l’équipe d’explorateurs s’est retrouvé pris dans les glaces et au bout de quelques temps broyé par celles-ci. A l’issue d’une aventure épique, ponctuée d’exploits impressionnants, Shakelton parvint à rejoindre la Georgie du Sud à bord d’une chaloupe pour trouver des secours… L’aventure de l’expédition Endurance mérite largement le détour et le cas de Shackelton mérite d’être étudié plus profondément.

Le style comme un moyen de naviguer dans l’inconnu

Recherche Hommes pour voyage hasardeux, faible rémunération, froid mordant, longs mois  dans l’obscurité, danger permanent, retour incertain. Honneur et reconnaissance en cas de succès.

Annonce de recrutement pour l’expedition Endurance de Shakelton.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Shakelton savait qu’il allait mettre les pieds dans l’imprevisible, qu’il s’attendait à l’inattendu et qu’il était dès le départ honnête avec ses collaborateurs ! Il n’était pas victime du triste syndrome de l’Illusion de la Maitrise.

L’illusion de la maitrise

Face à la complexité d’un environnement et à l’angoisse qu’elle génère inévitablement, le travers le plus fréquent de notre époque est de tenter de se réfugier dans les statistiques et les analyses interminables nous donnant l’illusion de maitriser notre environnement. Le meilleur exemple que je connaisse est encore le power point délirant produit par l’Etat Major américain en Afghanistan qui résume la situation du pays en … 326 points (reliés par des flèches) ! « Quand on aura compris cette présentation on aura gagné la guerre ! » déclara le général devant l’immonde graphique ! Ce syndrome se retrouve bien trop souvent dans les conseils d’administrations, dans les gouvernements, parmi les analystes financiers ou les journalistes spécialisés dont les prédictions se révèlent aussi fumeuses que celles de la Pythie en dépit de leurs abords rationnels et logiques !

Aux antipodes de cette logique, Shackelton prend acte du fait qu’il va entrainer son équipe dans des zones inconnues. C’est là sans doute l’attitude la plus sage, la plus honnête et la plus vraie. C’est en prenant acte des limites de la planification et en misant sur ses capacités internes qu’on s’engage sur les chemins du succès.

Loin de décourager les recrues, Shackelton reçut 5000 candidatures de volontaires, prêts à le suivre dans son aventure ! C’est donc qu’il avait su inspirer confiance, une confiance non pas basée sur des plans imparables mais sur les qualités du « Boss » et sur son style unique aujourd’hui souvent étudié comme l’un des plus grands leaders ayant vécu sur cette planète.

Le style, c’est l’homme

Perdus sur leur banquise, Shackelton et ses hommes ne peuvent plus compter sur grand chose pour se sortir du pétrin.  Il n’ont plus leur bateau, plus de cartes valides, plus de contact avec la civilisation, plus de repères …

Et lorsque les repères se sont effondrés, il reste que ce que vous êtes en dehors des « interférences » de l’extérieur; un mélange unique fait de valeurs, de visions, de sensibilité, d’expérience et de tempérament. Appelons cela le style !

Trouver son pôle Nord

Le problème d’une étude de marché, c’est qu’elle s’appuie sur un référentiel mouvant et non sur un point fixe. Les attentes du client par exemple peuvent changer rapidement de même que son pouvoir d’achat etc… Se reposer uniquement sur ces paramètres pour la conduite d’une entreprise est par conséquent dangereux. Où irait un navire s’il avait comme consigne de naviguer uniquement en vent arrière ? Certes il avancerait toujours vite, mais il n’irait nulle part car par nature, le vent ça tourne !

A l’inverse, si l’on choisi un référentiel stable, comme l’étoile polaire ou le nord magnétique, on peut se repérer et donc se diriger n’importe où. Avoir une vision claire, un style affirmé permet de créer ce référentiel car le style n’évolue pas ou très peu. Il est un parti pris, une manière de regarder le monde, d’envisager l’avenir, de considérer son prochain …

Le style résulte d’un parti pris subjectif, mais il permet de créer ce pôle Nord, ce référentiel permettant de se repérer dans les zones non balisées.

Peu importe que la boussole indique le Nord ou le Sud pourvu qu’elle indique un point fixe !

Peu importe que deux styles soient différents car ils permetteront tous les deux de naviguer dans l’inconnu et de donner de la cohérence à ses actions.

Shackelton est un exemple de stabilité, d’endurance, de fiabilité et de solidité. Alors que son équipage contemple avec effroi leur bateau se faire avaler par les glaces, sa réaction tint en une seule phrase mais tellement percutante : « So let’s go home ! » Shackelton inspire confiance et il est l’homme de la situation car il connait son « Nord » psychologique. Il est stable, solide et charismatique.

Agir sur le futur

Dans un monde où tout est connu, où le futur est certain, le style n’existe pas. C’est le règne de l’optimisation. Il existe un « one best way » immuable et les meilleurs sont ceux qui sont capables de s’y conformer le mieux possible. L’évidence, venue de l’exterieur, s’impose d’elle-même. Mais ce monde n’existe pas.

Devant cet état de fait, on peut chercher tout de même à approcher l’optimal unique qui nous échappe ou développer son propre référentiel. Ces deux aspects ne sont pas du tout incompatibles et peuvent être menées conjointement.

