Quand on pense aux syndicats, on n’imagine pas forcément qu’ils puissent agir pour les travailleurs indépendants. Et pourtant, la CFDT est engagée dans une reflexion de fond sur les conditions de travail des indépendants et agit concrètement pour eux. Ils sont à nos côté pour cette première Freelance Fair. Olivier Lelong, secrétaire fédéral F3C et Alexis Masse, secrétaire confédéral en charge du numérique répondent aux ultimes questions d’Antoine.

La CFDT a lancé Union « une plateforme à but non lucratif qui se donne comme objectif de faciliter la vie des travailleurs indépendants » ; que propose-t-elle concrètement ?

Olivier Lelong : Pour l’instant la plateforme Union propose un outil de facturation en mode Saas qui permet d’établir ses de devis, commandes et factures. Il est aussi doté d’un CRM et est relié au coffre-fort en ligne de « Digiposte » pour stocker les documents sensibles. Union c’est aussi une couverture assurantielle innovante. Les prestations facturées à partir de notre outil sont automatiquement couvertes par une assurances Responsabilité Civil Professionnelle (RCP). C’est de l’assurance à l’acte, sans engagement, elle n’est payée par le Freelance que lorsqu’il en a besoin. La seule contrainte, passer par notre outil de facturation.

Union veut apporter des outils et des services très abordables pour accompagner les Freelances. C’est pour cela que l’adhésion à la plateforme comprenant la RCP est de seulement 1% du CA brut. Bien sur les adhérents à Union bénéficient aussi des autres services offerts aux adhérents de la CFDT, comme par exemple la protection juridique en cas de litiges avec les organismes sociaux.

Mais Union, ce n’est pas qu’une plateforme de services de plus. C’est aussi un outil mis à disposition des Freelances pour se regrouper, s’organiser, s’interroger, réfléchir et proposer. C’est la force institutionnelle de la CFDT mise au service des Freelances pour porter et faire entendre leur voix.

Pourquoi avoir décidé de soutenir la Freelance Fair ?

Alexis Masse : La CFDT s’intéresse de longue date aux évolutions du travail, qu’elle regarde en face. Elle a milité pour utiliser l’indemnisation du chômage pour créer son entreprise, ce qui fait de l’UNEDIC grâce à la CFDT le premier fonds d’amorçage français. Coopératives d’emploi et d’activité, portage salarial, la CFDT s’intéresse et travaille depuis longtemps pour trouver des solutions concrètes pour tou(te)s. Mais ce qui se joue aujourd’hui est bien plus profond, c’est l’affirmation du désir d’autonomie au travail, la valeur attachée au projet.

Les freelances ne sont pas un statut. On peut alterner ou cumuler travail salarié dans une startup et travail indépendant. Ce qui réunit les freelances, c’est une identité professionnelle et une aspiration à l’autonomie, au travail collaboratif, au projet qui traverse d’ailleurs le monde du travail. La frontière stricte entre salariat et travail indépendant est donc dépassée. Elle est dépassée pour l’organisation de notre modèle social qui doit sécuriser tous les travailleurs, ce pour quoi la CFDT a milité et obtenu la création du compte personnel d’activité. Ceci est vrai pour les personnes elles-mêmes pour qui la frontière claire entre les indépendants et les salariés qui existait dans le passé n’a plus d’évidence, à mesure que s’estompent les frontières de l’entreprise.

« Le but de la CFDT, c’est donc de partir du vécu des freelances, de construire avec eux, au plus près de leur vécu au travail, les solutions collectives dont nous avons finalement tous besoin. Tel est le sens de notre soutien. » 

CFDT indépendants

 

Les travailleurs indépendants manquent de représentativité et peinent à faire entendre leurs voix, la CFDT a-t-elle vocation à les défendre ?

Alexis Masse : Oui. La CFDT accueille de longue date des indépendants : marins-pêcheurs, artistes, taxis. Elle s’adresse aux travailleurs en général, pas aux seuls salariés. Elle syndique désormais des VTC qui souhaitent se faire entendre des plateformes et notamment d’Uber, discuter collectivement le partage de la valeur, le montant de la commission de la plateforme, les conditions de déréférencement des chauffeurs. Le besoin de dialogue social est patent. La création en loi Travail d’une responsabilité sociale des plateformes, que la CFDT a obtenue, crée les conditions pour créer un dialogue entre les plateformes et leurs « partenaires ». Mais les freelances ne sont pas un groupe homogène comme les plateformes sont très hétéroclites. Le besoin de s’organiser ne s’arrête pas à ces plateformes qui fixent les prix et contrôlent la qualité de l’exécution des tâches.

Notre objectif, c’est de travailler dans la durée avec les freelances pour proposer progressivement les protections collectives dont ils ont besoin. La plateforme Union est donc un premier pas.

Author

William

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