Ceux qui sont guidés par leurs propres visions, qui développent leur propre style peuvent devenir des réferences en cas de succès et seront alors imités par d’autres. Le référentiel créé n’est plus seulement le vôtre, il le deviendra pour ceux qui marchent dans vos pas car tout le monde a besoin de cette stabilité pour avancer. Si les gens s’alignent sur votre vision, il sera nettement plus facile de prévoir leur comportement et l’environnement s’en retrouvera moins incertain. Cela vous donne en outre le momentum, vous imprimez le rythme des choses; un atout vital pour tout stratège qui se respecte…

Plutôt que de chercher à entrer systématiquement en conformité avec son environnement, agir selon son style permet de mettre son environnement en conformité avec soi, de le stabiliser par ses propres actions.

Affuter son style

La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il l’inspecte, il la tente, l’apprend. Dès qu’il la sait, il doit la cultiver. Rimbaud

Arthur

Après avoir vu comment le style pouvait être un « outil de gestion » de l’incertitude efficace, il faut désormais apprendre à maitriser cet « outil », à l’affûter pour en faire une véritable boussole capable de nous orienter dans l’obscurité complète. Le travail sur le style ne suit pas les mêmes regles que n’importe quel apprentissage. C’est un travail sur soi, un travail de vérité qui s’avère le plus souvent éprouvant voire sanguinolent ! C’est enfin un travail que personne ne fera à votre place !

Se connaitre

Comme le dit Rimbaud, il s’agit d’abord de se connaitre à fond, de savoir quels sont ses valeurs, ses qualités, ses motivations profondes. Cela suppose de savoir se regarder en face, de prendre des risques, de se tester, de savoir qui nous sommes au-delà de ce que nous voudrions être ou de ce que la société aimerait que nous soyons. Il ne s’agit pas tant d’apprendre que de se retrouver.

Pour une entreprise, il est tout aussi important de mener ce travail d’auditeur, d’inspecter non pas seulement son mode de fonctionnement, mais d’aller chercher son essence et de la développer.

Si elle a une intuition, elle doit en faire une vision, si elle a un centre d’intérêt elle doit en faire une passion, si elle a une particularité elle doit en faire une identité.

Injecter du sens

Une fois accompli ce travail, nous sommes enfin armés pour repasser ce qui défile sous nos yeux au spectre de notre perception « nettoyée ». Nous devons chercher les significations possibles aux ombres qui s’agitent sur les murs de notre caverne et questionner constamment le sens de ses actions.

Pour une entreprise, il s’agit de questionner ses méthodes et son environnement au filtre de sa propre culture, de sa propre identité. Ses méthodes d’organisation sont-elles adaptées à sa culture où sont-elles une copie inconsciente de modèles préexistants, plus ou moins faux, plus ou moins efficients, plus ou moins applicable dans le contexte de l’entreprise ? Sa communication correspond-elle vraiment à ses valeurs etc ?

Epurer

De même qu’un grand peintre est capable en quelques traits de donner forme et vie à sa toile, une entreprise au style abouti doit savoir atteindre l’essentiel le plus simplement possible.

Lorsque Steeve Jobs reprit la tête d’Apple en 1997, il décida de concentrer son attention sur quatre produits et d’abandonner tous les autres. Ce n’est pas en suivant les avis d’études de marché qu’il prit cette décision (il ne faisait pas grand cas des études de marché) mais en se concentrant sur sa vision fondamentale : créer les ordinateurs les plus simples et les plus beaux possibles. Ainsi, au delà de toutes les « opportunités » que peuvent reveler les études de marché, il faut savoir s’en tenir à sa mission fondatrice et éviter la dispersion.

Devenir un compositeur

En construisant, l’architecte s’éloigne du plan et se rapproche de lui-même.

En pratique, on n’est jamais totalement sans repère, sans modèle. On évolue même presque tout le temps dans un univers plus ou moins balisé. Même au fin fond de l’antarctique, certaines lois restent identiques, certaines connaissances restent utiles… Avant d’être un explorateur, Shackelton était un excellent marin et un homme instruit qui avait une connaissance aigüe de l’Antartique. Le salut de son équipage tient évidemment de ces aspects.

Un grand joueur d’échec base 90% de ses coups sur des choses apprises, sur des stratégies qui ont fait leur preuves. Ce qui fait son originalité réside dans les 10% restants. C’est sa capacité à évoluer dans ces 10% en sachant abandonner les schémas de pensée habituels qui en fait un grand joueur.

Mais même dans un univers largement balisé, le style joue un rôle capital; il permet de sortir d’un état passif dans lequel nous ne sommes que des imitateurs aveugles à un état de compositeur, d’interprete qui joue en conscience et injecte ce qu’il est, son style dans une oeuvre préexistente. Lorsqu’un grand pianiste joue un air de Chopin, ll ne fait pas que repeter ce qui existe, il le transforme et le sublime. Un grand musicien est certes capable d’improviser et de composer mais il en est capable justement parce qu’il a parfaitement assimilé et intériorisé les principes des gammes et les classiques de la musique. C’est de cette manière qu’on doit utiliser la somme des connaissances et des savoirs-faire existants; en conservant sa propre essence et en agissant en conscience.

Des Espaces et des Idées

Je me suis souvent demandé pourquoi certains espaces, certaines villes ou certains territoires ont vu naitre tant d’idées nouvelles ou d’innovations en tous genres. Pourquoi certaines entreprises ont été, ou sont encore des terreaux à idées tandis que d’autres apparaissent incapables de proposer de véritables nouveautés? On pense à Athènes, cette cité si petite par sa taille mais dont la fécondité fut absolument stupéfiante à tous les niveaux (philosophiques, politiques, religieux, scientifiques …) au point qu’elle irrigue encore notre époque.

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Coworking : 5 atouts français

Individualisme, conservatisme, aversion au risque, culte du secret professionnel, voilà quelques-uns des traits de caractère pas très sympathiques souvent attribués aux français quand il s’agit de business… Des caractéristiques pas franchement compatibles avec le coworking, d’autant plus que notre mère patrie est encore à la traine dans ce domaine si nous la comparons à ses voisins européens. Pourtant, la France dispose de plusieurs atouts précieux qui nous laissent penser qu’elle pourrait elle aussi devenir une terre d’accueil pour les espaces de coworking. En voici quelques-uns.

1) Des précédents historiques

Avant même que le concept de coworking n’émerge véritablement, la France fut un temps un pays pionnier pour les communautés créatives.

De puissantes communautés ont commencé à se former en France pendant le siècle des lumières dans les cafés et les salons de certaines personnalités ( comme le café Procope ou l’hôtel de madame de Lambert). Des esprits éclairés s’y rassemblaient fréquemment pour échanger et débattre autour des idées progressistes de l’époque. A la veille des révolutions de 1848, les cercles de libres penseurs apparaissent en France et se fédèrent progressivement jusqu’à la veille de la Commune de Paris. Ces communautés intellectuelles, philosophiques et politiques se rassemblaient régulièrement pour échanger des idées et pour faire évoluer la société. Dans le même temps, on voit se multiplier les ateliers d’artistes où se recréent des espaces communautaires proche de l’esprit de la bohême. Pour tous ces artistes, l’atelier représentait l’espace de la gestation des œuvres. Lieu réel, il est aussi celui dans lequel se construit l’identité fantasmée de l’artiste, philanthrope et prométhéen. Enfin, l’atelier est l’espace de la sociabilité artistique. Ces ancêtres du coworking, nés sur nos bonnes terres de Gaule ne sont-ils pas des exemples encourageants pour les prochaines générations ?

Atelier d'artistes

2) Une protection sociale qui permet de tester ses projets en limitant les risques

Le très haut niveau de protection sociale dont nous pouvons bénéficier est un atout pour le coworking français ; il offre une sécurité financière à ceux qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure risquée de la création d’entreprise ou travailler à leur compte.

En d’autres termes, notre protection sociale nous permet de tester un projet sans prendre des risques financiers excessifs.

Assedics, RSA, prêts d’honneur et aides diverses permettent de tenir financièrement pendant la période de vaches maigres que traversent bien souvent les freelances et les entrepreneurs au début de leur parcours. Si vous tombez malade, vous n’aurez pas à revendre votre ordi ou mettre votre appart en hypothèque pour vous payer des soins, vous serez soignés quasi gratuitement ce qui est loin d’être le cas partout. Relativisez donc votre risque. Les espaces de coworking sont les endroits parfaits pour tester un concept dans les meilleures conditions sans prendre de risque financier excessif.

3) Un tissu urbain favorable

La plupart des agglomérations françaises ont un tissu urbain très dense, organisé en étoile autour d’un centre-ville agréable et stratégique car bien relié par les transports en commun et autres vélib’, bien équipé et offrant une visibilité importante aux entreprises. Malheureusement, ces centres sont coûteux ce qui oblige bien souvent les petites structures à s’installer dans la périphérie lointaine et ce qui force parfois les indépendants à travailler à domicile.

Le coworking s’avère idéal, pour bénéficier des avantages d’une implantation centrale sans en subir les contraintes budgetaires.

4) Un tissu de TPE dense et dynamique mais éclaté

On compte en France 1,25 millions d’entreprises unipersonnelles ce qui représente près de 50% du total des entreprises françaises !

Poussé par la crise économique et boosté par la création du statut d’auto entrepreneur, le niveau de création d’entreprise atteint des records. Pourtant, ces entrepreneurs et ces nouveaux freelances (qui partagent de nombreuses problématiques communes) ne parviennent pas à s’unir ou se fédérer. Les centres d’affaires et les pépinières ne sont pas toujours des solutions adaptées puisqu’ils demandent des investissements plus important, qu’ils sont moins flexibles qu’ils ne résolvent pas totalement le manque d’interaction qui affecte souvent les indépendants.

La création du statut d’auto entrepreneurs est en train de modifier progressivement le paysage français du monde du travail. De nombreuses personnes, anciennement rattachées à une structure d’entreprise ont pu (ou ont dû) prendre leur indépendance et ont quitté les structures d’entreprise traditionnelles. Où sont ces travailleurs aujourd’hui ? Chez eux probablement, et sans doute en train de réaliser qu’il n’est pas forcément évident de bosser en freelance… Dans ce contexte, le coworking serait une solution adaptée pour cette population croissante d’indépendants.

5) Un lien social à reconstruire.

La France est à la recherche d’un nouveau lien social. Nos structures sociales sont sorties salement amochées du XXème siècle. Résultat; un civisme qui laisse souvent à désirer, un individualisme encore dominant et une défiance importante entre les citoyens. Le contrat qui liait l’entreprise aux salariés a lui aussi du plomb dans l’aile. Utiliser les jeunes comme variable d’ajustement et outil de diminution de coûts (et non plus en vue d’embaucher) est devenu monnaie courante pour beaucoup de grandes entreprises françaises. La crise économique renforce le besoin d’entraide et de solidarité entre les citoyens.

Si le coworking parvient à montrer sa capacité à recréer du lien social, il est fort probable qu’il soit plébiscité par les français.

Liberté, égalité, fraternité ou la mort

 

Comment le coworking vous fait gagner de l’argent ?

Peut-être pensez vous : « D’accord, le coworking, c’est chouette, je pourrais travailler dans une meilleure ambiance avec des gens intéressants. Je suis convaincu qu’il y a beaucoup de bonnes raisons de faire du coworking. C’est tentant… mais je n’ai pas la thune. »

Nous avons déjà exposé en quoi être membre d’un espace de coworking constitue un avantage compétitif. Nous avons voulu ici chiffrer les économies et les gains qu’un espace de coworking peut vous permettre de réaliser.

Les résultats de notre analyse reposent sur le besoin du coworker type tel que défini par une étude Deskmag.

Rappelons que le coworker-type est un homme (où sont les femmes ? avec leurs gestes pleins de charmes…) de 34 ans familier du web. Ses revenus se situent dans la moyenne nationale, soit environ 2000€ net en France. Notre coworker cobaye s’appelle Diego.

Diego est un coworker permanent ayant un accès illimité à son espace, dans lequel il est présent 4 jours par semaine. Il travaille une quarantaine de semaines par an, et lorsqu’il se rend dans son espace de coworking préféré, Diego travaille en moyenne 8h dans la journée. Diego habite à Paris dans le 19ème où il vit en collocation avec deux amis. Avant de rejoindre son espace de coworking, Diego bossait de chez lui, ce qu’il fait encore de temps à autre d’ailleurs. Diego imprime 100 pages par mois et envoie un fax par semaine.

Regardons maintenant ce que signifie travailler dans un espace de coworking en terme d’économies et de profits.

Le coworking permet de faire des économies

Matériel
Imprimante, photocopieuse, scanner et autres matériels de bureau… Combien dépensez-vous en matériel, fournitures dont n’avez l’usage que ponctuellement ? Combien vous coûte de passer par un service d’édition ?
Dans un espace de coworking, vous avez accès à tous ces outils de bureau. S’il travaillait chez lui, cela représenterait pour notre cher Diego un poste de coût de l’ordre de 10€/mois.

Eau et énergie
A moins d’être un rat-taupe nyctalope travaillant au crayon, bosser à domicile a évidemment un impact sur votre consommation d’eau et d’énergie. De l’alimentation de votre ordinateur portable au chauffage en passant par l’éclairage sans oublier de tirer la chasse d’eau, travailler dans un espace de coworking vous permet de réduire vos factures. Certes, cela ne casse pas trois pattes à un canard.. Mais quand même, pour Diego cela représente 5€/mois.

Salle de réunion
En tant qu’entrepreneur ou freelance, vous avez sans doute besoin de louer une salle de réunion de temps en temps. Dans un espace de coworking, vous y accédez librement quelques heures par mois. Diego, notre coworker parisien l’utilise en général 2 fois 2h par mois, pour se coordonner avec ses partenaires ou recevoir ses clients. S’il devait louer cette salle de réunion dans un centre d’affaire, cela lui reviendrait très rapidement à plus de 100€ / mois (fourchette très basse à Paris).

Organisation d’événements
De même, vous êtes nombreux à avoir besoin de privatiser un espace pour organiser un événement. L’activité événementielle est devenue un élément important du marketing mix (cross media marketing). Relayée par les réseaux sociaux un événement réussi est un formidable vecteur de communication pour une jeune startup. Ça tombe bien, les espaces de coworking visent justement à vous faciliter la vie et sont prévus pour accueillir vos événements. Les coworkers bénéficient de tarifs préférentiels, typiquement de -30%. En organisant au cours de l’année un petit événement (~50 pers) et un plus conséquent (~200 pers) tous deux sur une demi-journée, Diego a économisé près de 400€ (en se basant sur un « petit » prix de l’ordre 5€ par participant : sauf à louer une cave, il est très difficile de faire mieux à Paris). En moyenne sur l’année, cela représente pour Diego une économie mensuelle d’environ 30€/mois.

Déplacements professionnels
Selon l’étude deskmag, les coworkers travaillent régulièrement à l’étranger et utilisent le Coworking Visa. Notre ami Diego s’en est servi quatre fois dans l’année et a pu travailler gratuitement dans d’autres espaces et économiser ainsi 70€ ce qui représente près de 6€ par mois.

Pro bono consulting et formation
On le répète souvent, la formation continue est un enjeu crucial pour l’entrepreneur (particulièrement dans le contexte actuel). Le coworking c’est avant tout le partage d’expérience et de bons tuyaux entre coworkers. Untel pourrait par exemple connaître un logiciel gratuit aussi efficace que la version payante qu’utilise son voisin de bureau ou connaître un hébergeur moins cher et faire partager ce bon plan aux autres. De nombreux coworkers sont experts dans un domaine et peuvent apporter leurs compétences de manière informelle et ponctuelle. Le coworking permet souvent de ne pas avoir à solliciter un spécialiste inconnu qui vous fera une jolie facture alors que vous n’avez qu’un petite question.

Il est très difficile d’évaluer ce que valent ces micro-conseils informels et ponctuels, d’autant plus que le « pro bono consulting » permet de réaliser des économies de tous types et permet surtout de gagner beaucoup de temps. En considérant qu’en plus beaucoup d’espaces de coworking proposent des séances de formation à moindre frais, nous pouvons prudemment avancer que les connaissances qu’un coworker peut accumuler en 1 an via son espace de coworking correspondent à 2 semaines de formation. Sur une base de 120€ par jour de formation c’est l’équivalent de 100€/mois d’économie pour Diego.

Travailler dans un espace de coworking  permet dans le cas de Diego de faire des économies de l’ordre de 250€ par mois.

Economies coworking

Le coworking booste votre productivité

Mais le coworking ne vous permet pas seulement de faire des économies, il booste votre productivité. Selon l’étude Coworking Survey menée par Deskmag, 86% des coworkers sont plus productifs depuis qu’ils travaillent dans un espace de coworking.

Logistique et aspects pratiques

Sur une journée de travail à domicile, combien de temps passez-vous à vous occuper de tâches que vous n’aurez plus à gérer dans un espace de coworking ? Il y a déjà le petit ménage matinal indispensable ;  les restes de pizzas collantes de la veille à nettoyer, les cadavres de bouteille à évacuer, les miettes qui vous grattent sur le canapé… Diego aime beaucoup ses collocs mais ils ne sont pas toujours clean. Et puis il y a les missions spéciales comme trouver et se rendre au magasin pour acheter tel ou tel materiel (souvent dans l’urgence donc à plus grand frais) ?  Comment paramétrer cette fichue imprimante wifi ? Enfin, puisque les moyens sont mutualisés, Diego bénéficie d’un meilleur matos à un meilleur prix. A commencer par la connexion Internet professionnelle dont il profite dans son espace de coworking.

Au bout du compte, notre Diego ne perd plus systématiquement 30 min par jour sur des broutilles, gagne 10 min par jour grâce à une meilleure connexion internet.

Estimation du temps gagné : 40 min/jour

Partage d’expertise
Nous l’avons déjà évoqué plus tôt: votre espace de coworking est un vivier de compétences et d’expertises très variées dont vous benéficiez au quotidien. Un petit conseil de 5 minutes peut facilement vous faire gagner deux heures de recherche sur internet, vous éviter de trimer pour rien ou de vous engager sur de fausses pistes. Une discussion informelle autour d’un café vous permettra peut-être d’entendre parler d’une nouvelle application qui pourra vous faire gagner un temps fou. C’est au moins une journée par mois qui est sauvée grâce à un conseil avisé.

Estimation du temps gagné : 20 min/jour

Temps de déplacement
Maintenant, il est probable que le temps gagné le plan pratique s’équilibre avec le temps de déplacement qu’il faut investir pour vous rendre dans votre espace de coworking. Et oui, travailler à domicile a un bel avantage: du lit au bureau il y a rarement plus de 10 secondes. En ce qui concerne notre sympathique Diego, il met en l’occurrence 15 min pour se rendre dans son espace de coworking, selon qu’il vient en Vélib ou en métro.

Estimation du temps perdu : 30 min /jour

Stimulation, motivation, détermination
ET SURTOUT, en vous sortant de votre solitude à haut risque, un espace de coworking vous galvanise : il est rempli de gens au taquet qui travaillent autour de vous, qui vous comprennent et vous soutiennent. Vous n’êtes plus seul et cela vaut de l’or…

Estimation du temps gagné : 1h/jour

Travailler dans un espace de coworking permet de gagner environ 1h30 par jour, soit un gain de productivité d’environ 20%

20% de productivité en plus signifie, s’il maintient le même volume horaire, que le revenu mensuel de Diego passerait de 2000€ à 2400€. C’est l’hypothèse que nous avons retenu. Cela étant dit, rien ne l’empêche de profiter du temps gagné pour faire autre chose…

Le coworking favorise les opportunités nouvelles

Nous l’avons souvent dit, un espace de coworking agit comme un catalyseur de sérendipité ce qui en fait un lieu idéal pour dénicher des opportunités. Un espace de coworking est peuplé de gens portant des projets innovants et des compétences certaines, des gens qui ont envie de partager et d’échanger. Il est évident que cet environnement favorise les rencontres fructueuses et les partenariats et qu’il a un effet positif sur le volume d’affaires de ses membres. L’étude Deskmag révèle qu’en moyenne, un coworker parvient à nouer une connexion par mois ayant un « impact positif » sur ses finances. A combien s’élève cet impact positif ? Difficile de quantifier précisément ce qui est par définition imprévisible mais nous pouvons nous en faire un ordre de grandeur. Nous avons estimé les gains d’opportunité à 200€ par mois. Pour Diego, cela signifierait concrètement la réalisation d’un site tous les trois mois pour l’un des coworkers rencontrés dans l’espace, la création d’un logo par mois pour un coworker en phase de création d’entreprise ou une journée dans le mois passée à animer une formation pour un client d’un ami coworker autour d’un sujet qu’il maitrise… Cela nous paraît réaliste dans une communauté qui rassemble un grand nombre d’indépendants et d’entrepreneurs potentiellement intéressés par ce genre de services.

En résumé

Pour un espace de coworking accessible à plein temps coûtant par exemple à Paris 300€ par mois, notre coworker cobaye réalise des économies à hauteur de 250 € et ses revenus peuvent augmenter de  600€ (400€ grâce aux gains de productivité et 200€ de gains d’opportunités). Au total, le gain net de 550€ par mois se répartit de la manière suivante :

Contribution ressources coworker

Pour ceux qui pensaient que le coworking était juste un truc de hippie…

Le Yin et le Yang du travailleur indépendant

Quand Internet vous emporte

Mais comment vous qui cherchiez, pour des raisons toutes professionnelles, la définition du terme sérendipité, avez-vous pu échouer de liens en liens sur cet antique blog spécialisé dans l’étude des mœurs des corvidés ? Vous regardez votre montre ; deux heures se sont écoulées. Vous cliquez frénétiquement sur vos précédents pour comprendre quels nœuds sémantiques ont pu vous amener jusqu’aux corvidés… Et les pages défilent sous votre œil effaré : Wikipédia article « chameau de Bactriane », fichier PDF de comportement animalier, émouvants témoignages doctissimo, détour par Youtube pour regarder des combats épiques entre ours et caribou géant … Et merde … Si ces phénomènes vous disent quelque chose, c’est que vous êtes, comme moi, victime de divergite chronique.

Car internet peut très vite devenir une arme de dispersion massive. Il y’a tant de choses passionnantes à voir en seulement quelques clics ! Tant d’amis qui viennent toquer à votre mur, tant de gens qui viennent vous gazouiller dans l’oreille, tant d’images, de flux RSS, de billets passionnants…

Mais si internet nous emporte parfois vers des lieux de perdition, il permet surtout d’élargir vos perspectives, de vous informer des moindres nouveautés et de vous nourrir de nouvelles sources d’inspiration. Il corrige une tendance presque culturelle que nous avons trop souvent dans le travail, celle de se focaliser à l’excès sur ses objectifs en préparant savamment ses plans de bataille dans son coin sans réellement tenir compte des contraintes nouvelles et des variations de l’environnement. C’est par exemple le cas de nombreux créateurs d’entreprise qui considèrent la rédaction d’un joli business plan comme la première étape de la création. C’est ce que Guilhem Berthollet appelle le syndrome de la business planque.

Activités divergentes, activités convergentes

On peut distinguer deux grandes énergies distinctes mais complémentaires dans les différentes activités que nous menons ; les activités divergentes et les activités convergentes.

Les activités divergentes comprennent par exemple les activités de veille, ou de documentation, les études de marché, les discussions stratégiques et autres échanges para-professionnels ainsi que les twitteries et facebookeries traditionnelles. Elles guident l’action, indiquent la marche à suivre, permettent de garder contact avec la réalité et d’inspirer de nouvelles initiatives.

Les activités convergentes sont plus opérationnelles. Elles comprennent les actions permettant d’aller d’un point A à un point B. Vendre, produire, bouffer du code, remplir des formulaires, écrire un article pour votre blog, produire un business plan sont autant d’exemples d’activités convergentes.

Le taureau et la pieuvre

On pourrait comparer l’extrémiste de la convergence à un taureau dans une arène. Il est puissant, balèze, rapide et endurant mais il a une sale tendance à foncer droit devant. Il suffit que sa cible se décale de quelques centimètres pour qu’il la loupe et parte dans le décor plus énervé que jamais. Le « convergator » abat du boulot comme personne, sa puissance de travail est exceptionnelle mais, faute d’observer son environnement et d’être capable d’adapter sa trajectoire, il tend à viser au mauvais endroit et à faire de mauvais choix.

Taureau corrida

A l’inverse, le divergeur fou est semblable à une pieuvre. Dotée de huit bras pour tripoter tout ce qui pourrait passer à portée de ventouse, et d’un système nerveux hors norme, cette brave bête est d’une curiosité extrême, capable d’apprendre et de s’adapter avec agilité à son environnement. Mais tout admiratif que l’on puisse être envers cet animal, n’oublions pas qu’il reste avant tout un mollusque bien mollasson… Alors, comme Paul le poulpe, le divergeur développera peut-être des talents d’oracle, mais il est plus probable qu’il ne puisse jamais s’extraire de sa condition de créature flasque, condamnée à fuir ses prédateurs en fabricant de jolis nuages d’encre !

Pieuvre curieuse

Les activités divergentes permettent de stimuler la créativité, de repérer les opportunités et d’éviter un grand nombre d’erreurs mais elles ne font pas directement avancer les choses. A l’inverse, les activités convergentes permettent d’avancer, d’éliminer les obstacles entre vous et votre objectif.

Le Yin et le Yang du travailleur indépendant

L’énergie convergente et l’énergie divergente forment en quelque sorte le Yin et le Yang du travailleur indépendant. Il vous faudra trouver le dosage idéal pour atteindre votre pleine efficacité. Si vous avez une sensibilité divergente, il vous faudra vous discipliner pour développer votre capacité d’exécution. Si vous avez une sensibilité convergente, sortez la tête du guidon et cherchez à en savoir plus sur votre environnement.

Pensez à organiser vos journées en respectant un équilibre entre travaux convergents et travaux divergents. Par exemple, donnez-vous une heure le matin (quand votre cerveau est encore tout frais) pour faire de la veille, une heure à midi pour échanger avec toute sorte de personnes qui vous paraissent intéressantes ou mener des réflexions stratégiques avec vos associés, et une heure le soir (tard) pour approfondir vos connaissances dans n’importe quel domaine. Le reste du temps, vous pourrez le consacrer à faire avancer plus concrètement vos activités.

Pensez aussi, si vous cherchez un associé, à respecter un équilibre entre ces deux sensibilités au sein de l’équipe. Le résultat sera détonnant pourvu, bien entendu, qu’un dialogue sain soit possible.

Sérendipité : Tout est hasard… ou rien

Pourquoi en êtes-vous là où vous en êtes ? La question mérite d’être posée. Elle peut même être décomposée. Pourquoi, par exemple, êtes-vous en train de lire cet article ? Si vous faites l’exercice de répondre à cette question, vous vous rendrez compte que la réponse est bien loin d’être évidente. Parce que vous avez cliqué sur un lien envoyé par un contact. Oui mais comment connaissez-vous ce contact ? Parce que vous montez une entreprise et que vous suivez des gens influents dans des secteurs connexes au vôtre. Oui mais pourquoi montez-vous votre boite ? Parce que vous sentiez en vous le besoin d’être libre et l’envie de créer. Oui Mais pourquoi aviez-vous ces aspirations ?

Bref, je pense que vous avez compris le principe. La vie est bien moins linéaire que la façon dont nous la percevons. Tout est hasard. Ou plutôt rien n’est hasard. Tout est organique. Pas seulement à l’échelle de nos misérables existences, mais aussi à l’échelle de l’humanité et de la galaxie. Le hasard d’une météorite, fragment d’on ne sait quelle planète morte, frappa un jour la terre et mit fin au règne des dinosaures. Et l’humanité est pleine d’histoires de fesses qui changèrent le cours de notre histoire comme le montraient déjà les chants homériques.

Qu’est ce que la sérendipité ?

Ce mot n’est en effet pas des plus courant. Regardons la définition que nous en donne wikipedia :

« La sérendipité est le fait de réaliser une découverte inattendue grâce au hasard et à l’intelligence, au cours d’une recherche dirigée initialement vers un objet différent de cette découverte. Pour Robert King Merton, la sérendipité est l’observation surprenante suivie d’une induction correcte. Ce concept discuté est utilisé en particulier en recherche scientifique.

Le mot fut créé par Walpole, le 28 janvier 1754, dans une lettre à son ami Horace Mann, envoyé du roi George II à Florence. Walpole y fait mention de ce conte persan, Les Trois Princes de Serendip, publié en italien en 1557 par l’éditeur vénitien Michele Tramezzino et traduit dès 1610 en français. Serendib ou Serendip était l’ancien nom donné au Sri Lanka en vieux persan. L’histoire raconte que le roi de Serendip envoie ses trois fils à l’étranger parfaire leur éducation. En chemin, ils ont de nombreuses aventures au cours desquelles, ils utilisent des indices souvent très ténus grâce auxquels ils remontent logiquement à des faits dont ils ne pouvaient avoir aucune connaissance par ailleurs. Ils sont ainsi capables de décrire précisément un chameau qu’ils n’ont pas vu : « J’ai cru, seigneur, que le chameau était borgne, en ce que j’ai remarqué d’un côté que l’herbe était toute rongée, et beaucoup plus mauvaise que celle de l’autre, où il n’avait pas touché ; ce qui m’a fait croire qu’il n’avait qu’un œil, parce que, sans cela, il n’aurait jamais laissé la bonne pour manger la mauvaise ». Walpole précise dans sa lettre que les jeunes princes font simplement preuve de sagacité, et que leurs découvertes sont purement fortuites.

De bien beaux antécédents pour ce mot et ce concept plus que jamais valides et occupant une place de plus en plus grande dans un monde d’informations et d’opportunités…

La sérendipité aujourd’hui

Si le concept est vieux, il n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui. Des informations, il nous en passe sous le nez tous les jours. Des rencontres, il n’a jamais été aussi facile d’en faire. Tout comme il n’a jamais été aussi facile de communiquer et de tenter sa chance. En d’autres termes, il n’a jamais été aussi facile d’ouvrir des portes qui vous mèneront on ne sait trop où.

Face à cet univers rempli d’inconnues, deux attitudes possibles. L’une est de s’en réjouir en constatant l’étendue des possibilités qui s’offrent à vous, l’autre est de paniquer devant l’incertitude et le hasard de sa destinée.

La seconde option est d’ailleurs trop souvent celle des français. « J’connais pas, j’aime pas ». Dommage pour une nation qui s’est pourtant construite sur une capacité certaine à innover et à chambouler les idées reçues… Mais ce n’est pas le propos. Ce qui m’intéresse, c’est bien la première option, car il me semble que nous devons nous réjouir de l’inconnu. Encore faut il savoir en tirer parti.

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Tirer parti du hasard

Cela peut paraitre étrange. Dans l’imaginaire collectif il y a ceux qui ont de la chance et ceux qui n’en ont pas. Mais de nombreuses études scientifiques ont été menées, et prouvent que la chance est en vérité loin d’être due seulement au hasard. Winston Churchill disait d’ailleurs fort justement

La chance n’existe pas; ce que vous appelez chance, c’est l’attention aux détails.

Ceux qui ont de la chance ont la plupart du temps une attitude qui provoque la chance. Citons quelques traits de caractère qui augmentent votre propension à avoir de la chance :

  • Voir le monde comme comme un océan d’opportunités plutôt que comme un océan de menaces.
  • Aimer rencontrer de nouvelles personnes. Et par dessus tout, aider et donner spontanément aux personnes que vous croisez. Nous avons récemment posté un article sur le fait que vous avez tout intérêt à avoir une attitude coopérative même dans un monde égoïste.
  • Tenter. 100% des des gagnants ont tenté leur chance comme disait l’autre. Aujourd’hui tenter ne vous coûte souvent pas grand-chose. Faire un blog, s’exprimer, rencontrer des gens, expliquer votre concept, écouter les retours, adapter votre concept.
  • Être curieux. Les théories de l’innovation ouvertes reposent sur le fait que l’innovation est un assemblage d’idées venant d’univers différents. Si vous ne restez qu’entre experts dans le domaine que vous maitrisez, vous manquerez certainement de créativité. Le regard extérieur est non seulement rafraichissant mais en plus vecteur d’innovation. On ne crée rien ex-nihilo. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous choisissons d’être un espace de coworking pluridisciplinaire.

Vers l’Inconnu et au-delà

Certains peut-être, trouveront cette vision quelque peu angoissante. Chaque acte est calculé, chaque parole est prononcée avec une idée derrière la tête, chaque personne est une opportunité. En vérité rien n’est calculé, si ce n’est le choix de faire confiance au fait qu’en étant ouvert, sincère et aidant, vous retomberez sur vos pattes. Au contraire, à vouloir calculer trop à l’avance, vous vous fermerez aux opportunités émanant de l’inconnu et vous aurez l’impression qu’il sera un grain de sable dans les rouages complexes que vous aviez mis au point. J’ai déjà parlé dans l’article « gagne la foule et tu gagneras ta liberté » de la puissance d’un réseau de proches qui vous apprécient pour ce que vous êtes. Faites-lui confiance.

Steve jobs, dans son discours pour la remise de diplôme de Stanford, prodiguait d’ailleurs ces mêmes conseils. Suivez votre instinct et vos passions, même si cela vous entraine parfois hors des sentiers battus. Selon lui, les différentes choses que l’on fait dans sa vie forment un ensemble de points que l’on ne peut relier les uns aux autres qu’à posteriori.

Dans le monde actuel, adopter une attitude ouverte est vital pour pouvoir gérer l’inconnu et rester agile.

Nous voyons notre espace de coworking comme un catalyseur de sérendipité, car permettant de rencontrer en toute sincérité des personnes d’horizons variés, partageant avec vous la conviction que, de l’échange et de la collaboration naitra la richesse.

Sources Photos :

« les dés » Wiros http://www.flickr.com/photos/wiros/1713975026/

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Coworking : dope ta motiv

Rester motivé, c’est une question de volonté bien sûr, mais c’est aussi, et dans une large mesure, une question d’environnement. Afin de mieux comprendre comment le coworking peut stimuler la productivité des indépendants, revenons sur les déterminants de la motivation que nous avions mentionné dans notre infographie du vendredi.

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Êtes vous référencement durable?

Partout on vous vend des : comment être le plus beau sur la toile ? comment être tellement beau que vous aurez des milliers de fans et d’amis ?  Comment apparaitre et demeurer sur la première page Google?

La réponse est qu’il n’y a pas de recettes magiques. Il existe tout au plus des best practices dans la façon d’aborder les choses, mais aucun billet ne vous fera miraculeusement sortir de la foule en héros du peuple. Il existe des techniques marketing bien agressives, notamment dans le domaine du SEO. On peut effectivement créer des galaxies de sites après avoir soigneusement fait son keywording et en truffant ces sites avec les mots clefs identifiés. On peut également, quand on a de l’argent, acheter, directement ou de manière détournée, de bons vieux gros backlinks pour sucer le jus des autres.

Si vous êtes parfaitement à l’aise avec le fait que la plus grosse partie de votre temps est utilisée à créer du bruit sur la toile et donc à diminuer sa valeur, il y a déjà pas mal de tutoriels là-dessus. Mais pour rassembler, pour créer la discussion, pour faire avancer le débat, pas de recette. L’authenticité et l’originalité des idées est maître dans ce domaine. Le blogger à succès, c’est bien souvent celui qui regarde ses anciens posts en trouvant que c’est un peu de la merde. Celui là est dans une démarche de progression constante pour lui et pour son lectorat. Celui là se remet en question et ne relit pas son article en s’interrogeant sur la densité des mots-clés. Certains tournent avec des densités de mots clés de plus de 15%… 15 mots sur 100 sont les mêmes ! C’est un style littéraire me diriez-vous, mais je doute de la qualité de la réflexion sous-jacente.

Ne soyons pas candides, il faut connaitre et maitriser ses outils. C’est dommage de publier un superbe article en oubliant de permettre aux robots google d’indexer le contenu. Il est important de maîtriser l’usage des réseaux sociaux. J’ai récemment assisté à un webinar passionnant sur le timing dans les tweets. Cela permet de mieux comprendre ses followers. Mais le nerf de la guerre, on ne vous l’enseignera pas en un post : c’est la qualité de votre contenu. Du moins la recherche constante de l’amélioration de ce contenu. Les moteurs de recherche évaluent de plus en plus précisément la pertinence réelle du contenu et la recommandation sociale tend à peser toujours plus lourd dans l’indexation de contenu. Dans un an, de nombreuses stratégies de référencement que vous aurez mis en place seront à revoir car les robots se seront adaptés. La stratégie de référencement la plus durable (et aussi la plus naturelle) demeure la production d’un contenu original en amélioration continue. C’est la stratégie du passionné.